Affronter la mort
La moralité n'est qu'un piètre substitut lorsque l'intelligence fait défaut. Si vous suiviez votre propre intelligence, vous pourriez avoir confiance en vous. Mais si vous ne faites que suivre les lois et les règlements, vous ne serez pas plus sûrs de vous qu'au début! Faute de pouvoir vous centrer sur vous-même, vous vous fixerez sur des règles.
Si vous vivez avec intelligence, ce type de peur ne vous étreindra iamais. Ceux qui prêchent la morale le font parce qu'il sont si timorés. Ils ont peur, soit parce qu'ils manquent de confiance en eux-mêmes, soit parce qu'ils ne savent pas distinguer pas la morale de la peur. Les moralistes peuvent devenir névrosés avec leurs concepts de moralité et de discipline.
C'est l'histoire d'un moraliste qui marche normalement dans la rue à pas bien mesurés. Soudain il se met à pleuvoir à verse, et le moraliste suit la foule en courant. Au bout d'un moment il se rend compte de son laisser-aller. Il se dit : «Qu'est-ce que je fais là? Courir ainsi manque de dignité. Un gentleman se doit de corriger humblement ses erreurs, lorsqu'il en fait». Il repart sous la pluie, se remet là où il s'était mis à courir, et il refait le chemin, cette fois en marchant à pas mesurés!
La moralité fait de vous un être mièvre, sans saveur.
Comprenez-moi bien, je ne veux pas dire par là que nous devons vivre dans un monde de laxisme et de permissivité. Ce que je dis, c'est que vous devez développer votre propre intellligence, et faire en sorte que les règles viennent confirmer de la connaissance le et le ressenti de votre propre être.C'est cela l'intelligence. Toute règle sensée ira dans le même sens que l'intelligence épanouie. Lâchez donc vos peurs, afin de retrouver votre intelligence innée votre voie intérieure, votre Maître intérieur.
Un jeune sannyasi (renonçant) vivait dans la même rue qu'une belle courtisane, mais en face. Le sannyasi essayait sans cesse de de méditer. La courtisane, elle, continuait de gagner de l'argent à sa de manière. De nombreux hommes allaient et venaient chez elle,
Le sannyasi faisait de son mieux pour se concentrer sur sa méditation. Mais son attention se portait plutôt sur la jeune femme. Il ne cessait de la maudire à cause de la vie immorale d qu'elle menait. La courtisane, elle, n'était même pas consciente que le sannyasi habitait en face de chez elle. Malgré son mode de vie qui consistait à offrir du plaisir aux hommes, elle était plongée dans son amour du Seigneur Krishna, passant tout le temps qu'elle pouvait à le prier et à jouer avec son image.
Le sannyasi et la courtisane moururent le même jour et ils arrivèrent ensemble au portail de Yama, le Seigneur de la Mort. Après l'analyse de leurs dossiers, la courtisane fut envoyée au ciel, tandis que le sannyasi allait en enfer. Ce dernier exprima alors sa désapprobation pour ce jugement injuste de Yama.
Yama lui expliqua clairement ceci : «Toute ta vie, sous des dehors de méditant, tu nourrissais des désirs de luxure envers la courtisane. Quant à elle, en dépit de son activité, elle restait totalement centrée sur la réalité de Dieu!»
La mort Affronter
Les moralistes mènent une vie superficielle, peureuse, creuse. Ils ne vivent pas pleinement car ils craignent constamment de violer leur éthique. Leurs véritables intentions se cachent sous une apparence de moralité. Voilà ce qui se passe quand on suit un simple code moral au lieu de se fier à sa propre intelligence intérieure. Si vous agissez à partir de votre intelligence, il y aura une certaine pureté en vous. Si vous agissez à partir de la périphérie, d'un quelconque code moral, il n'y aura ni pureté, ni beauté en vous.
Ceux qui sont craintifs et peu sûrs d'eux-mêmes érigent un code moral et ils le suivent. Ceux qui sont intelligents agissent spontanément, et ils font ce qui est juste en restant profondément centrés, sans crainte. C'est tout.
Comme la moralité, le prestige engendre la peur : prestige, nom, célébrité, statut social ... tout cela engendre des peurs. Ce ne sont que des peurs de votre ego. Quel prestige essayez-vous de garder? Vivre l'accomplissement intérieur et la dignité suffisent. Les gens qui protègent leur prestige sont les plus grands hypocrites sur Terre.
Il y a aussi les personnes qui vivent constamment dans la peur. Elles sont à la merci de leur soi-disant prestige.
Un homme pêche dans une rivière. Il est assis là depuis bien longtemps, mais il ne prend aucun poisson. Il finit par piquer du nez, sa canne à la main.
Soudain un gros poisson mord à l'appât et tire sur la ligne. L'homme encore assoupi se retrouve à l'eau.
Un jeune garçon qui observait la scène au loin demande alors à son père : « Papa, c'est lui qui a attrapé le poisson, ou le poisson qui l'a attrapé? »
Méfiez-vous du prestige. S'il prend des proportions démesurées. il peut vous consumer, vous dévorer entièrement. Alors vous n'aurez plus besoin de lui courir après.
Et pourquoi craignez-vous de perdre votre prestige? Parce qu'il vous fait croire que vous êtes extraordinaire. Votre prestige vous e donne une identité solide dans la société. Ceux qui ont de l'argent et de la renommée doivent se livrer à toutes sortes de malversations insensées et immorales. Et les gens parlent dans leur dos tout en les flattant à cause de leur pouvoir et de leur prestige.
Ce genre de prestige est très soigneusement protégé. Laissez-moi vous dire ceci : Vous ne trouverez jamais grâce aux yeux de l'Existence si vous êtes ce type de personne. Vous aurez peutêtre ce que vous voulez dans le monde matériel, vous aurez l'air d'avoir réussi, mais aux yeux de l'Existence vous resterez un pauvre. L'Existence a ses propres critères de choix.
Comprenez que prestige, célébrité, renommée et pouvoir viennent tous de votre imaginaire. C'est vous qui leur donnez vie, et c'est vous qui créez votre peur de les perdre.