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Mais Swamiji, nous ne sommes pas violents dans le quotidien

C'est vous qui pensez être amical et non-violent. Mais ce que j'entends par amitié n'est pas ce que vous avez à l'esprit. Observez-vous de près : quand vous marchez dans la rue ou dans votre jardin, vous cassez ou arrachez inconsciemment des morceaux d'arbre des feuilles, des fleurs, vous donnez des coups de pied dans les cailloux, vous tirez sur les plantes grimpantes. etc ... Ce sont des actes violents.

En marchant dans votre jardin regardez de près une fleur ou une feuille, avec une révérence et un amour profonds. Ressentez sa beauté dans votre cœur, tout en la regardant amoureusement. Connectez-vous par le regard aux merveilles de l'Existence. Touchez-les comme si c'était un nouveau-né. Ressentez l'émotion qui monte du tréfonds de votre être.

Pensez maintenant au nombre de fois où vous avez arraché la même fleur ou la même feuille en passant, pour la jeter ensuite ailleurs. Comprenez-vous la différence entre les deux émotions, les deux attitudes? Alors dites-moi maintenant, vous trouvez-vous si amical envers toute chose et envers chacun?

Considérez tout avec lucidité, la conscience en éveil. Pour le moment vous fonctionnez à partir de votre inconscient, vous traitez violemment les choses sans même savoir que vous êtes violent.

Si vous aviez une conscience éveillée, vous verriez l'immense beauté qui est en elles, et vous les traiteriez avec amour.

Et voyez comment vous abusez de votre corps! En mangeant trop, vous perturbez votre merveilleux appareil digestif. Vous restez éveillé tard la nuit, alors que votre corps soupire après le repos. Vous fumez et vous buvez, tout en sachant que c'est mauvais pour vous. Vous me direz ensuite que vous traitez votre corps en ami! Certains d'entre vous détestent leur corps, et par conséquent ils le négligent.

Cessez de parler de la violence extérieure. Commencez à vous occuper de celle qui est en vous. Alors la violence extérieure cessera automatiquement. Nous sommes toujours prêts à montrer du doigt les imperfections des autres. Que dire de toutes les nôtres?

Un homme vient me voir et me parle de sa famille. Il me dit que sa femme est avocate. Je lui dis :

  • Oh, elle plaide à la cour? Il me répond :
  • Non non, Swamiji, elle argumente à la maison!

Nous sommes prêts à désigner les autres et à vitupérer. Tâchons plutôt d'éliminer nos propres impuretés. Alors, les disputes cesseront naturellement à l'extérieur.

Ayez des paroles bénéfiques pour vous et pour les autres.

Soyez amical envers le corps, l'esprit et l'être des autres. Cette spiritualité appliquée ne consiste pas à sonner la cloche dans la pièce de pooja en priant la Déesse Lakshmi pour obtenir la richesse, mais à s'imprégner des qualités de Lakshmi, de grâce et de bonne volonté. La richesse viendra alors toute seule.

Nous pensons tous qu'il suffit de faire des rituels et que nous en aurons les résultats.

Non. Chanter Ram Ram mille fois par jour sans la moindre intention ni le moindre désir de vous laisser transformer revient à chanter Coca-Cola mille fois par jour!

Le principe des rituels, c'est de les comprendre et de s'en imprégner pour se transformer. Les résultats matériels suivront alors sans faute.

Une fois que vous serez capable d'être amical envers l'autre, ayez la patience et la persévérance qui sont nécessaires à la transformation de vos émotions. Vous finirez par faire l'expérience du suprême, et de l'émotion réciproque qu'est l'amour. L'autre vous renverra cette émotion transformée, et voilà! Votre être sera dans la félicité! Votre méditation aura abouti!

Quand l'amour devient le centre de l'être, la sexualité devient l'union profonde de deux êtres. Le problème est que l'amour véritable reste occulté, car la luxure a pris le dessus. Le résultat est que les deux êtres ne se rencontrent pas. Seuls les corps se rencontrent. La relation reste très superficielle. Et tout ce qui est superficiel s'écroule facilement. Il faut à toute chose une racine solide pour ne pas être ébranlé, c'est évident.

De plus, la luxure nous aveugle. Elle vous procure une ivresse inconsciente. L'amour aussi est enivrant, mais son ivresse conduit à un éveil plus profond. C'est un état si merveilleux. Amour et luxure sont les deux extrémités du même spectre.

Tout ce qui vous apporte un éveil profond est méditation. Tout ce qui vous rend inconscient est défavorable. Avec cette échelle de mesure vous saurez dire si une expérience est bonne ou non pour vous.

