L'Amour est votre vie
Dans le dernier chapitre, Arjuna demanda et reçu le vishwarupa darshan (la Vision Cosmique), la vision de la forme Universelle de Krishna. Krishna résolut très patiemment les doutes d'Arjuna et répondit à toutes ses questions. Arjuna désira ensuite voir la vérité ultime qu'est Krishna, la forme derrière le sans forme, l'impérissable, l'Eternelle.
Krishna exauça le vœu de son ami et disciple, Arjuna, qui représente symboliquement l'être humain, nara. En voyant la forme cosmique de Krishna, incapable de supporter l'énergie, Arjuna supplie Krishna de reprendre sa forme humaine, de redevenir le Roi des Yadavas et de reprendre les rênes du char. Après avoir montré sa forme cosmique à Arjuna et après lui avoir fait vivre l'expérience de la Conscience cosmique, Krishna lui parle maintenant de bhakti, l'amour dévotionnel.
La forme universelle, dévoilée par le Seigneur Krishna, est Sa Conscience cosmique, qui est notre Conscience collective. Grâce à Krishna, Arjuna comprit qu'il faisait aussi partie de cette Conscience cosmique, et en même temps, il se rendit compte que ce qu'il pouvait voir de Krishna n'était qu'une infime fraction de Son Etre cosmique éternel.
L'expérience de la forme divine de Krishna réveilla d'autres questions dans l'esprit d'Arjuna. La forme dont il venait d'être témoin était elle juste la glorieuse réalité du cosmos, la vérité ultime sur laquelle il devait se concentrer, ou alors l'Etre sans forme dont Krishna lui avait parlé plus tôt était il plus important ?
Généralement, les gens pensent que c'est seulement après avoir acquis bhakti (l'amour dévotionnel) que se produit l'expérience spirituelle. Mais laissez moi vous dire la vérité : c'est seulement après l'expérience spirituelle que bhakti se produit ! Aucune Bhakti réelle ne peut vous arriver avant une expérience spirituelle.
L'orient a toujours cru que l'on doit d'abord faire l'expérience spirituelle avant de s'engager dans la vie sociale. Mais les religions occidentales croient que la vie sociale conduit à l'expérience spirituelle. Ceci ne peut jamais se produire ! On ne peut pas aider les autres sans avoir effectué notre propre transformation intérieure. Lorsque nous agissons de la sorte, tout ce que nous faisons est vain et superficiel ! Nous le faisons pour stimuler notre ego ; pour entendre les autres dire à quel point nous sommes gentils et généreux.
C'est seulement lorsque l'ego disparaît à travers l'expérience spirituelle que l'on peut se connecter aux autres et se fondre dans la conscience collective, que l'on peut ressentir que nous sommes Un et que nous sommes identiques à tout le monde, riches, pauvres, noirs ou blancs. C'est seulement à ce moment là, que l'on peut apporter une contribution sensée aux autres.
Seule une personne qui considère chaque autre être comme faisant partie de la Conscience Cosmique peut réellement rayonner d'amour. Seule cette personne peut savoir ce qu'est l'amour. Personne d'autre ne peut savoir ce qu'est l'amour ! Les autres peuvent penser qu'ils aiment, ou agir comme s'ils 'aimaient.' Mais comprenez bien : parfois en jouant la comédie, ils commencent réellement à croire qu'ils sont amoureux…Voilà tout ! Vous ne pouvez jamais aimer en jouant la comédie !
L'amour doit faire partie intégrante de votre Etre ! L'Amour ne se produit que lorsque vous faites l'expérience de la Conscience Cosmique, lorsque vous avez une expérience spirituelle ; lorsque votre ego disparaît. Krishna nous donne clairement la technique, pas à pas. Je vous assure : après une expérience spirituelle, une telle gratitude apparaît dans votre Etre, votre Etre déborde tellement d'amour que vous commencez à le rayonner ! Vous n'avez besoin de faire aucun effort, il coule simplement ; vous ne pouvez pas l'arrêter ! Personne ne peut vous montrer ou vous faire faire l'expérience de l'amour, à moins qu'elle ait eu elle même une expérience spirituelle.
L'amour, l'amour inconditionnel, ne peut pas être provoqué. Il fleurit en vous lorsque votre esprit est en paix, pure. Ce que l'on appelle couramment l'amour, est toujours l'amour conditionnel. Nous négocions notre amour. Voici comment cela se produit : tout d'abord, nous donnons notre approbation aux autres pour leurs actions et leurs paroles. Par la suite, en retour à ce certificat, nous nous attendons à ce qu'ils se soumettent. C'est cela que nous appelons l'amour !
Life Bliss Foundation est impliqué dans des activités humanitaires.
Nous parlons d'aimer les autres. Nous sommes fiers de pouvoir aimer Tout le monde. En pratique, cependant, nous trouvons difficile d'aimer notre voisin, en particulier lorsqu'il est plus riche ou qu'il est plus qualifié que nous dans un certain domaine. Il y a des fois où l'un perdrait un œil avec plaisir pour que son voisin en perde deux ! C'est cette négativité qui naît de notre jalousie et de notre avidité. Comment pouvons nous aimer le monde lorsque nous ne pouvons même pas aimer notre voisin ? Comment pouvons nous envisager servir l'humanité, lorsque nous omettons l'acte de charité le plus élémentaire envers nos parents et nos amis ?
Les gens viennent me demander : « Maître, vous dites à tous vos adeptes de méditer, méditer et encore méditer. A quoi cela sert-il ? N'est-ce pas une pratique égoïste? Pourquoi ne leur demandez vous pas d'aider la communauté ? Cela aiderait tellement de gens ! »
Il y a de nombreuses organisations spirituelles ; je ne peux pas dire 'organisations spirituelles', seulement « prétendues organisations spirituelles », qui sont engagées dans le service social, juste pour avoir un nom, pour la popularité et le prestige social. Il y a tellement d'organisations ; des organisations charitables dans ce domaine. Vous pouvez voir les personnes qui dirigent ces organisations - les personnes qui font partie de ces organisations - elles sont photographiées et figurent dans les journaux et les magazines.
