Affronter la mort
L'honnêteté et le sens de l'engagement collaient à lui comme une le deuxième peau.
Par respect pour la parole de son père, il décida d'aller à la l rencontre du Seigneur Yama.
Nachiketa restera la première et la dernière personne au monde à s'être rendue auprès de Yama.
Normalement c'est Yama qui vient à la rencontre des humains.
C'était la première fois que Nachiketa allait à la rencontre de Yama. Mais lorsqu'il atteignit la demeure de Yama, ce dernier était absent!
Il était sorti. Nachiketa l'attendit pendant trois jours.
Notez en passant une grande vérité qui ressort de ce moment de l'histoire : lorsque nous partons à la recherche de la Mort et que nous avons le courage de lui faire face, la mort - telle que nous la connaissons - ne sera pas au rendez-vous!
Bref, Yama revint au bout de trois jours. Ses serviteurs lui dirent qu'un jeune garçon l'attendait. Yama se précipita pour voir Nachiketa. Il lui présenta ses excuses pour ne pas avoir été là pour l'accueillir, en ajoutant ceci :
- Comme je t'ai fait attendre trois jours, tu peux faire trois vœux et je les réaliserai. Demande-moi trois choses, et je te les donnerai.
La mort devenait pour Nachiketa le Dieu qui accorde des bénédictions!
Il fit ses trois vœux.
Le premier était le suivant :
- Puisse mon père être lavé de tous ses péchés.
Yama réalisa ce vœu.
Le deuxième :
- Puisse mon père m'accepter lorsque je retournerai. après t'avoir rendu visite.
Ce vœu fut aussi réalisé.
Voici le troisième vœu :
- Puisses-tu me dire ce qui arrive après la mort! Certains disent que l'homme lui survit, d'autres qu'il n'y a pas de vie après. Où est la vérité?
Yama fut choqué par la question de Nachiketa.
Il lui dit :
· Je te prie de ne pas me poser cette question. Tu me demandes le secret même de la mort, et je ne puis te le donner. Si je te donnais, tu atteindrais l'illumination.
le te donnerai une richesse incommensurable si tu le désires, mais je t'en prie, ne me pose pas cette question.
Mais Nachiketa insistait :
- Même si j'obtiens de toi toute cette richesse, je n'en serai que le gardien, pendant cent ans, ou mille ans, c'est tout. Après quoi je ne pourrai que rejoindre ton domaine! Cela ne m'aura servi à rien. Donne-moi plutôt le secret de la mort.
Réalisant la maturité et l'engagement de ce garçon envers la connaissance de la vérité, Yama décida de lui donner l'expérience de la mort.
A travers cette expérience, le garçon fit aussi celle de l'âme. Nachiketa s'épanouit, il atteignit l'illumination.
Cette belle histoire est tirée des Upanishads. N'essayez pas de savoir si elle est réelle ou non. Ne recherchez pas de dates historiques. Cette histoire nous révèle la vérité, et c'est ce qui compte. Prenez-la plutôt comme échelle pour accéder à la vérité.
La Mort est le maître qui donne l'illumination. La mort est le seul visiteur qui arrive à l'heure voulue dans notre vie! Pas une minute de plus ne nous sera accordée. Et la mort nous prendra tout ce que nous avons - parents, richesse, et tout le reste.
Mais à Nachiketa, la mort donna tout, même l'illumination!
Pourquoi cette préférence? Quelle différence y a-t-il entre
Nachiketa et nous? La seule différence est que nous fuyons la mort, alors que Nachiketa la regardait en face. Il y a quatre lecons à tirer de cette belle histoire.
La première leçon est que si nous allons à la recherche de la mort, lorsque nous lui ferons face elle ne sera pas là. La deuxième leçon c'est que même si la mort est là, elle ne sera pas la chose terrifiante que nous croyons. Elle se montrera aimante et généreuse. Troisième leçon, la mort est le plus grand de tous nos enseignants. Et enfin, dernière leçon : c'est la mort qui peut nous accorder le don ultime, l'illumination!