De plus, si votre amour est profond, il n'y aura pas de place pour la jalousie. La jalousie naît lorsque vous avez peur que les racines peu profondes cèdent. Si les racines sont profondes, pourquoi avoir peur? Pourquoi être jaloux? Comprenez que votre confiance en votre partenaire est hésitante pour la bonne raison que la relation est superficielle, qu'elle est basée sur les fantasmes et la luxure.

Vous n'aimez pas d'amour si vous n'aimez qu'une seule personne. La vie entière est amour! L'amour doit transpirer de votre être, pour l'Existence. L'être qui s'exprime par la tête est intelligence. Quand il s'exprime par le cœur, il est compassion, Quand il s'exprime par le corps il est énergie. Et quand au lieu de s'exprimer il est, il est félicité!

Quand vous serez à ce niveau, vous ne dépendrez plus de qui que ce soit d'extérieur pour ressentir de la joie. A l'intérieur de vous-même, la joie résonnera en permanence. Et bien sûr, vous la répandrez en la partageant avec les autres.

Quand vous vous sentirez profondément connecté à quelqu'un, vous n'aurez pas besoin de sa proximité physique. Vous vous sentirez heureux et satisfait d'être connecté à cette personne. Vous vous sentirez entier, et vous n'aurez besoin de rien d'extérieur pour votre accomplissement. Cette relation ne souffrira ni de la séparation ni de rien d'autre.

Une relation est un sentiment de connexion avec quelqu'un à un niveau profond, au-delà de tout. Faute de comprendre cela, vous vous liez aux gens en leur posant vos conditions, et vous appelez cela une relation. Quand elle devient branlante vous en concluez que les relations sont une torture!

Il y a des gens qui me disent « Swamiji, je veux venir vivre à l'ashram. Je ne suis pas heureux chez moi ».

Je réponds toujours que celui qui ne peut pas vivre avec quatre personnes chez lui ne pourra pas être heureux avec cent personnes à l'ashram! Vous prenez l'ashram pour un refuge de fugitifs.

Comprenez bien que votre foyer n'est rien d'extérieur à vousmême. Étre toujours dans la félicité quoiqu'il arrive, voilà ce qu'on appelle se sentir chez soi. Si vous n'en êtes pas capable, vous ne vous sentirez chez vous nulle part.

Dans la cabane d'environ huit mètres carrés où j'ai passé plusieurs mois, j'éprouvais la même félicité qu'aujourd'hui sur ce trône. Je vous demande de comprendre que cela est possible grâce à cette compréhension : que votre bonheur ne dépend pas des objets extérieurs.

Un chien mord un os et sa bouche se met à saigner. Il croit que le sang vient de l'os, et il continue de le mordre et d'avaler le sang. Que récolte le chien? Rien que de la douleur. Vous faites la même chose. Croyant que le plaisir ou la douleur viennent des choses extérieures vous vous y plongez de plus en plus, et vous devenez malheureux. Vous suivez?

Swamiji, comment pouvons nous épargner ce genre de problème à nos enfants?

En toute franchise, ce n'est guère possible. Vous ne pourrez pas contrôler toutes les interactions de l'enfant avec la société. Mais il y a certaines choses que vous pouvez faire dans votre foyer.

Comme je l'ai dit, ne supprimez pas l'autre moitié de l'enfant Laissez-le la vivre, permettez-lui de l'exprimer de multiples manières. N'exacerbez pas son sens du masculin ou du féminin.

Laissez l'enfant être ce qu'il est naturellement et donnez-lui l'occasion de s'explorer de manière adéquate. Les enfants qui ne sont pas contaminés par le conditionnement social sont par nature très à l'aise avec eux-mêmes.

Vous avez sans doute observé les bébés jouer avec leurs organes génitaux, mettre leur gros orteil dans la bouche ou faire d'autres cabrioles semblables. Tout cela montre qu'ils sont à l'aise dans leur propre domaine pour explorer et s'amuser. Mais nous ne le leur permettons pas. Nous les arrêtons immédiatement. Nous leur disons que ce n'est pas bien. Il est bon de les laisser faire leur exploration.

Et à propos de leurs vêtements, il est toujours mieux de leur mettre un vêtement d'une seule pièce plutôt qu'un deux pièces. Ce dernier leur donne le sentiment d'avoir le corps coupé en deux, et avec le temps ils deviennent insensibles à la deuxième moitié de leur corps. C'est presque une division de leur Conscience. Voilà pourquoi si on vous demande de vous visualiser c'est presque toujours votre moitié supérieure qui vous vient à l'esprit. Vous négligez tout simplement votre partie inférieure.

Laissez à l'enfant sa liberté, même si cela signifie pour vous prendre certains risques. Les enfants ont en eux un certain sens intuitif et instinctif. En prenant les précautions nécessaires, vous pourrez les laisser mener leur exploration.

