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Résultat Garanti

De l'insatisfaction à la gratitude

Oui peut me dire où se trouve l'enfer?

Après un long silence, une élève lève le doigt et dit :

  • Sûrement pas dans le bureau de mon papa, Mademoiselle.

Surprise, la maîtresse lui demande pourquoi elle donne cette réponse.

  • Chaque fois qu'on entre dans son bureau mon papa crie : allez au diable, allez en enfer!

On apprend très tôt aux enfants à prendre le ciel et l'enfer pour des entités extérieures. On leur fait croire que Dieu est assis làhaut, sur un grand trône, et qu'il est occupé à observer tous nos mouvements, à noter nos péchés et nos bonnes actions.

C'est en pensant ainsi que nous amorçons le cycle de cause à effet à travers toutes nos actions. Nous associons les bonnes actions au ciel et les mauvaises à l'enfer. Nous prenons Dieu et toute l'Existence pour un centre d'affaires. Chacun devient un homme ou une femme d'affaires à sa façon, quelque soit son vrai métier!

Que faites-vous en allant au temple? Vous achetez des fleurs, des noix de coco et des fruits, vous entrez voir la Déité et faites les offrandes au nom de votre famille. Vous donnez le nom, l'étoile de naissance de chaque membre de la famille ... et vous faites le rituel.

Le pauvre prêtre tient un bol à la main et vous lui donnez une longue liste de noms et de détails sur chacun des membres de la famille. Vous avez si peur que Dieu envoie les bénédictions à la mauvaise personne ou à la mauvaise famille! Vous précisez bien la situation géographique, etc. et vous dites bien que c'est vous et personne d'autre qui apporte les offrandes. Ce n'est qu'après avoir fait tout cela que vous quittez le temple. Vrai?

Comme si Dieu ne saura rien si vous ne lui dites pas tout! Comme s'il vous fallait lui rappeler que vous existez pour qu'il vous bénisse. Vous n'avez qu'une chose à faire, ressentir pour lui une gratitude sans fin. Il vous bénit en permanence. Ce n'est pas qu'il vous voie en difficulté, et décide de vous sauver, ou qu'il voit que tout va bien pour vous, et vous ignore. Ce sont nos propres conditionnements que nous projetons sur Dieu, car c'est ce que la société nous a appris dès notre jeune âge.

Le concept de gratitude a été si dénaturé chez nous. Ce n'est plus qu'un sentiment qu'on ressent après avoir échappé à un très grand malheur ou quand quelqu'un se met en quatre pour nous faire plaisir. C'est la croyance la plus ridicule qu'on nous ait enseigné.

Entrez dans le temple avec un sentiment de gratitude. Tenez-vous devant chaque divinité pendant quelques minutes avec une profonde reconnaissance, puis repartez dans le même état d'esprit, et le reste s'ensuivra.

La gratitude est l'ultime prière, l'ultime pooja, l'ultime offrande.

I Jtilisez les quelques journées que vous allez passer ici pour vivre ce que je suis en train de vous dire. Laissez la gratitude s'enraciner en vous pendant ces sept jours que vous passez loin du monde extérieur. Ouvrez-vous, laissez-vous fleurir pendant cette rare occasion. Ne ratez pas cette occasion unique de vous transformer. Créez ce nouvel espace intérieur que vous emporterez avec vous en repartant.

Notre problème, c'est que nous essayons d'atteindre Dieu avec la tête. Ce n'est pas ainsi qu'on l'atteint. Si vous abandonnez votre tête vous fonctionnerez automatiquement avec votre cœur, et vous découvrirez que vous n'avez même pas à faire d'effort pour l'atteindre. Il est déjà en vous!

La tête cherche toujours à l'extérieur, mais cette recherche ne vous aide pas à trouver Dieu. La tête cherche à se donner des raisons d'être reconnaissant. Quand vous passerez de la tête au cœur, un tout autre espace s'ouvrira en vous, vous réaliserez ce que vous avez toujours su : que c'était votre mental qui posait problème et qui vous privait de cette réalisation.

En agissant à partir du cœur, vous serez toujours reconnaissant. Dit-on une tête reconnaissante? Non, on dit bien un cœur reconnaissant, n'est-ce pas?

