KAILASA Library/Bhagavad Gita Chapitre 12/et James L. Hall, Jr. du Center for Mind, Body and Spirit à Oklahoma.Sign in
Bhagavad Gita Chapitre 12

et James L. Hall, Jr. du Center for Mind, Body and Spirit à Oklahoma.

Paramahamsa Sri Nithyananda Swami est un jeune homme net, l'image même de la bonne santé, les cheveux noirs à hauteur d'épaule. Elégant et courtois, il pourrait passer, par ses manières affables et sa riche curiosité, pour simple étudiant d'une quelconque université américaine. A la différence que les étudiants américains ordinaires ne portent ni robe safran ni turban, et qu'ils ne connaissent pas l'illumination spirituelle...

Mystique? Le terme va bien à Swami, ainsi qu'on l'appelle. Les mystiques, pour la culture populaire, sont en communion directe avec Dieu. On pense qu'ils ont accès, par des moyens non compris et non mesurables, à des réalités ou vérités ultimes. Pensez à un mystique et il vous viendra sans doute à l'esprit l'image d'une personne respirant la félicité, dotée de pensées élevées et porteuse de révélations que le reste d'entre nous ne possède pas. La simple présence d'un mystique est censée apporter la paix et la santé.

C'est une bonne description de Swami, 27 ans, originaire de l'Hindu du Sud. Des milliers de personnes l'approchent chaque année, en quête de soulagement pour des maladies et des malaises que la médecine conventionnelle n'a pas su régler. Son parcours aussi lui donne une allure de mystique. Adolescent, il quitte le domicile familial pour visiter des ashrams à travers l'Hindu et se plonger dans la philosophie et la lecture intensive, et maîtriser l'art de la méditation.

Comme Oklahoma City était une des étapes de sa tournée mondiale, j'ai demandé à Swami s'il me permettait d'utiliser une partie de l'arsenal technologique médical le plus moderne pour épier son cerveau pendant qu'il méditait. Mon objectif était de comprendre, de mesurer et d'identifier ce qui se passe lors des phénomènes mystiques. Swami, qui croit que la méditation a des bases scientifiques, accepta de bon gré.

Les diverses procédures d'exploration auxquelles fut soumis Swami furent mises en œuvre par quelques-uns des meilleurs médecins, neuropsychologues et chercheurs les plus expérimentés d'Oklahoma City : les Drs Fordyce, Ruwe et Higgins du département de neuropsychologie au Centre de rééducation Jim Thorpe, et le Dr Chacko du PET Center d'Oklahoma. Ces médecins utilisèrent des technologies normalement employées sur les patients. En observant les images obtenues grâce à ces technologies, ces derniers peuvent dire ce qui est normal et ce qui ne l'est pas. Le résultat des tests effectués sur Swami? Absolument pas normal!

L'imagerie de l'activité cérébrale

Notre premier examen du cerveau de Swami fut réalisé à l'aide d'un instrument de tomographie par émission de positron (PET). Contrairement aux techniques traditionnelles de diagnostic comme les rayons X, les CT scanners ou l'IRM qui produisent des images structurelles ou anatomiques du corps, le PET produit des images de la fonction cérébrale d'après l'activité métabolique des cellules. Un analogue de glucose est fixé à un traceur PET. Le scanner PET crée alors des images des zones métaboliquement actives du cerveau à un moment donné.

Dans le cas de Swami, la substance devait identifier les zones hautement actives du cerveau en état de conscient alerte, dans les premières phases de méditation, et en méditation profonde. Les résultats des tests par scanner PET furent époustouflants. Tout d'abord, l'activité des lobes frontaux du cerveau de Swami étaient significativement accrue, même au cours des premières phases de méditation. Le niveau d'activité était plusieurs fois plus élevé que celui du cerveau humain moyen à tout point de vue.

Les lobes frontaux sont associés aux fonctions d'intelligence, d'attention, de sagesse et de jugement. Quand nous avons demandé à Swami d'entrer dans l'état de méditation le plus profond, nous avons fait deux observations encore plus remarquables.

D'une part, l'hémisphère dominant du cerveau de Swami était inactif à plus de 90 %. C'était comme si son cerveau avait fait ses valises et était parti en vacances! Il était tranquille, immobile, totalement en paix... et Swami le mettait dans cet état à volonté.

L'autre aspect surprenant de la méditation profonde de Swami était que la partie inférieure de ses zones médio-frontales s'éclairait de façon très significative. Cette zone correspond pratiquement au célèbre point du troisième œil des mystiques.

Plus tard nous avons demandé à Swami ce qu'il faisait lorsque les zones médio-frontales s'éclairaient, et il nous a dit qu'il ouvrait son troisième œil. Associé à la connaissance tant cosmique qu'intérieure et considéré comme un espace de clarté et de paix, le troisième œil est considéré par beaucoup comme le siège de l'âme. Tenions-nous là une indication que la méditation profonde peut activer une zone cérébrale qui serait impliquée dans la communication avec le divin, la pénétration des mystères du Soi ou de la création?

Comme le QEEG représente les cinq bandes passantes d'ondes cérébrales par des couleurs, nous avions l'impression d'observer Swami en train de naviguer en passant de couleur en couleur à l'intérieur d'un arc-en-ciel!

Conclusions

Le cerveau est l'organe le plus complexe du corps. Il comprend plus de 100 milliards de neurones, dont chacun peut être en conversation chimio-électrique avec jusqu'à 10.000 autres neurones. Sa capacité à traiter l'information est époustouflante.

Chose remarquable, cette complexité crée peu de difficulté pour Swami quant au contrôle de son activité cérébrale. Le mental de Swami – ses pensées, ses émotions et son intellect – commande son cerveau. Il peut avec aise et fluidité changer la fonction de son cerveau et modifier ses ondes cérébrales.

Plus que des réponses à nos questions, ce voyage dans l'esprit d'un mystique nous propose d'énigmatiques sujets d'étude.

Existerait-t-il des techniques qu'on peut apprendre et enseigner pour apporter l'équilibre et la paix dans la vie des gens? Peut-on amener une réaction de guérison ou accélérer le processus par une formation spécifique? Apprendre des techniques pour contrôler la douleur et changer le cours de la maladie? Pouvons-nous apprendre à activer ce que j'appelle notre point-D pour nous connecter instantanément avec le Délice ou le Divin?

Je crois que le PET a révélé la présence de ce que j'appelle le «point-D» du cerveau. Que le «D» signifie Délice, Divin ou même Dopamine (la substance chimique grâce à laquelle le corps fait l'expérience du plaisir), les indications recueillies montrent au départ que la méditation peut la stimuler.