Pour la grande majorité des gens, la vie ne va pas au-delà de swadhishtana chakra. Elle ne dépassera jamais la peur de la p mort. Nous vivons et nous mourons entre les chakras muladhara et swadhishtana, entre le désir et la peur. Nous ne connaissons pas d'autre mode de vie, ou nous n'avons pas le courage d'en changer.
Dans les temps anciens les gens ne jouissaient pas de toutes les commodités que nous connaissons. Il n'y avait ni vaccination contre les maladies mortelles, ni alerte assistée par ordinateur pour les calamités naturelles, ni protection contre la famine ou les inondations. Les gens étaient mentalement prêts à se battre, et même à mourir. La classe des guerriers, tout particulièrement, était toujours prête à mourir.
Les anciens guerriers samouraï du Japon savaient affronter calmement la mort. S'ils perdaient une bataille, ils s'enfonçaient une longue lame dans swadhishtana chakra. C'est hara-kiri, une rechnique professionnelle qui libère l'énergie vitale contenue dans l swadhishtana chakra, causant une mort instantanée et sans
douleur.
Nous vivons constamment dans la peur de la mort. Nous voulons à tout prix lui échapper. La mort est considérée comme notre pire ennemie.
Prenons l'histoire de Socrate, condamné à mort et obligé de boire le jus d'une herbe empoisonnée, la cigüe.
Juste avant qu'il avale le poison, un de ses disciples lui demande
- Maître, n'as-tu pas peur de mourir? Tu sembles si calme.
Socrate répond calmement :
- Pourquoi devrais-je avoir peur? Je sais bien qu'il ne peut m'arriver que deux choses après la mort. Soit je continuerai d'exister sous une autre forme ou avec un autre nom, soit je cesserai d'exister. Qui restera-t-il alors pour se faire du souci? Dans les deux cas, il n'y a rien à craindre!
Socrate n'appréhendait pas sa mort pour la simple et bonne raison qu'il possédait une claire compréhension de la mort et de ses conséquences. La mort est toujours perçue comme une rupture de la continuité, et c'est ce qui fait que les gens souffrent en la voyant venir. Cette perception est liée à la peur du
Nachiketa et nous? La seule différence est que nous fuyons la mort, alors que Nachiketa la regardait en face. Il y a quatre leçons à tirer de cette belle histoire.
La première leçon est que si nous allons à la recherche de la mort, lorsque nous lui ferons face elle ne sera pas là. La deuxième leçon c'est que même si la mort est là, elle ne sera pas la chose terrifiante que nous croyons. Elle se montrera de aimante et généreuse. Troisième leçon, la mort est le plus grand de tous nos enseignants. Et enfin, dernière leçon : c'est la mort qui peut nous accorder le don ultime, l'illumination!
Pour la grande majorité des gens, la vie ne va pas au-delà de swadhishtana chakra. Elle ne dépassera jamais la peur de la mort. Nous vivons et nous mourons entre les chakras muladhara et swadhishtana, entre le désir et la peur. Nous ne connaissons pas d'autre mode de vie, ou nous n'avons pas le courage d'en changer.
Dans les temps anciens les gens ne jouissaient pas de toutes les commodités que nous connaissons. Il n'y avait ni vaccination contre les maladies mortelles, ni alerte assistée par ordinateur pour les calamités naturelles, ni protection contre la famine ou les inondations. Les gens étaient mentalement prêts à se battre, et même à mourir. La classe des guerriers, tout particulièrement, était toujours prête à mourir.
Les anciens guerriers samouraï du Japon savaient affronter calmement la mort. S'ils perdaient une bataille, ils s'enfonçaient une longue lame dans swadhishtana chakra. C'est hara-kiri, une technique professionnelle qui libère l'énergie vitale contenue dans swadhishtana chakra, causant une mort instantanée et sans douleur.
Nous vivons constamment dans la peur de la mort. Nous voulons à tout prix lui échapper. La mort est considérée comme notre pire ennemie.
Prenons l'histoire de Socrate, condamné à mort et obligé de boire le jus d'une herbe empoisonnée, la cigüe.
Juste avant qu'il avale le poison, un de ses disciples lui demande
- Maître, n'as-tu pas peur de mourir? Tu sembles si calme.
