Soigner : une vieille tradition
- Un art précurseur des soins spirituels
Depuis les temps immémoriaux, toutes les religions et tous les Maîtres ont manifesté des capacités de guérison. Le service de prière pour la guérison n'est pas un miracle, mais simplement un service de guérison spirituelle, un jeu avec l'énergie.
La première chose que l'homme demande, c'est toujours la santé physique et mentale. Le premier service que l'on demande à tout Maître et à toute religion, c'est une « bonne santé ». Ce n'est qu'après avoir reçu cette garantie que l'homme s'engage dans sa quête la plus profonde, qu'il passe à la méditation, à la recherche de l'illumination, etc.
En fait, aucun Maître n'est reconnu comme tel s'il ne peut pas soigner les gens, leur rendre la santé par un moyen ou un autre. Pouvoir soigner est devenu la mesure du Maître. En fait la Spiritualité pour elle-même n'est qu'un "condiment" chez la plupart des gens. Ils en prennent un petit peu quand ils en ont envie, mais ce n'est jamais leur plat de résistance!
Le Christ fut reconnu comme tel grâce à la capacité de rendre la santé aux gens. Il fallait un moyen tangible pour différencier le jeune garçon de Jérusalem de Jésus-Christ.
Savoir rétablir la santé est le signe incontournable de capacités extraordinaires. Même chez les populations tribales, la guérison est au cœur du culte. Les histoires de gurus-guérisseurs sont légion.
En voici une bien connue :
Un homme en haillons, dénué de tout, est assis à une encoignure.
Lorsque les gens l'approchent, il leur lance des pierres et... les voilà débarrassés de maux dont ils avaient souffert toute leur vie. On reconnaît immédiatement là un Maître, et on le laisse tranquille. Sans ces miracles, il serait traité comme un simple mendiant et rien de plus. Mais ses pouvoirs en font un Mahatma, un dieu.
Patanjali, le père du système appelé Yoga, fut le tout premier à déclarer que Dieu et l'homme sont une seule et même réalité. Jusque là, on pensait que Dieu était coupé de l'homme. Patanjali est le père du bon sens, ce concept vient de lui. La science se rapporte à l'invention, la spiritualité aux découvertes. La spiritualité met à jour des réalités profondément cachées.
Patanjali fut le premier à avoir la curiosité de les rechercher. Il mit au point un système de développement par étapes, les Yoga Sutras de Patanjali ouAshtanga Yoga. Ce système est très complexe.
Quand Thomas Alva Edison inventa l'ampoule électrique, l'objet prenait toute sa chambre! C'est le travail incessant de nombreux savants qui finit par donner l'éclairage que nous utilisons aujourd'hui.
De même, Patanjali créa l'Ashtanga Yoga, un système très compliqué. Un homme à qui je l'ai donné à lire est retourné me dire : "J'en ai conclu que l'illumination n'était pas pour moi; la spiritualité ce n'est pas pour moi".
L'Ashtanga yoga de Patanjali propose d'atteindre la perfection en huit étapes: yama ou les 5 vertus, niyama ou les 5 règles de conduite, asana, la posture assise, pranayama, le contrôle du souffle, pratyahara, le détachement, dharana, la Conscience, et dhyana, la méditation sur le Divin.
La première étape, yama, énumère ainsi les 5 vertus : ahimsa, la non-violence, brahmacharya, l'abstinence sexuelle, asteya, ne pas voler, aparigraha, ne pas dépendre de la charité des autres, et satya, dire la vérité.
A la simple lecture de cette première étape les gens battent déjà en retraite. C'est trop leur demander! Ils s'avouent vaincus!
Cela me rappelle une histoire drôle :
Quatre personnes âgées décident de partager les moments les plus embarrassants de leur vie. Un homme se confie : "Le moment le plus embarrassant pour moi, c'est lorsque ma mère m'a surpris en train d'épier par un trou de serrure." Et les autres de lui répondre : "Nous aussi, nous étions curieux dans notre jeune âge, nous avons fait la même chose." Et l'homme de rétorquer : "De quel jeune âge parlez-vous? Je vous parle d'hier!"
Cette histoire nous montre à quel point les yamas de Patanjali sont indigestes!
Si Patanjali a trouvé le système, personne n'a jamais pu le suivre.
Personne n'utilisait la lampe à incandescence de Thomas Edison, parce qu'elle était trop grosse, et qu'il fallait changer le filament au bout de quelques heures.
Plus tard, cependant, d'autres Maîtres ont poursuivi la recherche pour concevoir et mettre au point une version améliorée du système de Patanjali.