Je dis toujours aux gens qui organisent des œuvres de charité que c'est un merveilleux moyen de tromper les autres et de se tromper soi-même. La charité ne peut jamais être organisée ; elle doit simplement couler de source. Ce n'est pas une expression extérieure ; c'est une conviction intérieure. A partir du moment que vous essayez d'organiser cette conviction, sa qualité change, elle devient différente, elle se transforme et l'objectif de cette œuvre de charité est différent. C'est seulement lorsque cela coule naturellement à la suite d'une expérience que la charité devient une expression solide d'amour.
La transformation intérieure doit se produire avant qu'une personne puisse aider les autres à se transformer. Tant que quelqu'un ne croira pas avec certitude qu'il fait réellement partie d'un tout ; que toutes les autres personnes sont liées à lui, il lui sera impossible de contribuer à aider les autres avec un amour véritable. Cette personne sera hypocrite.
Nous faisons partie d'un vaste Océan Cosmique ! Chacun d'entre nous n'en est qu'une simple goutte. Aussi longtemps que nous restons des gouttelettes et que nous ne comprenons pas cette vérité que nous faisons partie du même océan, nous restons séparé. Nos sentiments sont toujours dirigés par le « Je » et le «Mien ». Aussi longtemps que cette séparation existe, il ne peut y avoir d'amour ; il ne peut y avoir l'expression de l'amour inconditionnel.
Il y a un dicton magnifique du Bouddhisme Zen : Tout ce que Bouddha fait, tout ce qu'un Etre illuminé fait, même s'il tue quelqu'un, ça ne lui fera que du bien. Cela fera du bien à la fois à Bouddha mais également à la personne à qui il fait cette chose. Bouddha est toujours dirigé par la Conscience Cosmique ; donc ce qu'il fait sera toujours une bonne chose pour tout le monde.
Mais un Etre non illuminé, quelque soit ce qu'il fait, même s'il rend un service incroyable, se fera du mal et fera du mal à la société, en particulier s'il le fait pour son ego. Le bien et le mal ne dépendent pas de l'action en particulier, mais des qualités de l'Etre. Avec un être illuminé, même des choses minimes deviennent incroyables et positives pour le monde. Lorsqu'un Etre qui n'est pas illuminé agit, même les Vérités les plus ultimes provoquent la misère et la destruction, en particulier lorsqu'il le fait sans aucune connaissance.
Voyez les mots simples utilisés par Bouddha, comme par exemple, « regardez votre respiration », ou « observez », « soyez témoin de votre inspiration et de votre expiration ». Cette simple vérité, une technique donnée par Bouddha, a mené des milliers de personnes vers l'illumination ; cette simple technique de méditation est appelée vipassana. A travers cette technique de vipassana, des milliers de personnes sont devenues illuminées ; leurs vies ont été transformées. En résultat, tout l'univers en a tiré profit.
Lorsque Bouddha prononce une vérité très simple et ordinaire; même très ordinaire, cela élève la Conscience de millier de personnes. Si une personne non illuminée découvre une vérité incroyable, cela provoque une destruction. Prenez la bombe atomique et la théorie de la relativité : ce sont des vérités incroyables, mais lorsqu'elles proviennent d'un esprit non illuminé, cela amène toujours la destruction.
Je lisais récemment un rapport statistique dans un magazine qui disait que les gouvernements de tous les pays du monde possèdent assez d'armes atomiques pour détruire la planète Terre milles fois ! Pas seulement une ou deux fois, mais les armes atomiques qu'ils ont amassées, qu'ils ont accumulées, peuvent détruire la planète Terre mille fois ! Ce rapport n'était pas récent. Aujourd'hui, ils ont certainement deux fois plus de puissance ! Tout cela est le résultat d'un esprit non illuminé.
Nous faisons maintenant un travail scientifique sur le clonage, les recherches génétiques etc.… La qualité des résultats sera plus relative aux Etres qui conduisent les recherches, qu'à la qualité des esprits. Les esprits sont toujours dirigés par l'ego tandis que l'Etre est dirigé par la Conscience de l'Amour Universel.
Une seule personne avec une mauvaise attitude, si elle est en position de pouvoir, peut mettre l'humanité toute entière en danger. Tout est déjà prêt ; tout ce dont on a besoin, c'est quelqu'un qui vienne appuyer sur le bouton! Il doit être assez fâché et assez sadique pour appuyer sur le bouton. S'il le fait, un homicide global se produira. Voilà combien d'armes atomiques ont été accumulées aujourd'hui !
Vous voyez, c'est une vérité incroyable ; la vérité de la 'fissure atomique' ! Les atomes peuvent être séparés, et lorsqu'ils se séparent ils dégagent une quantité impressionnante d'énergie. C'est une grande vérité, mais c'est l'expression d'un esprit non illuminé. Une vérité qui peut être utilisée pour tellement de projets constructifs; cette vérité peut transformer le monde. Mais tant qu'elle évoluera dans l'esprit non illuminé et qu'elle sera contrôlée par des Etres non illuminés, encrés dans leur ego, elle conduira toujours à la destruction.
Les actes et les mots eux-mêmes ne produisent ni le bien ni le mal ; ils font le bien ou le mal en fonction de la Conscience à partir de laquelle ils sont produits ; la Conscience à partir de laquelle ils sont exprimés. Cette conscience, cette prise de conscience, est directement liée aux sentiments qu'une personne éprouve pour les autres. La qualité de la Conscience de l'Etre sera le facteur qui décidera de l'avenir de l'humanité ; qui décidera si cela lui sera bénéfique, ou si cela détruira l'humanité.
C'est seulement après une expérience que votre Etre ressent de la gratitude.
Vous rayonnerez l'amour lorsque vous aurez eu l'expérience solide de la divinité de chaque Etre humain. Votre Etre entier devient Amour. Vous deviendrez vulnérable d'amour. L'expression de Bhakti (dévotion) et de l'amour coule de votre expérience spirituelle.