Socrate répond calmement :
- Pourquoi devrais-je avoir peur? Je sais bien qu'il ne peut m'arriver que deux choses après la mort. Soit je continuerai d'exister sous une autre forme ou avec un autre nom, soit je cesserai d'exister. Qui restera-t-il alors pour se faire du souci? Dans les deux cas, il n'y a rien à craindre!
Socrate n'appréhendait pas sa mort pour la simple et bonne raison qu'il possédait une claire compréhension de la mort et de ses conséquences. La mort est toujours perçue comme une rupture de la continuité, et c'est ce qui fait que les gens souffrent en la voyant venir. "Cette perception est liée à la peur du manque.
La mort n'est jamais rupture. Elle est continuité, passage d'une forme à une autre, voire même libération. Comprendre cela c'est aussi réaliser que la souffrance n'est pas de mise. L'homme est si attaché à la forme physique, c'est pourquoi il souffre tant. Le corps n'est que le véhicule de l'âme, nous devons le comprendre.
Bien que la mort soit la seule chose garantie sur cette planète, l'être humain est toujours pris de court lorsqu'elle arrive! C'est bien la chose la plus étonnante au monde!
Une dame fête ses cent ans.
Toute la famille est réunie pour l'occasion. On déballe tous les paquets, et on lit toutes les cartes envoyées par les parents et amis.
On montre à la centenaire une carte envoyée par une amie âgée de 94 ans.
Oh mon Dieu, elle est toujours vivante!», glapit-elle.
Nous arrivons à concevoir que tout le monde doive mourir, sauf nous! Nous sommes parés à toute éventualité, sauf à notre propre mort. Ironie du sort, rien n'est prévisible dans la vie, sauf la mort. Il n'y a qu'une chose de sûr dans la vie, c'est la mort. Mais la dernière chose que nous sommes prêts à nous entendre dire, c'est que nous allons mourir!
Bhagawan Ramana Maharshi atteignit son illumination au cours
Affronter mort la
d'une expérience consciente de la mort. Alors qu'il n'était qu'un jeune garçon, il était allongé sur un lit chez son oncle à Madurai, en Bharat. Soudain il eut l'impression qu'il allait mourir! Il sentit venir sa fin. Deux possibilités s'offraient à lui : résister à cette sensation, ou l'accepter et la vivre. En général les gens résistent. Ils tombent alors dans le coma et s'éteignent dans un état d'inconscience.
C'est ce qui arrive à quatre-vingt dix-neuf pour cent des gens.
Dès notre naissance nous savons que notre vie s'achèvera par la mort, mais il ne nous vient pas à l'esprit de la visualiser, de la vivre, de l'accueillir comme une possibilité. Si vous viviez votre peur consciemment, au moins une fois, elle disparaîtrait immédiatement.
Ramana eut le courage de choisir la deuxième voie. Il coopéra avec la sensation, il laissa venir la mort. Il voulait voir ce qui se passe pendant la mort. Il vit clairement chaque partie de son corps mourir l'une après l'autre. Peu à peu, tout son corps mourut. Il le vit se réduire en cendres. Il prit soudain conscience que quelque chose subsistait malgré tout, quelque chose d'indestructible. Il réalisa alors qu'il était pure Conscience, au-delà du corps et du mental. Il était resté simple témoin de tout!
Cette extraordinaire connaissance ne devait plus le quitter. Revenu dans son corps il était devenu Bhagawan Ramana Maharshi, un Maître illuminé.
Conquérir la peur de la mort c'est conquérir la mort elle-même.
La mort n'est qu'un produit de plus de notre imaginaire! Si, dans muladhara chakra, notre avidité nous fait imaginer un monde plus beau que la réalité, ici c'est notre peur qui nous fait croire que la mort est plus effrayante qu'elle ne l'est vraiment.
Nos lunettes teintées de peur et d'avidité nous cachent la réalité. L'expérience psychologique de la mort libère l'énergie qui est bloquée dans swadhishtana par la peur de la mort. Une fois swadhishtana ouvert, la qualité de toute notre vie s'améliore.
La capacité d'accepter la mort comme un changement dans la continuité transformera notre capacité à jouir de la vie.