Les enfants s'expriment dans la totalité. Ne les réprimez donc pas. Ils ne savent pas créer mentalement ni manifester un comportement superficiel et hypocrite. Nous avons tous maîtrisé l'art de l'hypocrisie en permettant à notre mental d'être restrictif. Nous ne nous exprimons jamais dans la totalité.

Laissez-les aussi se servir librement de leurs deux mains. Nous les empêchons parfois de se servir de la main gauche. Pourquoi l'enfant ne serait-il pas ambidextre! Il n'y a aucun mal à cela. L'Arjuna du Mahabharata était ambidextre, le saviez-vous? Nous entendons ces choses avec révérence mais sans comprendre que nous aussi nous en serions parfaitement capables, si nous en donnions l'occasion.

Autre chose, vous avez dû remarquer que tous les enfants adorent faire le tourniquet. Tourner sur eux-mêmes est leur façon de permettre à leur énergie de se recentrer. On ne peut tourner ainsi que si le manipuraka chakra autour du nombril est propre. Les enfants sont innocents et sans souci, et ils le font donc sans peine. Mais les laissons-nous faire? Ils nous donnent le vertige et nous les arrêtons en disant : «Assieds-toi quelque part! Ce n'est pas bon pour la santé!», etc. Laissez-les tourner, mettez simplement une couverture sous leurs pieds pour qu'ils ne se fassent pas mal s'ils tombent.

N'injectez pas non plus la peur chez votre enfant! Laissez-le libre de grimper, de tomber aussi parfois. Décourager constamment l'enfant peut créer diverses phobies comme la peur de la hauteur de l'obscurité ou autre, qui deviendront plus tard la peur de grimper, la peur de prendre des décisions nouvelles, etc. Suivez simplement ces quelques points, et tout ira bien.

Swamiji disait que le partenaire parfait n'existe pas. Alors de pourquoi fait-on en Bharat les horoscopes de compatibilité?

Si je me lance sur ce sujet il me faudra démolir toute la structure de l'astrologie!

Pas de l'astrologie en soi, mais de l'usage stupide et insensé qu'on en fait de nos jours.

S'il s'agit de votre vie, si c'est vous qui la vivez, vous devriez en connaître les tenants et les aboutissants. Mais vous ne savez rien de votre vie, et c'est à quelqu'un d'autre que vous demandez de l' vous en parler? Où est passée votre intelligence?

Abandonner votre vie à un étranger, le laisser prendre vos décisions pour vous, tout cela montre que vous ne savez même pas diriger votre propre vie. Soyons clairs, c'est à vous de mener votre vie.

Quand quelqu'un vient me poser des questions sur son avenir, je lui dis : ne venez pas me voir pour me demander ce que sera votre avenir. Venez me voir si vous voulez que je vous aide à mieux concevoir votre avenir. Toutes ces prédictions ne sont que pour les faibles d'esprit, soyons clairs là-dessus.

t'astrologie ancienne était une science pure. Elle avait sa part de l' vérité.

I aissez-moi vous expliquer comment l'astrologie a évolué.

Auparavant, quand on envoyait un enfant étudier auprès d'un maître, à la gurukula, on faisait son diagnostic astrologique afin de déterminer son type de personnalité, ainsi que les attitudes et aptitudes naturelles qui étaient les siennes. Il recevait ensuite la formation correspondante.

De même, dans les temps anciens, les distinctions de caste ne dépendaient pas de la naissance, elles dépendaient du caractère et des aptitudes naturelles de la personne.

Une fois le jeune garçon admis à la gurukula, l'école du Maître, ce dernier discernait ses tendances naturelles. Si ces tendances étaient du type brahmane, dominé par l'intelligence, le garçon était initié à Veda Vidya, l'étude des textes védiques. S'il avait la personnalité d'un kshatriya, dominée par la force et la bravoure, il était formé aux arts martiaux. S'il montrait des tendances de vaishya, avec de grandes capacités commerciales, il était préparé au monde des affaires.

S'il semblait posséder les qualités de shudra, si le travail de routine faisait son bonheur, il était formé aux services divers. Les quatre rôles étaient d'égale valeur et jouissaient du même respect.

Voilà donc à quoi servait alors l'astrologie. C'était la science du diagnostic. Regardez autour de vous : aujourd'hui presque tout le monde est au mauvais poste! Le médecin par tempérament est ingénieur, l'ingénieur est fonctionnaire, etc.! D'où le chaos total qui est ressenti dans la société. Et quand celui qui a un tempérament d'homme d'affaires entre en spiritualité, que se passe-t-il? La spiritualité se transforme en fonds de commerce!