Affronter la mort
vous avez peur, et avancez! Soudain vous verrez que la peur n'est plus là, que vous l'avez traversée. Faites ceci chaque fois que vous aurez peur.
En travaillant consciemment ce point, vous verrez que ce que vous appelez peur n'est que votre propre réaction à un incident ou à une pensée. Votre réaction vous indiquera si oui ou non vous avez eu peur. Avec une conscience de plus en plus lucide. vous saurez réagir sans peur à la peur!
N'oubliez pas que personne ne peut prétendre être sans peur. On peut apprendre à gérer la peur sans prendre peur, c'est tout. Si quelqu'un prétend être sans peur, il est clair qu'il n'a pas analysé à fond le sujet de la peur et des réactions qu'elle provoque chez l'être humain. Ne croyez pas que c'est un surhomme et que vous n'êtes qu'un nain à côté.
Swamiji, je me rappelle comment vous m'avez libéré de ma peur des araignées! Un jour j'ai sursauté en voyant une araignée et vous avez ri de moi. Vous m'avez dit de méditer sur l'araignée chaque fois que j'en verrais une. J'ai suivi ce conseil méticuleusement, en me concentrant de façon très consciencieuse. J'ai fini par me demander pourquoi j'avais peur!
Oui, il s'agit simplement de devenir conscient de nos peurs. Et vous vous demanderez finalement de quoi vous aviez si peur!
Swamiji je me rappelle que nous étions tous debout autour de vous dans le Gange, dans l'Himalaya, et qu'un petit serpent d'eau s'est approché. Pendant que je paniquais dans l'eau Anupama le regardait calmement, même lorsqu'il l'effleurait Vous m'avez ensuite repris pour avoir manqué de lucidité à ce moment, qui plus est en votre présence.
Oui! Vous comprenez maintenant ce que j'entends par une conscience en éveil.
Le seul moyen de nous dégager de nos peurs est de les visualiser de et de les traverser comme une réalité par le pouvoir de notre réalisation. Vous pouvez même vous asseoir seul et imaginer que e vous êtes saisi par elles. En imagination, vous les affronterez consciemment et calmement. Si vous êtes affecté par cette visualisation, peu importe. Ne refoulez rien, ne condamnez rien. Si votre corps tremble de peur, laissez faire. Coopérez avec votre intelligence et restez fluide. Tout ce que vous aurez totalement vécu n'aura plus d'effet sur vous. Vos peurs ne sont rien d'autre que la peur de vos peurs!
Un disciple se retrouve pris un jour dans une rivière. Terrifié à l'idée de perdre la vie, il crie à son Maître de le sauver de la noyade.
Le Maître dit :
Mets-toi debout!
Le disciple crie :
- Comment faire? Je me noie.
Affronter la mort
- Ne t'ai-je pas appris à t'aider toi-même? Mets-toi debout!
Maître tu me fais la leçon alors que je vais mourir, au lieu de me sauver!
Le Maître persiste :
J'ai dit, debout!
Le disciple enrage devant la persistance du Maître.
Et il se met debout. L'eau lui arrive aux genoux !.
Toutes vos peurs ne sont que la peur de vos peurs. Si vous les secouez en permettant à votre intelligence d'émerger, vous verrez que ces peurs ne sont que l'ombre de choses qui n'existent pas.
Si vous analysez bien la peur de la mort, vous verrez que les gens ont peur de mourir parce qu'ils se disent inconsciemment qu'ils devraient déjà avoir atteint un plus haut niveau que celui où ils sont actuellement. Ils se disent qu'ils n'ont pas encore trouvé leur vraie place dans la vie. C'est pourquoi ils n'ont pas encore envie de partir.
Certains pensent qu'on leur a jeté un sort et que le mauvais œil les empêche de progresser! La vérité, c'est que vous n'avez pas pris soin de bien avoir l'œil sur vous-même. C'est pourquoi, même sur vos derniers jours, vous retardez votre mort.
Analysez et comprenez bien vos désirs, vos peurs et vos autres émotions. Alors vous ne pourrez plus blâmer personne pour quoi que ce soit.
Les personnes qui mènent leur vie sans ces louvoiements de peurs sauront vivre aussi leur mort. Comme je le disais plus tôt. nombreuses sont les histoires de Maîtres qui ont annoncé à leurs de disciples la date exacte et l'heure précise de leur mort.
De nombreux disciples ont ainsi appris de la mort de leur Maître de ce qu'ils n'avaient pas su tirer de son enseignement alors qu'il était vivant. Par vivre leur mort, nous entendons que ces Maîtres étaient capables de prédire leur mort et de la vivre consciemment. Dans ce cas, mourir c'est littéralement quitter son corps.
Nous quittons notre corps inconsciemment, au milieu d'une grande souffrance. Nous sommes torturés d'un côté par le déchirement des désirs insatisfaits, de l'autre par un corps qui nous dit qu'il en a assez. Le décalage entre l'esprit et le coms nous torture tant que nous sommes vivants, et encore au moment de notre mort. Si nous vivons notre vie dans les limites de notre corps, nous pourrons le quitter paisiblement.
Le problème c'est que nous vivons toujours à l'extérieur de notre corps, jamais en lui.
Laissez-moi vous expliquer ce qui se passe :
Regardez vous vivre attentivement. Tôt le matin, en vous brossant les dents, que faites-vous? Vous pensez déjà à votre travail. Au travail, vous pensez à prendre le bus pour rentrer chez vous. Et chez vous pensez à la journée de travail du lendemain!