Le corps tout entier se détendra, la conscience s'amplifiera, la vie prendra une toute autre dimension. Que vous l'acceptiez ou non, la peur de la mort plane dans le subconscient à chaque instant de votre vie. En comprenant la mort et la peur de la mort vous aurez une vie plus riche, peut-être pas plus argentée, mais riche de la richesse qui compte vraiment. Mais vous n'allez pas me croire. Vous préférerez vous dire que je raconte des choses sans valeur pratique.
Un médecin promet à un aveugle de naissance de lui rendre la vue.
- Après l'opération, vous verrez, vous n'aurez plus besoin de canne! assure le docteur à son patient.
En entendant cela, l'aveugle prend peur :
. Je sais que je vais voir, Docteur. Mais marcher sans canne ? ...
La canne était devenue partie intégrante de la vie de l'aveugle, et il ne s'imaginait pas marchant sans elle une fois qu'il aurait retrouvé l'usage de ses yeux. Comment expliquer à un aveugle qu'une fois opéré il n'aura plus besoin de canne?
L'homme a encore trop peur. Tout ce qu'on peut faire, c'est l'opérer et le laisser voir ce qui arrive par lui-même! Alors il jettera sa canne tout seul.
De même, si je vous dis que toutes vos peurs ne sont que la peur de la mort, que votre Soi est immortel, qu'il n'y a que votre corps qui périt, et ainsi de suite, vous continuerez à vous accrocher à vos propres idées, et à votre peur, parce que ce n'est pas votre expérience!
Tant que vous n'aurez pas eu une expérience consciente de la mort, la peur ne vous quittera pas. Mais vous pouvez écouter et réécouter ces paroles pour acquérir une conviction. Discerner comment vos peurs, petites et grandes, sont en fait reliées à votre peur de la mort, tirer au clair vos frayeurs quotidiennes, voir ce qui les relie entre elles, les considérer avec lucidité et évoluer en cernant la Vérité.
Nous pouvons classer toutes nos peurs en cinq grandes catégories. La première est la peur de perdre notre richesse, notre confort, notre réputation, notre prestige et d'autres éléments du monde extérieur. La deuxième, la peur de perdre notre santé physique, de perdre certaines parties de notre corps par accident ou maladie. La troisième, la peur de perdre notre santé mentale ou notre équilibre psychologique. La quatrième, la peur de perdre ceux que nous aimons, ou leur amour. La cinquième, la peut de l'inconnu, de Dieu, des fantômes, et de la mort.
En fait, en analysant profondément nos peurs, nous verrons que ces cinq catégories nous ramènent toutes à la peur de la mort dont elles ne sont que diverses manifestations.
Les gens ont peur de la mort parce qu'ils n'ont pas encore totalement réalisé leur vie. Ils sont au désespoir de ne pas avoir assez de temps à vivre. C'est parce qu'ils ont passé toute leur vie dans les souvenirs du passé et l'angoisse du lendemain, ou pour le bien des autres, jamais dans le présent.
Chacun de nos actes résulte des interactions de l'ego des uns et des autres, de leurs désirs et émotions réciproques ... Vous le comprendrez mieux en analysant votre vie en profondeur. Votre vie commence là où s'arrête celle de vos parents. Vous ne faites que reprendre le flambeau des désirs, de la culpabilité et de la peur qui a été transmis depuis des générations et vous vivez pour le transmettre à la génération suivante. Vous n'avez jamais pleinement vécu.
Que veut dire ici vivre pleinement? C'est tâcher de vivre avec plus de lucidité, de clarté. C'est faire en sorte que l'autre trouve un sens à tout ce qu'il cherche à vous imposer. Cette clarté doit
mort ffronter la
vous permettre d'identifier avec précision vos propres désirs. ceux que les autres vous ont imposés, et ceux que vous leur avez empruntés. Seule la première catégorie de désirs doit être réalisée, sans vouloir attenter à personne ni à aucun bien. La lucidité nous fera rejeter les deux autres.