Krishna commence son discours sur le bhakti yoga après le viswarupa darshan yoga. Après l'expérience qu'il a offerte à Arjuna; il commence a parler du 'Bhakti Yoga' ; il parle de l'expression de l'amour dévotionnel. Maintenant, plongeonsnous dans les sloka (chants) !
Sloka
arjuna uvācha: evam் satata-yuktā ye bhaktās tvām் paryupāsate ye chāpy akṣaram avyaktam் teṣām் ke yoga-vittamāḥ
Arjuna demanda : «Qui consideres Tu comme étant parfait ? Est-ce celui qui est toujours sincèrement engagé dans l'adoration de Ta forme, ou celui qui adore le Toi impérissable, invisible et sans forme?»
Vous voyez, la manière dont Arjuna s'exprime maintenant est totalement différente. La tendance, l'attitude est différente.
Il demande : « Lequel de ces deux types de personne est considéré le meilleur ; celui qui est toujours engagé dans la bhakti envers Toi, envers Ta forme physique, ou celui qui se plonge dans le Brahman (l'Ame Universelle), le non manifesté, le sans forme, la conscience cosmique ? »
Soyez bien clair : ici, Arjuna ne pose pas la question pour lui-même. A partir de ce moment, le discours devient une simple conversation. C'est un moyen d'enregistrer la vérité pour les générations futures. Les prochaines questions ne sont ni des doutes ; ni des interrogations ; il cherche simplement à faire descendre ces vérités, pour les mettre à l'écrit, afin que les générations futures puissent les utiliser en tant que référence. C'est le flot d'amour qu'Arjuna a pour l'humanité, l'expression de son expérience divine, qui le pousse à chercher des réponses à ces questions et à recueillir les réponses du Seigneur lui-même.
Arjuna demande : « Laquelle de ces deux personnes est établie en Toi complètement; est ce une personne qui est dévote ou une personne qui est illuminée ? »
Il y a deux choses que nous devons comprendre : les personnes religieuses, ou soi disant religieuses, troublent sans arrêt les autres personnes avec ce sloka en utilisant cette question d'Arjuna 'Adorer la forme ou adorer le sans forme est il juste ?' Ces personnes sont si troublées elles-mêmes, qu'elles ne font pas la différence entre le vrai et le faux, et elles utilisent leur arrogance intellectuelle pour troubler les autres en leur donnant de mauvaises informations.
Mais laissez moi vous dire que ce n'est pas ce qu'Arjuna veut exprimer en posant cette question. Si vous regardez la réponse de Krishna de près, vous comprendrez !
Arjuna demande : « Est-ce bien de s'ancrer dans l'expérience de la Conscience Divine, en se reposant en elle, en se divertissant de la félicité qui se dégage de cette expérience, ou alors est-il préférable d'exprimer l'amour et la gratitude qui est crée par l'expérience consciente, envers le monde entier et chaque Etre humain? Lequel est correct ? Lequel est préférable? »
Vous voyez, certains mystiques vivent une expérience spirituelle et restent dans cette même expérience avec les yeux fermés, tout simplement. C'est seulement avec les yeux fermés qu'ils peuvent voir Dieu. Ils ne veulent plus jamais ouvrir leurs yeux, ils ne cherchent jamais à utiliser leurs sens, puisque la félicité intérieure est si formidable, si magnifique, que rien, aucun sens ne peut égaler cette félicité.
Cependant, il y en a d'autres, qui sont guidés par l'univers à ouvrir leurs yeux pour transmettre aux autres cette expérience de la félicité à travers leur expression.
Ceux que l'on considère être les personnes « éduquées » débattent sans arrêt sur le sujet du Savikalpa Samadhi ou du Nirvikalpa samadhi. Le Savikalpa samadhi est l'état dans lequel l'expérience continue. Le Nirvikalpa samadhi est l'état dans lequel l'expérience commence. Le Savikalpa samadhi est sensé être l'état le plus 'bas' puis l'on est sensé atteindre l'étape supérieure du nirvikalpa samadhi. Cela s'applique peut-être dans certains cas, je n'en sais rien ; mais ce n'est pas une vérité inaltérable. En ce qui me concerne, les deux se sont produit ensemble. Je ne suis pas passé par deux étapes, mais une seule, puis j'ai atteint l'état dans lequel l'expérience peut s'exprimer. C'était la volonté du Divin, de Parasakti.
Comprenez, ces personnes n'exercent pas un choix. Ce n'est pas une option qui est proposée à ceux qui vivent une telle expérience ! Les êtres humains ordinaires sont libres de décider ce qu'ils veulent faire ; et le karma (cycle des désirs et actions insatisfaites) suit. Les personnes qui font l'expérience du Divin transcendent ce point lorsqu'ils le désirent ; ils sont totalement, pas à pas, dirigés par Paraskti, l'Energie Universelle ; par Krishna, la Conscience suprême du Divin. Ils n'ont pas le choix, dans ce cas, de décider s'ils restent assis là avec les yeux fermés ou s'ils préfèrent ouvrir leurs yeux et aider l'humanité.
Ce n'est pas qu'Arjuna ne sait pas déjà ceci. Ayant déjà fait l'expérience du Divin, Arjuna comprend parfaitement le fait que les autres personnes qui font cette expérience n'ont aucun choix. Il sait que Krishna est celui qui décide de ce qu'il devra faire, et non Arjuna lui-même. Mais, il pose cette question quand même car il tient à ce que tout le monde le comprenne également.
C'est pour cette raison que La Bhagavad Gita est une écriture vivante. C'est pour cette raison que ses mots résonnent encore cinq ou dix mille ans après que Krishna les ait prononcés ! C'est un dialogue qui répond à toutes les questions qu'un chercheur peut se poser. Le rôle d'Arjuna est de représenter le chercheur spirituel.
Arjuna demande si c'est ce type de personne qui est extraordinaire, ou si c'est la personne qui ouvre ses yeux pour servir Dieu en chaque Etre qui est incroyable.
