Affronter la mort
Pour bien vous montrer qu'il n'y a rien à perdre, le Maître vous projette dans l'insécurité absolue. Par profonde compassion pour vous, par souci profond de vous faire grandir, il ne vous apporte aucune sécurité. Faute de trouver la sécurité dans le monde, c'est Dieu que vous trouverez, et l'Existence que vous comprendrez.
Toutes vos peurs viennent du fait que vous n'avez pas encore clairement compris qu'il n'y a rien à perdre. Mais une seule expérience proche de la mort pourra vous montrer qu'il n'y a rien à perdre, qu'aucune de vos peurs n'est fondée. Voilà ce que le Maître cherche à vous faire comprendre, à sa manière.
N'essayez donc pas de fuir le Maître. Comprenez que s'il est là, c'est pour vous montrer ce que vous êtes vraiment. Votre nature innée est sans peur, mais au fil des années on a injecté la peur en vous. Le Maître cherche à briser ces couches de conditionnement que vous portez en vous depuis des années. Si vous lui permettez d'agir sur vous avec confiance et amour, vous verrez la transformation qui aura lieu en vous.
Un Swami de ma connaissance avait dans sa chambre une série de pendules qui indiquaient chacune une heure différente! Un jour je lui ai demandé de m'expliquer pourquoi. Il m'a répondu :
- Le temps n'est pas mon maître. C'est moi le maître! Selon l'heure que je veux, je choisis simplement l'horloge qui la donne.
Ce Swami avait déjà annoncé qu'il quitterait son corps un certain jour à une certaine heure.
Le soir qui précéda sa mort il demanda à tous ses disciples de l se réunir autour de lui pour chanter des hymnes.
Un des chanteurs qui avait une certaine arrogance quant à ses capacités musicales n'avait pas encore chanté à cette occasion.
Comme il en avait l'habitude, le Swami nota quelque chose sur un bout de papier et le lui fit passer.
Flatté, le disciple crut qu'il s'agissait d'une demande pour un l chant précis. Mais en dépliant le mot, il vit que le Swami avait de écrit ces mots : S'il te plaît, ne chante pas après ma mort!
Ce Swami restait d'humeur taquine même sur son lit de mort!
Tard cette nuit-là, le Swami donna des instructions à ses disciples de pour qu'ils prennent soin des orphelins qui vivaient à son ashram.
Il leur dit : «Demain surtout, pendant que vous serez tous occupés à préparer mon incinération, n'oubliez pas de servir à manger aux enfants!»
Il se souciait jusqu'à la dernière minute de ceux qu'il allait quitter.
Le lendemain matin, à l'heure dite, il leva les mains et fit namaskaar en salutation à tous. Et elles retombèrent comme le rideau tombe sur une pièce de théâtre.
Quelle belle façon, calme et courageuse d'affronter sa mort! C'est ainsi que nous devons rencontrer la mort, et c'est ainsi que nous devrions la considérer, même lorsque nos parents et nos proches nous quittent.
Affronter la mort
Quand vous comprendrez cela, toutes vos peurs se dissoudront peu à peu, car comme je le disais, toute peur prend racine dans la peur de la mort.
Swamiji, cette peur est-elle plus fréquente chez les femmes? ...
Les hommes sont plutôt dans muladhara chakra, et les femmes sont plutôt dans swadhishtana chakra. C'est pourquoi l'homme est plutôt dans la luxure et la femme plutôt dans la peur. En réalité les deux sexes le savent, et s'en servent pour s'exploiter réciproquement!
L'homme sait exactement où toucher la corde sensible de la femme. Il joue sur sa peur et son insécurité pour l'exploiter. De même, la femme sait où va la clé chez l'homme! Elle joue habilement à ce jeu pour l'exploiter. Voilà le quotidien du mariage.
En fait, pendant le mariage hindou, il y a un moment où l'homme et la femme font vœu réciproquement d'œuvrer à l'épuisement de leurs karmas mutuels, des actions et de leurs actions et désirs inaccomplis, et ce de manière douce pour ne pas accumuler plus de karmas dans cette vie.
Mais de nos jours les mariés n'ont même pas conscience de faire ce vœu, parce que ce ne sont pas eux qui se marient ... ce sont les prêtres eux-mêmes qui chantent tous les textes, et donc eux qui se marient!
C'est un si beau vœu! Nous avons accumulé tant de karmas au cours de nos vies. Notre seule préoccupation devrait être de les épuiser au cours de cette vie pour atteindre la libération.
Mais que faisons-nous? Nous nous exploitons l'un l'autre en iouant au jeu de la séduction et de la revanche. Nous en rajoutons à nos karmas mutuels, nous restons enfermés dans le cycle de la vie et de la mort. Et pire, nous nous blâmons mutuellement. En observant de l'extérieur le scénario du mariage vous comprendrez comment chacun se fabrique ses propres karmas mais finit par blâmer le monde entier.
C'est en observant ce jeu de l'extérieur que vous en comprendrez la stupidité. J'ai souvent dit qu'il est facile pour les acteurs professionnels de prendre la vie comme un jeu, car ils passent leur temps à choisir des rôles et à les jouer. Ce sont ceux qui voient le mieux la vie comme une grande pièce de théâtre. Nous autres, nous sommes si enfermés dans nos rôles qu'ils deviennent pour nous une solide réalité.
Les femmes sont les plus peureuses car elles sont ainsi faites psychologiquement. L'homme et la femme sont différents, physiologiquement et psychologiquement.
Swamiji, comment surmonter la peur des petites choses?
Rappelez-vous d'abord que toutes les petites peurs ne sont que des projections de la peur ultime de la mort. Ensuite, ne résistez pas à la peur qui est en vous. Continuez de vous répéter que