Ainsi vous ne vivrez plus pour réaliser les désirs des autres, vous ne vivrez plus leur vie à leur place. Vous vivrez votre propre vie. vous vous réaliserez, et vous serez prêt à mourir le moment venu. Vous ne vivrez pas dans la confusion et dans la peur de la mort. Je ne vous demande pas de devenir égoïste! Je vous demande de mettre de la clarté dans tout cela.
Le roi avait ordonné la mise à mort d'un moine Zen. Il devait être exécuté le lendemain. Il demeurait calme et silencieux.
Un de ses disciples, interloqué par un tel calme, lui dit :
- Vous rendez-vous compte qu'il ne vous reste plus que vingt-quatre heures à vivre? Vous n'avez pas peur?
Le moine répondit calmement :
- J'ai vécu. Je n'ai donc pas peur de mourir.
Il voulait dire : «J'ai vécu un à un chaque moment de ma vie. Chaque instant m'a comblé! Pourquoi aurais-je peur?». En vous examinant intérieurement, vous verrez que ce qui nous effraie tant ce n'est pas de mourir, mais le sentiment de ne pas avoir suffisamment vécu notre vie, d'avoir vécu un semblant de vie. Nous éprouvons un regret inexplicable, comme si nous n'avions pas vécu notre vie comme nous aurions aimé la vivre. Nous nous sentons insuffisamment accomplis.
Voilà où commence la peur de mourir!
Devoir sans cesse se compromettre pour les autres, mener une vie qui nous semble anormale, s'adapter à un moule fixé pour nous par la société ... tout cela crée un sentiment de nonaccomplissement! C'est la peur de la vie qui se reflète dans la peur de la mort. Quand vous connaîtrez le contentement que procure une vie profondément vécue et pleinement satisfaisante vous ne craindrez plus la mort. Vivez sans crainte.
Vivez l'individualité la plus profonde possible. Vivez pour votre entière satisfaction et votre peur de mourir disparaîtra.
De plus, si vous vivez sans aucune lourdeur dans les sentiments, si vous vivez vos émotions totalement, avec une grande lucidité, vous ne craindrez pas non plus de perdre vos parents ou vos amis.
Voyez-vous, vous craignez de perdre quelqu'un parce que vous avez l'impression de ne pas avoir bien justifié la relation, d'en avoir raté la totalité. Alors vous n'êtes pas prêt à lâcher. Votre peur a pour cause véritable un accomplissement inachevé de la relation. La séparation physique n'en est qu'un aspect.
La justification existe dans les relations parce qu'on vous a toujours appris à vivre pour les autres, à satisfaire leurs besoins et leurs désirs. Vous ressentez toujours le besoin de justifier vos relations, car autrement vous entrez dans le cycle de la culpabilité et de la peur. Si vous viviez totalement, en observant lucidement le jeu social, vous ne seriez plus emporté par ces pulsions.
Vous pouvez vous réaliser totalement sans perdre l'amour qu'apportent les relations. Nous en avons déjà parlé à propos d'anahata chakra. La peur de la séparation physique est toujours liée à un sentiment de culpabilité par rapport à la relation. Si vous vivez totalement la relation sans en faire une transaction, en manifestant simplement une pure énergie d'amour envers l'autre, il ne restera plus de place pour la peur et la culpabilité. Même si la personne doit disparaître, vous continuerez de ressentir de l'amour pour elle, sans redouter la séparation.
Quand vous êtes avec la personne, essayez de garder une conscience claire et lucide. Le plus souvent la relation souffre d'un sentiment d'insécurité et de la peur de perdre l'autre. Si vous faites une analyse sérieuse de la peur qui est présente dans toute relation, vous comprendrez qu'elle vient du fait que la relation n'est en réalité qu'une forme de transaction.
Entre mari et femme on craint toujours que l'autre regarde à l'extérieur. Entre mère et fils, on craint que le fils accorde plus d'attention à sa femme qu'à sa mère. Entre père et fils, on craint que le père ne laisse pas d'héritage à son fils, ou que le fils ne maintienne pas le prestige familial.
Au cœur de toute relation il y a cette attente qu'il faut satisfaire, et c'est de là que vient la peur. Je vous dirai que vous ne satisferez jamais entièrement aucune relation. Tous ceux qui ont voulu satisfaire entièrement leur famille ont mal tourné!