Vous allez me demander : «Comment passer de la tête au cœur? Swamiji?» Il vous suffit d'être conscient de votre tête! Vous ne surveillez pas votre tête, vous la laissez au contraire fonctionner de façon libre et machinale. Une fois que vous serez conscient de ce qui se passe là-dedans, vous pourrez la lâcher.

La gratitude n'est pas une vertu. Elle doit devenir votre attitude, Vous n'avez rien d'autre à faire pour vous sentir accordé à l'Existence. Quand vous n'éprouverez que de la gratitude, vous vivrez en harmonie avec l'Existence. Elle vous montrera sa magique splendeur et vous n'aurez plus qu'à l'apprécier!

Je vais vous expliquer ce que j'entends par s'accorder. Vous savez tous comment fonctionne la radio?

Un même poste de radio peut, sans changer de forme, se régler sur diverses stations et capter différents programmes, n'est-ce pas? Lorsque vous écoutez une station vous n'entendez pas d'interférence avec les autres, n'est-ce pas?

Nous réglons bien la fréquence, Swamiji.

Oui! Pour entendre une station le mieux possible, il suffit de bien se régler sur elle. Appliquez le même concept pour vous accorder avec l'Existence.

Des milliers de programmes sont diffusés à tout moment, mais on capte celui sur lequel le poste est réglé. Nous avons le libre choix du programme que nous voulons entendre, n'en déplaise aux autres! Vous êtes libre de choisir ce que vous voulez écouter. n'est-ce pas?

De même si vous choisissez de vous accorder au chaos créé autour de vous par l'esprit de l'homme, vous serez perturbé, vous serez pris dans le tourbillon sans fin des soucis, de l'insatisfaction, du dilemme et ainsi de suite.

Mais si vous faites le choix de vous accorder à l'Existence, au fil central qui fait fonctionner tout le réseau, vous n'allez pas vous enferrer dans le chaos général, vous serez libéré de toutes ces émotions. Vous serez une fleur épanouie qui répand un merveilleux parfum.

Les émotions anciennes vous maintiennent dans l'insatisfaction permanente. Le changement fera de votre vie une musique, le langage même de l'Existence. Vous n'éprouverez que de la reconnaissance. Plus vous vous accorderez finement à l'Existence, plus la vie sera extatique.

L'insatisfaction vous abat, elle vous rend lourd et malheureux. La gratitude et son sens d'accomplissement vous apporteront légèreté et félicité. Nous sommes toujours insatisfaits lorsque nous pensons que quelque chose nous est dû. Lorsque vous procédez avec cette attitude vous perdez beaucoup et rien ne vous rend heureux ni joyeux. Ne prenez jamais rien comme un dû.

Un mendiant arrête un homme sur la route :

  • Il y a deux ans tu me donnais 20 roupies. L'an dernier, en tout et pour tout, tu ne m'as donné que 10 roupies. Depuis quelques mois tu me donnes 2 roupies, pourquoi?
  • J'étais célibataire à l'époque, puis je me suis marié, et maintenant j'ai un bébé.
  • Quoi? Tu prends mon argent pour t'occuper de ta famille?

Le mendiant dit alors à l'homme : «Comment, tu prends mon argent pour t'occuper de ta famille!» Nous nous croyons souvent en droit d'attendre d'un autre qu'il s'occupe de nous et de nos besoins. Pour nous cela va de soi, c'est un dû.

Nous ne réalisons pas l'ignorance profonde qui est derrière une telle attitude. Nous ne réalisons pas quel état de manque s'exprime par un tel comportement. Toute cette attitude doit passer par un changement radical. Même votre père, votre mère ou votre conjoint ne sont pas un bien acquis.

Un homme rentre du travail et trouve sa femme dans un état lamentable.

Elle lui lance :

  • Je viens de finir d'apprendre à la servante comment faire tout le travail de la maison, et voilà qu'elle nous quitte!

L'homme réagit aimablement :

  • Et pourquoi, ma chère?
  • C'est à cause de toi! Elle dit que tu lui as parlé si durement au téléphone qu'elle a préféré s'en aller par respect pour sa personne.
  • Mais je croyais que c'était toi qui étais au téléphone!

Nous prenons nos relations pour un dû, et cela nous crée des complications. Apprenez à traiter chaque individu comme une partie du tout et à lui manifester votre gratitude. Vous comprendrez que personne ne vous doit rien, vous adorerez et respecterez chacun comme une partie de l'Existence.

