Qu'en est-il donc de la sexualité?
La biologie a montré qu'aucun homme n'est à cent pour cent homme et aucune femme à cent pour cent femme! L'homme est cinquante et un pour cent homme et quarante-neuf pour cent femme. La femme est cinquante et un pour cent femme et quarante-neuf pour cent homme. Cela fait tout juste une différence de un pour cent!
fantasmes
Résultat garanti
Vous qui sortez du Muladhara de votre père et de celui de votre mère, comment pouvez-vous n'être qu'un homme ou qu'une femme?
Vous possédez forcément en vous les qualités des deux, n'est-ce pas? C'est le sens de notre représentation symbolique du Seigneur Shiva en Ardhanareeshwara, qui est moitié homme et moitié femme. Que nous acceptions ou pas cette réalité, nous portons en nous les énergies masculine et féminine. Nous sommes des êtres entiers. pas des êtres divisés.
Le Tantra traite merveilleusement la question de la sexualité. Le Seigneur Shiva entretient son épouse Devi Parvati sur le sujet e Ces révélations qui datent de plus de cinq mille ans s'appliquent encore à la biologie moderne!
Pour se sentir complet, ou entier, il est essentiel de pouvoir accepter et exprimer tout aussi bien les aspects masculin et féminin de notre nature.
Mais est-ce bien le cas? Nous laisse-t-on exprimer tout cela?
Dès la naissance la société vous étiquette comme garçon ou fille, et elle attend de vous le comportement correspondant. Elle ne laisse pas les garcons exprimer leur côté féminin, ni les filles exprimer leur côté masculin. Dès notre plus jeune âge une moitié de notre être est donc réprimée!
tusqu'à sept ans, le temps que le conditionnement social soit enraciné en lui, l'enfant n'a conscience d'être ni masculin ni féminin. C'est pourquoi l'enfant très jeune se sent complet, il se sent centré et en sécurité. Il semble si beau, si joyeux à voir! Vers l'âge de sept ans il passe sous le contrôle de la société.
On n'encourage pas le petit garçon à jouer à la poupée ou à la dînette. On regarde avec désapprobation la fillette qui veut s'amuser avec une voiture de course ou des fléchettes. La discrimination se retrouve même dans la couleur des vêtements: les garçons en bleu, les filles en rose, n'est-ce pas?
Dans les premiers temps, la responsabilité des parents était de mettre l'enfant au monde. Puis à l'âge de quatre ans on le laissait dans la Gurukula avec le Maître. C'est là qu'on enseignait aux enfants la Gayatri mantra, un chant initiatique qui ouvre l'intelligence, à l'âge de sept ans. Si à quatorze ans l'enfant avait eu une expérience spirituelle, on lui enseignait les Brahma Sutra, le plus grand livre philosophique au monde. Sinon, on lui enseignait le Kama Sutra, la science de la sexualité et l'art de la vie de famille.
S'ils étaient illuminés avant l'âge de vingt et un ans les enfants recevaient l'initiation de Sannyas. Sinon, on leur enseignait les Yoga Sashtras.
Voilà comment l'enfant évoluait, selon sa personnalité, avec l'aide et l'amour du Maître.
De nos jours l'enfant subit un conditionnement si puissant, qui lui cause tant de dommages. Il commence par éliminer de lui-même la partie que la société n'approuve pas. Vous n'avez pas idée à quel point cette partie de la vie est traumatisante. L'enfant se sent soudain déraciné. Se sentant coupé d'une moitié de son être, il recherchera cette partie de lui-même à l'extérieur.
La nature inhérente de l'homme est l'accomplissement. C'est son origine et son point d'arrivée. Il part donc inconsciemment à la recherche de sa moitié perdue, de la moitié supprimée. Il cherche dans le monde extérieur un substitut de sa moitié perdue. Le jeune garcon recherche une présence féminine, la jeune fille recherche une présence masculine.
C'est ainsi que naît toute la sexualité et que la notion de sexe prend racine.
C'est entre sent et quatorze ans que l'enfant est le plus proche de ses parents et qu'il recueille auprès d'eux les images de ce que devraient être la femme ou l'homme idéal(e). La moitié manquante de la personnalité du garçon est remplacée par l'image de sa mère, la moitié manquante de la personnalité de la fille est remplacée par l'image de son père.
C'est pourquoi tout garçon a sa mère pour première héroïne, et toute fille son père comme premier héros.
C'est cette loi non-écrite, venant des profondeurs, qui est derrière les complexes dits d'Œdipe et d'Ophélie de la psychologie
Surmonter les fantasmes
freudienne. Le garçon attendra de sa femme les soins que lui donnait sa mère, la fille recherchera auprès de son mari la la sécurité et l'assurance dont elle jouissait auprès de son père.