Comprenez, il ne demande pas si adorer la forme est mieux ou si adorer le sans forme est mieux ! Mais les soi disant Hommes religieux ont toujours interprétés cela de la sorte, et créés des problèmes entre Sankara et Ramanuja.
Sankara suivait gnana, le chemin de la connaissance, et Ramanuja suivait bhakti, la voie de la dévotion. Gnana, dans l'ensemble, se concentre sur le sans forme, en utilisant des méthodes intellectuelles. Bhakti, se concentre sur la forme, la dévotion pure, comme si le Divin était pleinement en vie, comme il l'est en réalité ! Cependant, ceux qui ont étudié à la fois Sankara et Ramanuja en profondeur savent qu'il y avait énormément de bhakti dans l'approche de Sankara et beaucoup de gnana dans l'approche de Ramanuja ! Les deux approches sont convergentes. L'une ne fonctionne pas sans l'autre.
Aucune personne ayant lu le Soundarya Lahiri de Sankara ne peut rester de glace devant l'expression d'amour de ce Maître pour la Déesse Mère. Il est clair qu'il y a une signification métaphorique fantastique en termes philosophiques dans d'autres travaux dévotionnels similaires de Sankara, mais son intention était avant tout motivée par sa dévotion pour la forme qu'il décrit si merveilleusement. Il décrit la Déesse de la tête aux pieds comme s'il la voyait devant lui. C'est une description graphique, une description affectueuse et une interprétation dévotionnelle de cette expression.
D'un autre côté, la profondeur de la sagesse et de la perspicacité qui figure dans les commentaires de Ramanuja, les bhashyam (les commentaires) sur les sutras (techniques et écritures saintes) rivalisent avec ceux de Sankara, qui est considéré comme le pinacle de la philosophie religieuse. La vraie gnana ne peut exister sans bhakti et la vraie bhakti ne peut exister sans gnana.
Le débat continue sans arrêt. Mais si vous regardez les réponses, il est très clair que ce n'est pas ce qu'Arjuna a demandé. Il a demandé s'il devrait simplement s'encrer dans cette expérience divine, ou s'il devrait exprimer la gratitude qui se produit en lui.
Exprimer la gratitude qui se produit avec l'expérience est bhakti. Vivre cette expérience, s'en réjouir, et rester dans l'expérience est gnana, tout simplement.
La réponse de Krishna est que les deux chemins sont les mêmes et ne forment qu'un.
Les chemins s'entrelacent ; le premier mène au second, et le second ramène au premier. Vous avez sûrement entendu parler du « cercle vicieux »- le premier emmène au second et le second nous ramène vers le premier. Maintenant, je voudrais vous apprendre un nouveau mot : « le cercle vertueux » ! Le cercle vicieux mène vers une énergie basse ou à un niveau plus faible de conscience ; le cercle vertueux mène vers une énergie élevée ou vers un niveau de conscience plus élevé. La félicité et la dévotion, la gratitude et la félicité, ces deux points forment le cercle vertueux, qui vous mène à un état de conscience encore plus élevé !
La félicité signifie l'expérience qui mène à l'expression de la gratitude et du service. Encore une fois, l'expression de la gratitude et du service vous mène vers la félicité. L'un mène à l'autre, qui revient vers le premier. C'est donc appelé le « cercle vertueux».
En général, nous sommes pris au piège dans un cercle vicieux ; la peur mène à l'avidité, l'avidité mène à la Peur. La peur mène à encore plus d'avidité, plus de peur mène à plus d'avidité et plus d'avidité mène à plus de peur. Plus de peur mène à de plus en plus de peur. C'est un cercle vicieux, et ici, Krishna introduit le cercle vertueux. Le cercle vertueux est ce qu'il appelle le dharma, la droiture, qui doit être suivie sur le chemin de la Vérité.
Dharma signifie cercle vertueux qui mène vers une conscience de plus en plus élevée qui mène à des niveaux d'expériences de plus en plus élevés. La conscience et la félicité mènent vers l'expression de cette conscience et de cette félicité. Qui à son tour mène à des niveaux d'expériences plus élevés.
¸ÉÒ ¦ÉMÉ´ÉÉxÉÖ´ÉÉSÉ : ¨ÉªªÉÉ´Éä¶ªÉ ¨ÉxÉÉä ªÉä ¨ÉÉÆ ÊxÉiªÉªÉÖCiÉÉ ={ÉɺÉiÉä ¸ÉrùªÉÉ {É®úªÉÉä{ÉäiÉɺiÉä ¨Éä ªÉÖCiÉiɨÉÉ ¨ÉiÉÉ&* śrī bhagavān uvāca: mayyāveśya mano ye mām nityayuktā upāsate śraddhayā parayopetās te me yuktatamā matāḥ (12.2)
Le Seigneur Krishna répond :
« Ceux qui fixent leur esprit sur Moi éternellement, et ceux qui m'adorent fermement, avec une foi suprême, je les considère comme étant parfait dans le Yoga, prêts à être unis avec moi. »
Bhagavan dit : « Ceux qui sont ancrés dans la conscience, qui exprime la gratitude, bhakti, sont toujours engagés en Moi ; et ceux qui se concentrent sur la croyance transcendantale, ce qui signifie sûr ce qu'ils vivent pendant une expérience cosmique, sont engagés en Moi ; les deux sont Ultime ; les deux sont unis à Moi.
Le Sanskrit est une si belle langue. Vous pouvez trouver n'importe quelle signification à n'importe quel mot. C'est pour cela que des milliers de commentaires sur la Gita sont possibles, mais elle est toujours aussi nouvelle ! Aucun autre livre n'a été commenté par autant de Maîtres ! Chacun cherche à donner sa propre compréhension.
Encore une fois, j'insiste : Si une personne sans expérience spirituelle s'exprime, ou fait un discours, naturellement, il rencontrera des obstacles et créera des obstacles pour les autres, comme lorsqu'un aveugle guide un aveugle, les deux se retrouvent dans les ennuis. Pareillement, lorsqu'une personne sans expérience spirituelle traduit ou parle, elle 'torture' automatiquement le texte !