Arrivés à ce point, vous pourrez compter vos bénédictions. En analysant vous vous rendrez compte que nous faisons toujours le compte de ce que nous n'avons pas recu! Même comblés, nous ne sommes pas heureux parce que nous pensons toujours à ce que nous n'avons pas encore recu!

Imaginez que vous deviez vous asseoir et faire la liste des choses dont la vie vous a comblé. Commencez par vos yeux. Savezvous le nombre de gens qui n'ont pas la bénédiction d'avoir le sens de la vue? Vos imaginez-vous ce qui se passerait si en vous levant un matin vous vous rendiez compte que vous êtes devenu aveugle? Vous ne pourrez même pas sortir de votre chambre pour aller dans la salle de bains! Tout ce que vous faisiez sans effort auparavant deviendra très difficile.

Si vous faisiez la liste de tout ce que la vie vous a donné, elle serait bien longue. Une fois que vous aurez terminé cette liste. faites celle de ce que vous estimez ne pas avoir recu. Ce sera aussi une longue, une très longue liste! Elle commencera peut-être par une Mercedes, et finira par dépasser en longueur la voiture elle-même! Les deux listes seront interminables, si vous les faites sincèrement, sans oublier la moindre petite chose.

Nous sommes devant deux longues listes. A nous de décider laquelle nous préférons regarder. Allons-nous choisir celle des choses que nous n'avons pas recues et rendre notre vie terne et triste, ou regarder les dons que nous avons recus et dont nous profitons pour rendre notre vie belle. Nous avons le choix!

La personne qui croit que tout lui est dû regardera la deuxième liste avec avidité et mécontentement. Si vous êtes avide vous serez forcément mécontent, puisque l'avidité n'a pas de fin, et que par conséquent elle ne connaît jamais de satisfaction! Une telle personne se prive de toute la joie de vivre qui est contenue dans la première liste!

Tout ce qui est sur son chemin, les petites comme les grandes choses, lui semblent ordinaires, elle ne pense qu'à ce qui vient après.

Et quand la chose suivante est là, elle lui semble tout aussi ordinaire, parce qu'elle est déjà en train de penser à la suite!

Quant à la personne qui vit toujours dans la gratitude, elle ignore jusqu'à l'existence de la deuxième liste! Elle ressent et respire la gratitude à tout moment. La vie est une éternelle célébration pour elle. Elle se sent légère et joyeuse, elle fait plaisir à observer. Il se dégage d'elle une beauté unique qui lui est propre. Elle ignore tout de la langue de la deuxième liste! Tout ce qu'elle sait faire. c'est apprécier toute chose avec amour et reconnaissance.

Si vous êtes toujours dans la gratitude, même les choses soi-disant banales de la vie deviendront sacrées et merveilleuses! Votre vie n'est banale à vos yeux que parce que vous prenez les choses comme un acquis. La vie n'est pas banale. Chaque petite chose est si belle. C'est notre mental qui en fait une banalité. Il ne vous laisse pas pénétrer et saisir la beauté du flot de l'Existence.

Votre mental n'est plus qu'un schéma mort qui demande sans cesse et après ...

Quand vous verrez les choses avec émerveillement et révérence, vous serez rempli de gratitude et d'accomplissement, vous ne poserez plus de questions. Vous désactiverez votre mental. Vous serez en résonance avec votre cœur, comme l'enfant, l'enfant pour qui rien n'est banal, l'enfant pour qui tout est magnifique!

C'est ce qui rend les enfants si beaux à regarder. Leur esprit n'est pas terne, mais frais et fluide. La société n'a pas encore imprimé les schémas familiers dans leur esprit.

Apprenez à tout voir avec gratitude et révérence. Prenez par exemple votre propre corps. Faites ce simple exercice : asseyez-vous, et fermez les yeux. Visualisez que vous avez le petit doigt de la main droite coupé dans un accident et qu'il ne vous reste plus que les deux tiers. Vous n'aviez aucune autre infirmité. Vous aviez un corps parfait, et subitement votre petit doigt est coupé.

Quelle serait votre réaction? Vous auriez du mal à digérer ce coup du sort. Pour faire la moindre petite tâche manuelle votre petit doigt a son rôle à jouer, non? Que va-t-il se passer? Cela peut même vous déprimer.

Pensez maintenant à toutes ces personnes dans le monde qui sont atteintes de tant d'infirmités. Il y en a même beaucoup qui n'ont pas tous leurs doigts!