Dites-vous que :
- le savant est celui qui trouve la formule qui lui permet de reproduire les phénomènes du monde extérieur qu'il a compris, afin que d'autres les comprennent à leur tour.
- le Rishi est celui qui trouve une formule qui lui permet de reproduire de façon spontanée chez les autres l'expérience qu'il a vécue dans le monde intérieur.
- l'Incarnation est celui qui peut faire vivre son expérience à d'autres sans avoir besoin de leur donner la moindre formule!
Dans les premiers temps, je connectais les gens à mon état et ils devenaient capables de donner un service de soins! Ce qui se passait en moi, je le reproduisais simplement en eux. Je n'insistais même pas pour qu'ils suivent ASP, etc. Je leur demandais de se mettre autour de moi et de fermer les yeux. Je leur tapotais la tête, je leur donnais une baguette.
Les premières fournées de soignants ne connaissaient même pas les mots Ananda Gandha. Ils étaient mis en méditation, puis initiés, ils recevaient une baguette ou autre objet, parfois même simplement de l'herbe dharba. Une fois, je ne trouvais pas de baguette à donner à une Soignante et je lui ai donné une broche! Jusqu'à présent elle fournit ce service avec la broche et elle pense que c'est la broche qui aide les gens à guérir!
Dans les premiers temps il n'y avait ni système ni livre ni règles.
Les gens n'avaient qu'à donner de leur temps. Cependant, il y avait un petit problème. Il croyaient qu'ils avaient été initiés grâce à leurs punya, à leurs bonnes actions passées.
Cette tendance est humaine! Vous avez un travail? Vous remontez le col, vous vous tapez sur la poitrine. Vous êtes au chômage? Vous blâmez l'état, le pays, les politiciens, Dieu, et j'en passe.
De même, les gens s'imaginaient que c'était grâce à leurs longues années de méditation qu'ils étaient initiés.Ils commençaient à se sentir fiers. Or, dès que vous vous sentez fier, le flot d'Énergie cesse de couler en vous!
Vous voyez, quand quelque chose est fait de manière simple et directe, les gens ne croient pas que cela soit valable. C'est pourquoi il m'a fallu créer un système avec des livres, des règles, et d'autres aspects complexes. Pire, lorsque je garde les choses simples, les gens commencent à envier mon statut, mais pas mon état intérieur. Si c'est mon état que vous convoitez, alors c'est une vraie quête, une aspiration à l'illumination, une recherche spirituelle.
Mais si c'est mon statut qui vous fait envie, le fait de voir tout le monde tomber à mes pieds,... ce n'est pas une recherche, c'est de la cupidité, c'est tout.
Votre plus gros problème, c'est que vous n'êtes pas prêt à croire que vous êtes Dieu. Vous ne croirez que vous êtes Dieu que si vous avez le statut. Un homme m'a dit un jour : « Swamiji, je ne veux pas l'illumination, moi j'ai une famille. » Je lui ai dit: « Qu'est-ce que vous racontez-là? Croyez-vous qu'une fois éclairé vous allez devenir Swami comme moi, et faire le tour du monde pour donner des cours? Après l'illumination vous pourrez toujours être un meilleur mari, un meilleur père! » Je vous demande de ne pas associer l'illumination à mon statut. L'illumination est mon état, pas mon statut. Bref, le plus simple c'est de croire que vous êtes Dieu. Mais comme vous n'êtes pas prêt à l'accepter, j'ai du créer tout ceci.
Les universités, les parents, la famille et la société vous ont entraînés à croire que vous n'aurez rien sans difficulté.
Vous vivez replié sur vous mêmes, et vous pensez que de votre souffrance viennent vos mérites. Mais ce n'est pas l'ego qui nous divinise.
Ce qui nous fait évoluer vers Dieu c'est l'humilité, la simplicité et l'abandon. Bien sûr, il faut aussi une certaine discipline dans la vie. Par discipline, je n'entends pas brahmacharya ou l'abstinence. L'abstinence n'a rien à voir avec l'illumination. Brahman signifie Existence et Charyam signifie vivre l'Existence comme elle est. Ce que j'entends par abstinence, c'est laisser tomber l'imaginaire et les fantasmes que vous nourrissez à l'intérieur de vous au sujet de votre femme ou de votre éventuelle femme. Je ne dis pas d'abandonner la femme extérieure.
C'est pour éviter l'idée que Nithya Spiritual Healing "est trop beau pour être vrai" que je mets quelques complications dans le système, pour vous faire ressentir que vous travaillez dur à réaliser la Vérité!