La Culpabilité Détruit L'intelligence
J e vais vous raconter une petite histoire.
Dans un petit village, le prêtre du Temple vivait avec sa famille un peu à l'écart des habitations. C'était un homme pieux qui passait tout son temps à s'occuper de la divinité locale. Il lui faisait prendre le bain, la décorait de fleurs fraîches et lui offrait le puja quotidiennement. Tous les villageois respectaient sa famille.
Une nuit pluvieuse, juste après le repas du soir, le prêtre se détendait avec sa famille. Il entendit quelqu'un frapper insistamment à la porte. Il fut surpris, car d'habitude, aucun villageois ne venait à cette heure de la nuit. Il ouvrit la porte et trouva une jeune femme debout là, complètement trempée. Elle était superbe et très bien habillée.
Elle demanda au prêtre, 'S'il vous plaît, puis-je rester chez vous pour la nuit? Je voyage vers la prochaine ville, mais il pleut trop maintenant. Je serai partie demain. Je partirai demain.'
Le prêtre ne savait pas que faire. Il appela sa femme et lui fit part de la situation. La femme aperçut la pauvre fille debout et tremblante sous la pluie. Pleine de compassion, elle lui fit immédiatement signe de rentrer, lui donna des habits secs, un repas chaud et un lit confortable pour la nuit.
Le lendemain matin, la femme les remercia pour leur générosité et s'apprêta à partir. Alors qu'elle attendait une calèche, le prêtre et sa femme commencèrent à lui parler. Ils lui dirent, 'En Bharat, nous n'hésitons pas à poser des questions personnelles. Qui êtes–vous ? D'où venez-vous ?'
La femme répondit, 'Je suis la favorite du roi. Ma mère vient de tomber subitement malade, je vais donc lui rendre visite.' Comme la calèche arrivait, elle partit.
Le prêtre et sa mère furent boulversés. Ils se dirent, 'Quel grand péché nous avons commis en nourissant et en hébergeant cette courtisane.' Ils se précipitèrent au puit, puisèrent de l'eau et nettoyèrent toute la maison ! Ils brulèrent le lit
VOUS N'ÊTES PAS PÉCHEUR!
dans lequel elle avait dormi et se lavèrent complètement afin de se purifier du péché d'avoir hébergé une courtisane dans leur maison remplie de statues de Dieux.
Ils se sentaient si coupables qu'ils se rendirent même au temple et commencèrent à pleurer : 'O Seigneur, s'il te plaît pardonne-nous d'avoir offert un repas et un lit à cette femme de petite morale. Même si elle n'est restée qu'une nuit, nous sommes coupables d'avoir péché contre toi ! Pardonne-nous !
Soudain, le prêtre entendit une voix venant des cieux. La voix se lamentait également. Le prêtre et sa femme furent surpris. Le prêtre demanda, 'Qui pleure donc ?'
La voix répondit ; 'Je suis Dieu. Je pleure.' Le prêtre fut choqué. 'Mais pourquoi pleurez-vous?' Dieu répondit, 'Vous avez hébergé une courtisane toute la nuit et vous pensez que c'est un grand péché. Je lui donne à manger et l'héberge tous les jours, elle et bien d'autre aussi ! Où vais-je expier mes péchés? Voilà pourquoi je pleure !'
Contemplez la morale de cette histoire. Le prêtre et sa femme croyaient en fait qu'ils étaient plus saints que la courtisane. Ils lui offrirent un lit avec un sentiment de supériorité et non pas par compassion réelle. Cette attitude était motivée par l'ego.
Toutes les culpabilités qui nous paralysent, nos règles, nos moralités, tous nos concepts du bien et du mal ont été créés par ce type de personne. Je parle ici des personnes qui se croient plus saintes que les autres, celles dont la morale est en fait très superficielle, celles qui pensent être plus pures que les autres et se sentent supérieures sous prétexte qu'elles sont prêtres. Ce sont ces personnes qui ont créé les règles qui génèrent de la culpabilité en vous.
Selon moi, la culpabilité est le plus grand péché que l'homme puisse commettre! Cette culpabilité vous torture alors que vous êtes vivants, tandis que les autres péchés ne vous punissent qu'une fois que vous êtes mort ! Mais cette culpabilité vous torture alors que vous êtes encore vivant!
Regardez un peu plus en profondeur. D'où provient la culpabilité? Et bien, elle provient de notre idée du bien et du mal- de notre conception de ce qui est bien et mal. La culpabilité provient de là. Qu'est-ce qui est bien? Qu'est-ce qui est mal? Analysons cela de plus près. Existe-t-il une échelle capable de mesurer le bien et le mal?