C'est seulement lorsqu'une personne a vécue une réelle expérience spirituelle et s'est libérée des bavardages intérieurs, quelle peut être vraie envers les autres et envers elle-même. C'est seulement à ce moment là qu'une personne peut se mettre à nue de manière totalement transparente et honnête sans penser autres. Tant qu'il y a des bavardages à l'intérieur, il nous faut sans cesse filtrer nos pensées ; il nous faut toujours de l'entraînement. On n'ose pas formuler à haute voix ce que l'on se dit à l'intérieur ! Nous avons peur que ce que l'on va dire ne soit pas accepté. Donc, on filtre et remplace ce que l'on ressent réellement à l'intérieur, avec des mensonges. On remplit nos vies de mensonges.
Comprenez ce simple exemple : Je dessine un diagramme et vous explique ce concept. Après quelques jours, vous présentez un simple CD audio de cette session à un de vos amis qui ne pouvait pas assister au discours. Vous n'avez pas vécu l'Expérience. Vous traduisez simplement mon expérience. Combien de choses pourrez-vous expliquer ? Quelle sera la qualité de votre explication ? Combien de choses pourra-t-il comprendre ? Pas grand-chose car il lui manquera tellement d'éléments qu'il y avait dans le diagramme. Vous ne pourrez pas lui expliquer, car vous n'êtes pas celui qui a fait l'Expérience.
J'explique à travers une image. Si vous voyez et entendez, vous serez capable de comprendre ; même avec ces éléments, il est difficile de comprendre la vérité. Donc si vous donnez simplement un CD audio à un ami qui n'a pas assisté au programme, combien de choses pourra-t-il comprendre ? De la même manière, s'il essaie de comprendre le CD et veut parler de ce discours à quelqu'un d'autre, jusqu'à quel point cela sera t'il correct ?
De la même manière que quelqu'un qui n'a pas assisté au discours, qui a simplement un enregistrement audio, ou seulement un livre, ne peut pas comprendre, la Bhagavad Gita est aussi un simple enregistrement audio, la retranscription d'un enregistrement audio. Ce n'est même pas un enregistrement audio. Si vous écoutez simplement l'enregistrement audio, vous pouvez au moins comprendre quelques éléments additionnels grâce aux modulations de la voix. Ici, même les modulations de la voix ne sont pas présentes. C'est la retranscription d'un enregistrement audio. Combien de choses pouvez-vous traduire et interpréter ?
C'est pour cette raison que Vivekananda insiste sans cesse, « ne lisez pas », ou « ne croyez rien qui vient d'une personne qui n'a pas directement fait l'expérience de cette vérité. »
Il dit autre chose d'encore plus important : « Ne vous occupez pas de ce qu'il dit ; occupez vous d'abord de qui parle. » Il accentue l'importance d'une expérience personnelle. Il ajoute : « Tous les livres de toutes les librairies de cette Terre ne peuvent vous conduire à la Vérité. Lorsque vous avez découvert la Vérité, vous n'avez besoin d'aucun livre. »
La compréhension, la compréhension intellectuelle, n'est pas égale à l'expérience. Comprendre est un phénomène de l'esprit. C'est un sous-produit de votre ego. Tout ce que nous comprenons est coloré par le filtre de notre esprit et de notre ego. C'est seulement de cette manière que l'esprit peut percevoir et comprendre. L'expérience, l'expérience spirituelle, transcende l'esprit et l'ego. Elle est pure, non teintée et permanente.
En s'exprimant et en comprenant, au mieux une personne peut exprimer un fait ou une opinion ; mais jamais la vérité ! Il faut faire l'expérience de la vérité pour pouvoir l'exprimer. Mais la compréhension intellectuelle fortifie la conviction d'un individu à propos de la vérité et cela est nécessaire pour que cet individu soit aspiré à faire cette expérience.
Pour ceux qui exprime leur expérience sous forme de dévotion, le mot utilisé est upasate. Le mot upassana peut être traduit de diverses façons. Lorsque vous voyez le Divin en chacun, lorsque vous exprimez la vérité d'une expérience spirituelle, tout ce que vous faites est l'upassana.
Un jour, quelqu'un est allé voir Ramanuja. Ramanuja est un Grand Maître. Sans Ramajuna, le sud de Bharat aurait totalement perdue sa spiritualité. Sankara était allé s'installer dans le nord de Bharat. Bien qu'il soit né et ait grandit dans le sud, il passait la plupart de son temps dans les régions du nord. C'est grâce à Ramanuja que la dévotion et la spiritualité ont prospérés dans le sud de Bharat. Ramanuja resta dans le sud de Bharat jusqu'à la fin de sa vie. De plus, Sankara ne vécu que trente-deux ans. Mais Ramanuja vécu durant de longues années ; il vécu sur la planète Terre pendant longtemps et il inspira des milliers de personnes à suivre le chemin de la spiritualité et de la méditation.
Soyez bien clair : Lorsque vous ne voyez pas le Divin en chacun, vous ne pouvez pas voir le Divin dans une statue ou dans aucun Maître. Donc, si vous ne voyez pas le Divin en tous les Etres humains, vous ne pouvez pas non plus voir le Divin en Dieu ou en un Maître.
Un jeune homme va voir Ramanuja et lui demande : « Maître, dites-moi s'il vous plaît comme accomplir bhakti, comme remplir mon devoir de dévotion, comme atteindre Dieu. » Ramanuja lui demanda en retour : « As-tu déjà aimé quelqu'un dans ta vie ? » L'homme fut secoué. Il dit : « Je suis Brahmachari* ; comment pouvez-vous me poser cette question ? Je suis venu vous voir pour mieux comprendre Dieu et vous me posez cette question ! »
*Brahmachari : Ce mot sanskrit se traduit littéralement brahma + acharya, c'est à dire, celui qui suit le chemin, qui est lié à (acharya) l'existence (brahma), ce qui veut donc dire, celui qui vie sans attentes. Il est plus commun de dire de nos jours, bien que cela ne soit pas correct, que c'est une personne qui vit dans le célibat.