Dans les foyers brisés où l'enfant a été privé de la présence du père et de la mère à cause d'un décès ou du divorce, l'enfant porte en lui un sentiment d'inachevé, parce que l'empreinte des parents est profonde, fondamentale. Bien après être devenu adulte, peu importe vos différences d'opinion avec vos père et mère, vous ne pourrez plus enlever leur empreinte de votre être.
À quatorze ans atteint la maturité physique. Naturellement les lois de la société n'autorisent pas la même intimité avec le parent du sexe opposé. De plus, la diversification des activités de l'enfant réduit le temps qu'il passe en compagnie de ses parents.
L'enfant commence alors à recueillir des images auprès de gens de l'extérieur et des média. Ces derniers en sont pleinement conscients et c'est pourquoi la publicité est si riche de connotations sexuelles. Une femme ou un homme qui a du charme sera choisi pour présenter un produit même s'il n'a rien à voir avec ce produit.
À quatorze ans, la quête recommence donc, cette fois dans le monde extérieur. De nos jours elle commence même bien plus tôt. Les enfants sont exposés à la télévision et à internet dès leur très jeune âge. C'est pourquoi ils évoluent plus vite mentalement. Ce n'est pas bon signe ... Bref, vers l'âge de quatorze ans la quête recommence, dans le monde extérieur.
On voit des images de femmes sur presque toutes les publicités de motos, mais combien de femmes montent à moto? Quel que soit le produit à vendre, on prend une femme souriante pour en vanter les mérites. Et en faisant vos courses vous attrapez promptement ce produit, en oubliant que la femme n'est pas livrée avec! Même la publicité des petits biscuits salés montre une femme!
Les média exploitent ainsi vos désirs insatisfaits. Les média n'ont que du rêve à vendre. Nous collectionnons ces rêves et nous les faisons tourner dans notre tête pour étancher notre soif. Mais peut-on étancher sa soif en avalant du sel? Non! Cela ne fera qu'aggraver votre soif n'est-ce pas?
Si vous êtes alerte et éveillé, les panneaux publicitaires n'auront pas de prise sur vous. Bien sûr en les voyant vous serez tenu au courant des dernières nouveautés, mais vous ne vous laisserez pas de berner par eux. Vous ne subirez pas leur influence. Vous les verrez objectivement, sans plus. Ils ne vous attireront pas d'une manière instantanée et irrésistible. Vous n'aurez des problèmes que si vous laissez votre mental réactif décider pour vous. Vous devez dissoudre ce mental réactif et commencer à fonctionner à partir de votre intelligence, afin de rester toujours en éveil. Bien sûr, la méditation y contribuera grandement.
Tandis que les média nourrissent votre imagination, la société de son côté tente de vous brimer. Mais plus elle cherche à réprimer votre imagination et vos désirs, plus ces derniers se développent,
les fantasmes Surmonter
car la société voudrait supprimer les symptômes sans aller à la racine du mal. Qu'arrive-t-il à l'arbre si vous lui coupez les branches en laissant les racines? Il repart de plus belle!
Bref, au cours des années nous glanons des idées dans tous les média pour créer notre propre image de l'homme ou de la femme parfaits. Avec le plus beau nez pris chez l'un, les plus beaux yeux ou la meilleure personnalité chez l'autre, nous nous fabriquons un collage de la « personne idéale ».
Cette phase dure environ sept ans, jusqu'à l'âge de vingt ou vingt et un ans. L'identification médiatique cède alors le pas, mais les idées ont pris racine dans notre esprit. Une nouvelle quête commence : la recherche de la personne idéale dans la vie réelle. D'après notre idée de ce qu'elle « devrait être ». C'est alors que les attentes prennent naissance.
Pendant les sept années qui suivent, la quête continue. Nous essavons une personne après l'autre, mais sommes déçus. Les plus intelligents se rendent bien compte que les rêves ne se réalisent pas.
Cela va de soi, puisque ce sont des rêves!
Mais la majorité continue de chercher.
Une petite histoire!
Un homme de quatre-vingt dix ans passait son temps assis du matin au soir sur la plage, à regarder passer les gens.
Un autre homme qui l'avait remarqué lui demande :
- Pourquoi restez-vous assis pendant des heures ici chaque jour? Vous attendez quelqu'un?
- J'attends la femme que je vais épouser.
- Pourquoi ne pas l'avoir cherchée quand vous étiez jeune?
- Je la cherche depuis l'âge de trente ans!
- Quel type de femme cherchez-vous?
- Je cherche la femme parfaite.
- Et vous ne l'avez pas trouvée?
- J'en ai trouvé une qui correspondait à mes critères, mais ca n'a pas marché.
- Pourquoi?
- Elle, elle cherchait l'homme parfait!
Voilà ce qui arrive quand on met la barre trop haut, quand on tient à une correspondance parfaite.
Après maintes recherches nous trouvons la personne qui, de loin, semble correspondre à notre image mentale teintée de vert. La personne, ou plutôt l'image que nous en avons, est tout aussi verte. Tout est vert tendre, youpi! on se dit qu'on est fait l'un pour l'autre !...