Dans l'Hindouisme, le régime végétarien est de rigueur. Par contre, la viande est permise dans le Christianisme. Dans l'Hindouisme, on ne peut se marier qu'une seule fois, tandis que dans l'Islam, on peut se marier jusqu'à quatre fois. Il est interdit aux Hindous de boire de l'alcool, alors que les chrétiens consomment du vin de manière rituelle! Il existe tant de règles, tant de réglements qui diffèrent selon l'endroit, selon les situations, selon les sociétés.
Pour l'un, un aliment est tel l'amrita- un nectar- et pour l'autre, le même aliment est un poison!
En Inde du Sud, le poisson est un plat non-végétarien. Au Bengale, on appelle le poisson 'Gangaphal'- le fruit du Gange sacré ! Les brahmins (la caste des prêtres) Bengalis mangent du poisson et ce poisson est considéré être une nourriture végétarienne. Au Bengale vous ne trouverez jamais de maison sans un petit étang devant l'entrée! Ils y élèvent des poissons. Ils mangent du poisson frais ! Ramakrishna Paramahamsa avait pour habitude de manger du poisson régulièrement. Pour les Bengalis, le poisson, les sucreries et le tabac sont des denrées de base. Ramakrishna fumait également ! Vivekananda fumait ! Pourtant, tous deux étaient réalisés, bien sûr, ils ne fumaient pas par dépendance, mais utilisaient cette technique pour rester dans le corps. Les maîtres illuminés créent des habitudes qui les aident à rester dans les limites de leur corps et sur la planète Terre, car sans cela, l'état de samadhi dans lequel ils vivent peut leur faire quitter le corps.
Alors dites-moi, quelle est la soit disante 'morale'? Elle est juste relative aux coutumes et traditions locales! A la longue, ces coutumes se standardisent et perdurent sous la forme de principes moraux. Si vous lisez les écritures anciennes, les épiques Hindues, comme le Mahabharata, vous constaterez que la princesse Draupadi était mariée à cinq hommes! Kunti avait cinq fils de cinq pères différents! Aujourd'hui on la mettrait derrière les barreaux! Il existe tant de styles de systèmes différents, tant de coutumes.
Il existe tant de différents types de morale, tant de structures de vie et tant de manières de penser différentes. Au cours des époques, des lois différentes ont été érigées par différents leaders. Pour une société, une chose est considérée morale, alors que pour la société voisine, la même chose est immorale.
Ici, aux USA, dans un état particulier, les casinos sont autorisés alors que dans l'état voisin, ils sont interdits! Une rivière sépare les deux états et la frontière entre ces deux états est au milieu de cette rivière. Et d'un côté de la rivière en question, il y a un énorme casino! D'un côté, c'est légal, de l'autre c'est illégal! Une chose est légale d'un côté et la même chose est illégale de l'autre côté.
Alors comment peut-on mesurer le bien du mal ? Où est l'échelle de mesure du bien et du mal ? Il n'y a pas d'échelle. C'est pourquoi nous possédons deux écritures au sein de Sanatana Dharma - le système de la vertu. Sanatana Dharma est un autre nom de l'Hindouisme. Sanatana Dharma est le seule dharma assez courageux pour avoir deux types d'écritures. Dans toutes les autres religions de la planète, il n'y a qu'une écriture, qu'un livre ultime. Et dans la plupart des religions, l'écriture ne peut pas être réactualisée.
Sanatana Dharma est la seule religion annonçant que ses livres saints peuvent être réactualisés. Les écritures sont divisées en deux catégories : Sruti -constitués des Védas et des Upanishads- et Smriti les récits épiques, les livres relatifs au 'comportement' etc. Sruti expriment les lois ultimes de l'illumination, de l'Atman, du Soi, de Brahman, de la divinité et du concept de la réalisation de Soi, les lois de l'univers, etc. Smriti traitent des lois sociales ainsi que des réglements journaliers.
Les Hindous sont les premiers à déclarer que les Smriti peuvent être changés. Selon les époques, les maîtres illuminés peuvent créer des nouveaux Smriti, car ils savent qu'aucun principe moral ne peut être principe moral éternellement. Aucune loi ne peut être une loi pour toujours car la morale et les lois sont deux choses basées sur les circonstances, l'environnement et les gens qui sont investis dans toute l'affaire ! Par exemple, on autorise la chasse quand la population de biche devient trop importante. De la même manière, dans le passé, quand la population de vache devenait trop importante en Bharat, on décidait de les offrir en sacrifice. Et dès que le nombre de vache tombait à son niveau le plus bas, on recommençait à nouveau à les adorer! Tout cela était effectué avec une conscience de l'harmonie.