Ramanuja dit à cet homme : « Va d'abord aimer quelqu'un ; vois comment tu te sens quand tu est amoureux de quelqu'un. Ensuite reviens me voir et je t'apprendrais à connaître Dieu. Je t'enseignerais bhakti. »
Cet homme était bien sûr déconcerté. Il ne pouvait pas comprendre ce que Ramanuja lui avait dit.
Si vous n'avez jamais pu ressentir de l'amour pour quelqu'un que vous pouviez voir, comment pourrez vous ressentir de l'amour pour quelqu'un qu'il vous est impossible de voir ? Si vous ne pouvez pas aimer les Etres humains, que vous voyez tous les jours, comment pouvez vous aimer Dieu que vous n'avez jamais vu ? Ce que Ramanuja dit est vrai. Il nous faut aussi comprendre qu'à moins que l'on rayonne l'amour là ou nous vivons, nous ne pouvons pas réellement aimer le monde entier, et surtout, nous ne pouvons pas aimer Dieu.
Je dis sans cesse aux gens qu'il est facile d'aimer le monde entier ; mais aimer votre propre vie est très difficile. Aimer le monde entier est très simple car vous n'avez rien à faire, vous devez simplement dire « J'aime le monde entier, j'aime le monde entier ! » Mais lorsque vous aimez votre vie vous devez changer d'attitude, changer votre esprit, changer vos paroles ; vous devez faire quelque chose. Vous devez faire quelque chose pour le prouver réellement.
Pour réellement aimer quelqu'un avec qui vous passez votre vie, pour que la familiarité ne devienne pas du mépris, vous devez abandonner votre « je » et votre « mien ». Aussi longtemps que votre époux (-ouse) vous appartient, ce qui se passe dans votre esprit et votre coeur est une forme de violence, et non d'amour. Vous devez contrôler l'autre, montrer que vous êtes en charge. Je vous assure, pour comprendre l'amour réel, vous devez abandonner ce sentiment de possession !
Le poète philosophe libanais Khalil Gibran parle de l'Amour dans son livre très célèbre le Prophète ; « Partagez votre pain avec ceux que vous aimez, mais ne mangez pas la même miche ». Partagez votre boisson avec ceux que vous aimez mais ne buvez pas du même verre. Vous ne vous possédez pas l'un l'autre.
Ceux d'entre vous qui pensent avoir tous les droits de dire ce qu'ils veulent à leurs époux (-ouse) – ne se sentiraient ils pas profondément offensé si on leur disait qu'ils n'ont aucun droit de le dire ? Réfléchissez : Oseriez-vous dire la même chose à un étranger ? Non ! Les courtoisies sociales ne s'appliquent pas aux époux, parce que vous dites que vous les aimez ! Combien d'entre vous, peuvent jurer la main sur le cœur, que tout ce qu'ils disent à leur mari ou à leur femme vient d'un amour complètement inconditionnel ?
Mais c'est seulement lorsque vous aimez votre femme, lorsque vous aimez réellement votre femme que vous pouvez commencer à comprendre comment aimer le monde. C'est là toute l'idée des rituels associés aux mariages et la raison pour laquelle ils sont considérés si sacrés. En développant ce lienl'amour entre deux personnes qui sont unies pour le reste de leurs vies- il est possible de développer cette expérience qui est la vérité. Cela emmène ensuite à l'expression de cette même vérité « l'amour pour le reste de l'humanité. » S'il n'y a pas d'amour réel entre mari et femme, comment est-ce possible pour eux de ressentir de l'amour pour le reste de l'humanité ?
Etre établit dans cette Conscience ou l'exprimer face à l'univers, ces deux points ne forment qu'un et sont pareils. Lorsqu'une personne est établie dans l'amour, elle rayonnera automatiquement. Soyez bien clair, si l'amour ne se manifeste pas, si l'expression ne se manifeste pas, cette personne n'a pas vécue l'expérience !
Lorsque l'expérience est réellement vécue, elle s'exprime automatiquement. L'expérience n'est pas quelque chose que l'on peut posséder ou garder dans son armoire. Non ! L'expérience vous possédera et coulera en vous. Elle s'exprimera sans vous demander votre avis.
Un disciple demande à un Maître Zen : « Un Maître réalisé parlera-t-il ? »
Le Maître dit : « Non, un Etre réalisé ne parlera jamais ; seulement une personne qui ne sait pas parlera. »
Il demanda ensuite : « Un Maître réalisé restera t'il muet alors ? »
Le Maître répondit : « Non, un Maître réalisé ne restera jamais muet. S'il reste muet, soyez bien clair, il n'est pas illuminé. » Le disciple était confus. « Vous dites qu'il ne parlera pas mais qu'il ne restera pas muet non plus ; que fera-t-il alors ? »
Le Maître répondit : « Il chantera, son Etre chantera. Il ne parlera, ni ne restera muet ; son Etre lui-même sera une chanson. »
C'est parce que vous ne pouvez pas posséder l'expérience, c'est l'expérience qui vous possèdera. Lorsque l'expérience vous possède, tout ce que vous faites sera une chanson ; quelque soit le mot que vous prononcerez, il sera une chanson. Votre Etre deviendra une lumière ; vous flotterez. Votre simple marche sera une danse ; votre langage du corps rayonnera de grâce. Toutes vos expressions seront un service, un grand service à l'humanité. Il dit de manière merveilleuse qu'un Etre illuminé ne restera jamais muet ni ne parlera, il chantera, tout simplement !
C'est pour cela que la Gita est écrite sous forme de chanson. La Gita, n'est pas une prose mais une chanson. De grandes vérités ne peuvent jamais être exprimées par la logique ; elles ne peuvent être exprimées que par la poésie. La prose est logique; elle a des limites ; elle est rigide. Mais la poésie, c'est l'émotion ; c'est l'amour ; ça coule !