De la tête aux pieds, le moindre petit handicap vous priverait de certains aspects de la vie, n'est-ce pas?

Passez quelques minutes seul dans votre chambre chaque jour, et touchez avec amour chaque partie de votre corps en la remerciant pour tout ce qu'elle vous a permis d'apprécier dans la vie.

Avez-vous déjà pensé ainsi à votre corps? Le prenez-vous comme si le fait de l'avoir allait de soi? Dans quelle mesure le brutalisez-vous?

Certains haïssent leur corps parce qu'ils ne le trouvent pas assez beau. Si vous faites cet exercice chaque jour en ressentant un amour profond et de la gratitude pour votre corps, vous verrez que votre corps et votre visage brilleront d'un tout nouvel éclat.

Votre corps réagit à votre esprit.

Ne le négligez pas, ne le prenez pas pour un dû. Après tout c'est lui qui vous permet de jouir de tant de choses. Même pour venir ici aujourd'hui, et assister sans effort à cette conférence, il fallait bien que votre corps fonctionne correctement, non?

Dans une famille chrétienne, une jeune fille se met à table avec sa mère pour le dîner.

La nourriture est servie, et elle commence à manger sans rendre grâces.

Choquée, la mère demande à sa fille comment elle peut faire une chose pareille.

La jeune fille répond aussitôt :

  • Il n'y a rien dans cette assiette que je n'ai pas déjà remercié au moins une fois.

Voilà ce que j'entends par prendre les choses pour un dû. C'est triste de voir cette attitude se développer chez les jeunes.

Une jeune fille parle à sa mère :

  • Maman, combien de jours reste-t-il pour Noël?
  • Pourquoi veux-tu savoir?
  • Je me demandais si le moment était venu d'être une jeune fille sage.

C'est ainsi que nous apprenons à nos enfants à se comporter. Nous leur apprenons à faire du commerce, à voir tout sous l'angle de la transaction. Nous ne leur apprenons pas à être fluides et spontanés. Nous ne leur apprenons pas à vivre sans but. Nous donnons un but à toutes leurs actions.

Tout cela est profondément insensé.

Après tout ce qui leur a été fait, il vous faudra travailler dur pour tout défaire. Je ne fais qu'une chose : défaire. Sans arrêt je défais les choses. Imaginez tout ce qu'on vous a fait! Pendant des générations, les autres vous ont transmis leurs idées. Je dois d'abord tout défaire pour créer un nouvel espace et vous faire fleurir.

Quand je dis de ressentir un sentiment continuel de gratitude, les gens partent et ils reviennent me dire :

  • Maître, je dis maintenant merci aux chauffeurs de taxi et au personnel de maison.

Comprenez bien que lorsque la gratitude deviendra votre être même, vous ne penserez même pas à raconter que vous faites ces choses.

Dites-moi, lorsque vos pleurez la perte de quelqu'un, verbalisez-vous votre peine? Pourriez-vous mettre en mots votre souffrance? Non! L'émotion est si enracinée qu'elle fait un avec votre être. Vous ne pouvez que la ressentir, pas la raconter. N'est-ce pas?

De même, lorsque la gratitude sera devenue votre propre être, votre état, vous n'en parlerez pas non plus. Bien sûr, dire «merci» socialement est une bonne chose, parce que, si vous ne le dites pas, l'autre personne ne l'entendra pas de cette oreille!

Ce que je veux vous faire comprendre, c'est que nous devons passer de la gratitude mentale à la gratitude de l'Être.

On ne pourra jamais exprimer la gratitude dont nous parlons ici, car elle prend sa source à un niveau si profond.

On me dit souvent : « Maître, nous sommes si reconnaissants pour tout ce qui se passe dans notre vie depuis que nous nous sommes rencontrés ».

Je dirai qu'on peut remercier par convenance sociale, mais que la gratitude n'est pas quelque chose qu'on dirige vers quelqu'un. Ressentir de la gratitude envers quelqu'un pour ce qu'on a recu n'est qu'une gratitude du mental. C'est le niveau jardin d'enfants de la gratitude.

La vraie gratitude est un sentiment intérieur qui déborde de vous, non pas à cause d'un gain, mais à la simple pensée d'exister, à la pensée de la compassion de la force Vitale de l'Existence.