Une relation qui est basée sur l'amour pur n'a pas d'objectif sous-jacent. C'est le type d'amour que nous avons vu en étudiant anahata chakra. L'élément peur n'a rien à y faire.
Vous n'avez pas idée de la libération que représente le passage de la peur à l'amour. La peur emprisonne toujours, l'amour libère toujours. Mais si la société ne vous faisait pas peur, vous ne lui obéiriez pas. Alors elle a recours à tous les moyens possibles pour vous mener à la baguette : insécurité, règlements, rituels, etc.
La société essaie de faire de vous des saints qui vivent tout le temps dans la peur de l'Existence et de tout. Je ne suis pas là pour faire de vous des petits saints. Je suis là pour vous faire connaître la félicité qui vous rendra pleins de vie, alertes, vifs,
C'est donc la peur qui devient la jalousie dans nos relations. La peur est l'émotion qui sous-tend la plupart de nos actions et de nos émotions. Jalousie, colère, avidité, sont toutes enracinées dans la peur, mais nous n'en sommes pas conscients. Nous ne savons pas que c'est la peur qui en est la cause, voilà notre problème. Voilà pourquoi nous restons dans l'ombre pour ce qui est de nos schémas de comportement, et pourquoi les relations finissent par devenir traumatisantes.
Vous devez comprendre que la peur et l'amour ne peuvent pas cohabiter. La peur ne saurait être présente dans une relation
mort ffronter
d'amour pur. Là où il y a la peur il n'y a pas d'amour pur. Comprenez aussi qu'il y a un intérêt dévolu dans la relation. Il y a un but, un objectif, une attente de sécurité, de retour, une forme d'avidité dans la relation. C'est cela qui crée la peur.
Nous attendons la sécurité de toute relation. Nous tenons à cette sécurité pour nous sentir à l'aise. C'est en fait une sorte d'emprisonnement, qui nous fait plaisir. Les gens parlent de la liberté mais je vous assure qu'ils en ont peur! Ils adorent être emprisonnés. Dans l'ambiance feutrée de leur prison ils se croient libres.
Une petite fille pose une question à son père :
- Papa, que veut dire le mot garanti?
Le père répond :
- Cela veut dire qu'une chose est bien faite, qu'elle va durer longtemps.
Et ce soir-là avant de se coucher, elle lui crie :
Bonne nuit, mon papa garanti!
Nous recherchons continuellement la sécurité mais nous prétendons rechercher la liberté. Recherchons-nous vraiment la liberté ou la sécurité? Pourquoi avoir peur? Tant qu'il y aura de la peur en vous, vous rechercherez la sécurité. En attendant, vous vous illusionnez vous-mêmes en prétendant que c'est la liberté que vous cherchez.
Le maître est celui qui vous jette dans l'insécurité totale de la vie. C'est celui qui vous donne la liberté totale. Voilà pourquoi vous ne vous sentez pas en sécurité avec lui. Vous avez peur. La liberté fait peur.
Vous ne connaîtrez jamais d'insécurité absolue dans vos autres relations, vu qu'il y aura toujours ce va-et-vient d'avidité, de peur et de colère qui vous enferme dans les mêmes schémas relationnels. Mais avec un Maître vous êtes totalement libre. Et cela vous fait peur.
Un homme passe vingt années en prison.
Le jour de sa libération, il se montre soucieux et ter
Son camarade de prison lui demande :
- Qu'est-ce qui t'arrive? Pourquoi es-tu inquiet?
- J'ai peur. Comment vais-je faire quand je serai libre?
La prison a créé chez cet homme un sentiment de sécurité si fort qu'il se demande comment il fera une fois libéré! Voilà le danger qu'on court en s'emprisonnant dans des schémas sécurisants.
Le Maître ne vous offrira jamais la sécurité que vous recherchez. Il ne répondra jamais aux schémas que vous lui proposez. Ne trouvant pas la sécurité que vous recherchez, vous grandirez, vous vous centrerez en vous-même. Vous cesserez d'avoir peur lorsque vous saurez qu'il n'y a rien à perdre.