Krishna dit : « Une personne qui est établie dans la conscience est formidable, mais une personne qui s'exprime, qui partage et qui rayonne automatiquement, sera bien plus grand que celui qui s'est ancré. Mais en vérité ; si un homme est établit dans la Conscience, il rayonnera automatiquement, il chantera. »
Laissez moi vous raconter une petite histoire d'un grand dévot, un bhakta, qui vivait à Varanasi. Il était un grand bhakta de Krishna. Il avait un petit livre de la Bhagavad Gita. C'est tout ce qu'il possédait, c'était toute sa fortune. Tous les matins, il se baignait dans la rivière sacrée du Gange en récitant le message de Krishna, la Bhagavad Gita avec toute sa dévotion. Il passait ses journées entières assit en méditant sur Krishna. Il était constamment en extase en pensant à Krishna. Il rayonnait la bhakti de Krishna, l'amour dévotionnel envers Krishna.
Bien sûr, on aperçoit souvent ce genre d'âmes en Bharat. Les gens peuvent simplement rester assis et être en extase, la société ne les perturbera jamais, la société prendra soin d'eux. Dans un autre pays, ils seraient appelés SDF, la police s'acharnerait sur eux en public, ils seraient mis dans un foyer, ne bénéficiant d'aucun respect. Mais cette culture est si magnifique ; même si vous vous asseyez, si vous êtes en extase, vous êtes respecté, vous êtes adoré !
Ce Bhakta est en extase, toujours en train de chanter le nom de Krishna, toujours en train de méditer sur Krishna ! Il est absorbé dans la Conscience de Krishna.
Un jour un mendiant vient le voir et lui demande : « Oh Swami ! Donnez moi quelque chose s'il vous plaît. Cela fait trois jours que je n'ai pas mangé. » Cela pose un grand problème au bhakta qui est lui-même un mendiant, et ne possède qu'un seul objet: le livre de la Gita. Il ne possède rien d'autre. Il n'a rien ; et est toujours en extase. Si quelqu'un lui donne quelque chose à manger, il mange ; sinon il chante simplement le nom de Krishna. Son seul objet personnel est le livre de la Bhagavad Gita.
Et ce mendiant vient demander de la nourriture car il n'a rien mangé depuis trois jours. Il se sent mal, il regarde autour de lui et ne voit rien. La seule chose qu'il voit est la Gita, qu'il a gardé avec lui et adoré depuis toutes ces années. C'est sa seule possession ; c'est presque son Dieu, elle représente tout pour lui !
Soudain, il prend son courage à deux mains et dit au mendiant : « Vois-tu, je n'ai rien ; je t'avoue que je ne possède que ce livre. Mais je peux t'assurer que si tu vas en ville et dis que ce livre m'appartient, si tu le mets aux enchères, il y aura forcément quelqu'un qui l'achètera ! Tant de gens me respectent ! Ils se sentent un peu comme mes dévots. Donc la bénédiction de Krishna est là. Vas juste au marché, et vends ce livre aux enchères. Prends cet argent, manges, satisfaits toi et sois heureux ! »
Le mendiant prit le livre et s'en alla. Le matin suivant, lorsqu'il allait chanter la Gita, le bhakta dit : « Oh Krishna ! J'ai donné Tes paroles pour que Tes mots se conservent. Quelle est Ta parole ? Ta parole est de rayonner bhakti, rayonner la dévotion, et de rendre service. Je viens d'offrir tes paroles pour que tes paroles survivent ! »
Ce bhakta était un vrai bhakta. Il avait vu la Vérité ; il en avait fait l'expérience. Il était donc capable de l'exprimer. Il pouvait traduire sa dévotion à Krishna, en donnant de l'amour et son service aux autres humains.
Conserver la parole de Krishna était beaucoup plus important que de garder le livre. Le bhakta conserva la parole de Krishna en l'abandonnant !
En réalité, si vous gardez le livre, si vous gardez sincèrement le livre et l'utilisez, vous ferez l'expérience ; vous rayonnerez Ses mots.
ªÉä i´ÉIÉ®ú¨ÉÊxÉnæù¶ªÉ¨É´ªÉCiÉÆ {ɪÉÖÇ{ÉɺÉiÉä ºÉ´ÉÇjÉMɨÉÊSÉxiªÉÆ SÉ EÚò]õºlɨÉSɱɯ wÉִɨÉ ºÉÆÊxɪɨªÉäÎxpùªÉOÉɍɯ ºÉ´ÉÇjÉ ºÉ¨É£ÉÖrùªÉ& iÉä |ÉÉ{xÉÖ´ÉÎxiÉ ¨ÉɨÉä´É ºÉ´ÉǦÉÚiÉʽþiÉä ®úiÉÉ&
```sanskrit ye tvaksaram anirdesyamavyaktam paryupaasate sarvatra-gam achintyam ca kuttasthamachalam dhruvam (12.3)
sanniyamyendriyagraamam sarvatra sama-buddhayah te praapnuvanti maam eva sarva-bhuta-hite rataah (12.4) ```
'Bhagavan continue : « Mais ceux qui adorent l'impérissable, le non manifesté, en étant conscient, cela qui se trouve audelà de la perception des sens, ce qui pénètre tout, ce qui est inconcevable, constant, immobile et permanent, ceux qui l'adorent en refrénant leurs sens, et travaillent pour atteindre un esprit égal pour le bénéfice de l'humanité, M'atteignent également. »
Krishna est un brahman saguna, le cosmos dans une forme physique qui s'est montrée sous cette forme à Arjuna dans son vishwarupa. Krishna est également le brahman nirguna, la Conscience sans forme. Il est Krishna à la fois dans la forme et dans le sans forme, la conscience divine qui a tous les attributs dont Krishna parle ici.
Aksharam est l'aspect impérissable du Divin ; toutes les autres choses matérielles dans ce monde peuvent venir et partir, apparaître et disparaître, mais le Divin est éternel. Anirdesyam est unique, il a un aspect incomparable qui ne peut être comparé à autre chose tellement il est suprême. Avyaktam signifie ce qui ne se manifeste pas, ce qui ne peut pas être comprit par les sens et donc ni par les pensées et l'esprit, achintyam, ce qui est la raison pour laquelle le corps et l'esprit d'un Etre doivent être transcendés pour pouvoir faire l'expérience du Divin.