Cette gratitude n'a pas besoin de relations, elle ne dépend de rien ni de personne, ne varie pas avec les émotions comme luxure, colère, haine ou amour. Elle est, tout simplement.

Votre gratitude s'exprime en paroles à cause de votre égoïsme.

Vous ne voulez pas qu'on vous manque de courtoisie.

Mais exprimer sa gratitude c'est la diminuer ou la fausser.

En fait c'est votre propre langage corporel qui témoigne de votre sentiment de gratitude. Vos yeux, votre sourire, votre chaleur, en disent plus que les mots. Vos larmes de gratitude

l'expriment mieux que tout.

Lorsque vous êtes envahi par la reconnaissance, que vous vibrez de gratitude, les larmes débordent.

Je ne vous dis pas de pleurer! Je dis que si vous débordez de gratitude, votre corps l'exprimera, que vous ne pourrez le taire, car c'est une indication juste de l'état de votre être.

Ces larmes n'ont ni caste, ni credo, ni religion. Il n'y a pas de larmes hindoues ou de larmes islamiques, étant donné que ces larmes n'appartiennent à aucun culte. Elles viennent de l'Étre, et l'Étre n'appartient à aucune religion.

La gratitude dissout toutes les barrières érigées par l'homme et tous les conditionnements. Voilà pourquoi elle est l'ultime prière.

Rien de profond ne peut s'exprimer totalement. Les poètes auront beau écrire des vers, les peintres faire des tableaux, les écrivains user leur plume, il restera toujours une portion inexprimable de cette vérité. L'Existence ne s'exprime pas par les moyens ordinaires, et c'est ce qui la rend si mystique et si attachante. C'est pourquoi l'expérience surpasse la parole lorsqu'elle se produit en vous! C'est pourquoi elle se ressent, mais ne s'exprime pas. Et c'est pourquoi vous revenez toujours me voir!

Vous n'avez pas à m'exprimer votre gratitude, car je saurai sans que vous ayez besoin de me le dire. Lorsque la véritable gratitude vous submergera, je le saurai avant vous! Je connais le battement de votre cœur! Je vois dans la profondeur de votre regard! En fait, l'exprimant vous risquez de vous tromper, parce que la plupart du temps votre parole contredit votre pensée. Vous pouvez penser quelque chose à l'intérieur et exprimer autre chose à l'extérieur.

Rappelez-vous que l'Existence sait quand une personne fleurit de l'intérieur. Ressentez une profonde gratitude envers l'Existence, cela suffira. Vous n'avez pas à l'exprimer, juste à le devenir.

En Bharat nous avons pour coutume de toucher les pieds du Maître. Quand votre gratitude pour le Maître déborde, il n'est pas possible de l'exprimer. On lui touche alors les pieds, on ressent l'unité et on exprime sa gratitude.

Les gens viennent me voir de partout. Certains restent debout devant moi sans rien dire. Des larmes de joie coulent de leurs yeux. Ils ne se sentent obligés de rien dire, car ils ne pourraient pas dire plus que leurs larmes. Ils expriment l'émotion qui vient de leur Étre.

Quand vous serez en présence du Maître, ayez simplement un sentiment de gratitude pour la chance que vous avez d'être auprès de lui.

Toutes vos questions s'évanouiront et une joie certaine vous emplira en un rien de temps! Vous saurez alors que vous êtes dans le droit fil. Si vous ne vous sentez pas rempli et que vous repartez insatisfait, vous avez raté le coche!

Gardez toujours votre conscience en éveil auprès du Maître, et rien ne vous échappera. Quand vous vous tiendrez près du Maître avec gratitude, son énergie se déversera dans votre être, et son expérience vous inondera.

Et quand vous n'aurez que gratitude pour le Maître, le besoin d'être physiquement en sa présence disparaîtra. La gratitude vous fera enjamber l'espace-temps. Elle dissoudra les frontières et brisera vos limites. Vous ressentirez alors l'unité avec tout. Puis la gratitude elle-même vous gênera et seul le silence prévaudra!

Cela s'applique même aux relations. Si vous en vivez une et que vous la sentez arriver sur sa fin, vous pouvez simplement ressentir de l'amour pour la personne et la laisser partir. Ressentez intérieurement de la reconnaissance pour le temps passé avec elle, pour ce qu'elle vous a appris pendant ce temps. Même cela peut être beau!