Sarvatragam est l'aspect omniprésent, l'aspect sous lequel le Divin réside partout.
Le Prince Prahlad dit à son père démoniaque Hiranyakasipu qui défie son fils de prononcer le nom de Narayana qu'il déteste : « Narayana est partout ; Il est dans cette brindille, Il est dans ce pilier. »
Au moment où Prahlad dit ceci, à Vaikunta, Sa demeure paradisiaque, Vishnu ou Narayana comme il est également appelé, se relaxe avec son épouse Lakshmi. Il se lève en vitesse. Irritée, Lakshmi se plaînt comme le ferait toute femme : « Où vas-tu à cette heure de la nuit ? »
Vishnu répond : « Mon dévot Prahlad est sur le point de m'appeler. Je ne sais pas où il pointera du doigt, vers une brindille ou vers un pilier. Quelque soit l'endroit, je dois être prêt à apparaître. Je ne peux pas le laisser tomber. »
Le vrai dévot voit Dieu partout. Ramakrishna dit de l'amour d'un réel dévot que c'est comme l'amour d'une femme chaste envers son mari, comme l'amour d'un avare envers sa fortune énorme, la recherche désespérée d'une personne mondaine pour les plaisirs sensuels- tous imbriqués ensemble et adressés à Dieu, qui crée donc de la dévotion.
Le Brahman est également kutastham, inchangeable, achalam, immobile et dhruvam, qui garde le même aspect, forme et sans forme. Le vrai dévot qui suit une des deux voies avec conscience, avec ses sens concentrés sur Dieu en fait l'expérience et fait également l'expérience de la félicité de servir le reste de l'humanité. Le dévot voit Dieu en chaque personne qu'il rencontre. Son expérience de Son Dieu devient son expression de l'amour envers tous.
Radha commence à dire aux gopikas (gardiennes de vaches) : « Je ne sais pas ce qui s'est passé. Je ne sais pas ce qui se passe en moi. Je vois Krishna en tous ; Je ressens Krishna en tous. Je ne sais pas ce qui m'arrive. »
A cela, une des gopika répond : « Tu as bhakti ; bhakti comme Anjana (ombre à paupières noir) sur tes yeux. »
C'est comme ceci : lorsque vous portez des lunettes sombres, tout apparaît comme étant sombre. De la même manière, lorsque vous portez des lunettes d'une teinte verte, tout vous paraît vert. De la même manière, lorsque vous avez bhakti anjana dans vos yeux, quelque soit la personne que vous verrez, vous verrez Krishna apparaître, vous verrez le Divin apparaître.
Ici Krishna dit, la personne qui s'établit dans la Conscience suprême et la personne qui rayonne la dévotion sont identique. Ils ne sont pas deux groupes différents.
Comprenez : Krishna ne forment pas deux groupes ; Arjuna présente deux groupes en tant que la réalité qu'il voit : ceux qui s'ancrent et ceux qui rayonnent. Ici Krishna dit que les deux sont les mêmes. Il ne différencie pas deux groupes : ceux qui s'établissent et ceux qui rayonnent. Comprenez cela clairement.
Krishna dit qu'une personne qui est établie rayonnera toujours, et une personne qui rayonne sera toujours établie. Comme je vous le disais, c'est un cercle vertueux.
Ramakrishna dit : « Lorsqu'une cloche sonne, chaque coup a son propre son. Mais pourtant, même lorsque la cloche arrête de sonner, on peut toujours entendre un son. C'est de cette manière que Dieu apparaît à la fois dans la forme et dans le sans forme. »
Dans son Bhaja Govindam, Sankara dit : ```sanskrit Guru chranambuja nirbhara bhaktah Samsrat achirat bhava muktah Sendriya manasa niyamat evam Drikshasi nija hridayatvam devam ```
« Celui qui a contrôlé tous ses sens, qui s'est concentré sur son esprit, s'abandonne complètement au Maître, il voit Dieu dans son cœur. »
Krishna insiste encore sur le fait que lorsqu'un Etre a réalisé la nature sans forme du Divin, son éternité et sa nature non manifestée, avec les sens sous son contrôle, cet être travaillera pour le bien de l'humanité.
Une fois que l'expérience du sans forme se produit, elle n'est en rien différente de l'expérience de la forme ! Toutes deux mènent à la même vérité qui est que nous faisons partie de la conscience collective.
L'expression de cette réalisation est celle d'une profonde humilité et de compassion. Elle se manifeste sous forme de gratitude et d'abandon. On apprend à couler avec l'énergie de cet univers. On ne se bat plus contre les courants de la vie.
La philosophie chinoise de Tao parle du courant. Le roseau qui se plie sous l'effet du courant survie et fleurit. Le jeune arbre qui est trop rigide pour se tordre disparaît. Si nous sommes comme le roseau, en abandon complet devant ce qui nous entoure, en acceptant les choses comme elles sont, sans se battre à tout moment pour dire ce que l'on pense être nos griefs face à la nature, alors nous pouvons rester dans la félicité !
Nous sommes remplit d'ego, nous avons tendance à contrôler. Nous croyons que nous pouvons remettre l'ordre dans un monde chaotique. Il ne faut qu'un moment pour se rendre compte que cet univers entier et cette planète Terre ne fonctionne pas grâce à nous mais, malgré nous. Des millions et des billions d'étoiles et de planètes dans cet univers fonctionnent dans un chaos apparent. Cet univers semble toujours être dans le chaos.
Nous, remplis d'ego, voulons qu'il soit ordonné. En réalité, nous sommes chaotiques. La vérité est que nous sommes chaotiques. La vérité est très chaotique. C'est lorsque nous nous abandonnons à la volonté de l'univers que nous nous rendons compte que les choses se produisent calmement dans un certain ordre, dans le chaos. Lorsque nous arrêtons de vouloir, nous recevons ce que nous voulons. Lorsque nous recevons ce que nous désirons réellement, cela bénéficie l'humanité. Parce que, lorsque nous nous abandonnons, Krishna nous prend en charge.
Part 2: Bhagavad Gita Chapter 12