Ces lois sont créées pour maintenir l'équilibre dans la société, pour maintenir l'harmonie dans la société. La vie communautaire requiert un certain bon sens. Par exemple, vous n'essaierez pas de me tuer et je n'essaierai pas de vous tuer. C'est une règle de base. Nous pouvons ainsi vivre ensemble sans peur. Au début, des accords tacites sont mis au point. Petit à petit, ces accords deviennent des règles. Puis, ces règles deviennent des principes moraux.
Tant que vous comprenez la source de ces principes moraux, vous ne vous comportez ni de manière immorale, ni vous ne vous sentez étouffés par ces règles. Les problèmes commencent lorsqu'on ne nous renvoie pas à la source de ces règles. Non seulement, nous essayons alors d'enfreindre ces lois, mais créons aussi une profonde culpabilité en les enfreignant. Parce que nous manquons de clarté, nous nous retrouvons piégés dans une spirale de culpabilité.
Vous essayez toujours d'enfreindre les lois qui vous sont imposées! Par exemple, vous dépassez toujours les limitations de vitesse lorsque vous ne voyez pas la police aux alentours! En fait, faire ce que vous n'êtes pas supposé faire a comme un goût d'aventure et met du piment dans votre vie!
Un jeune garçon était dépendant à la cigarette. Il vint me voir pour me demander mon aide. 'Maître, aidez-moi à arrêter de fumer. Je ne sais pas comment je suis devenu accro à la cigarette! S'il vous plaît, aidez-moi! '
Je lui demandai,' Comment as-tu commencé?'
Il répondit, 'Maître, je n'ai jamais vraiment voulu fumer. En fait, j'ai toujours détesté l'odeur de la cigarette! Un jour, mon ami et moi parlions dans un coin. Mon ami fumait. Mon Père nous vit de loin et pensa que je fumais avec lui. Dès que je rentrai à la maison, il commença à me disputer. J'essayai de mon mieux de lui expliquer que je ne fumais pas, mais il n'était résolument pas prêt à m'écouter. Je me dis alors, puisqu'il m'a déjà disputé et refuse de m'écouter, pourquoi ne pas fumer? Je suis déjà puni de toute façon! Voilà comment je me suis mis à fumer. '
La plupart du temps, nous nous sentons poussés à faire ce qu'on nous demande de ne pas faire. Nous éprouvons une sorte de satisfaction à le faire. C'est une tendance de base chez tous les êtres humains. Vous prouvez que vous êtes un 'homme' lorsque vous dites non à vos parents. Tant que vous dites oui, vous restez un enfant. Vous vous sentez immature. Et dès que vous dites non, vous vous sentez adulte! C'est une tendance très répandue.
Vous pouvez observer cela très bien chez les adolescents, spécialement dans les pays occidentaux. Ils se sentent adulte et matures à partir du moment qu'ils disent non! Ils se sentent matures car ils sont capables de dire non à leurs parents. Voilà pourquoi il y a tant de groupes rebelles, tant de 'gangs'. Dire non est une profonde satisfaction.
Dire non peut nous rendre dépendants. Lorsque nous disons non, nous cherchons à prouver que nous sommes quelqu'un de spécial, quelqu'un de différent. Aussi longtemps que nous nous nourrissons de morale à la petite cuillère, sans conscience, nous réagissons de deux manières différentes : premièrement, nous essayons de la fuir, et secondement, nous créons une profonde culpabilité en nous-même.
Deux enfants parlaient de leurs grand-parents. L'un d'eux dit, 'Ma grand-mère parle beaucoup. Je ne comprends pas comment elle peut parler autant. Qu'en est–il de ta grand-mère ?'
L'autre enfant répond, 'Ma grand-mère est tout le temps en train de potasser la Bible.'
'Comment cela ? Pourquoi fait-elle cela ?' 'Elle dit qu'elle se prépare pour l'examen final.'
La morale et la religion nous sont imposées de telle façon que nous finissons par prier par peur et culpabilité seulement. C'est un vrai problème.
Une petite autre histoire :
Un pundit émérite -un homme cultivé- désirait prendre un bain dans la rivière sacrée du Gange. Il possédait un kamandalu (un pot qui transporte l'eau). Il devait le mettre dans un endroit sûr pendant qu'il se baignait. Il chercha un endroit approprié ici et là. Mais il n'y avait personne à qui il pouvait confier le kamandalu*. Il fit un petit trou dans le sable des berges du Gange, y plaça son* kamandalu*, recouvrit le trou, et fit un tas de sable supplémentaire sur le tout pour se rappeler de l'endroit où il avait placé son* kamandalu*. Puis il alla prendre son bain.*
Un fermier regardait la scène de loin. Il vit ce que le pundit avait fait. Il pensa 'Oh! Je ne savais pas qu'il fallait faire un petit tas de sable avant de se baigner dans le Gange !' Il fit immédiatement un petit tas de sable similaire à celui du pundit*, puis alla se baigner.*
Une autre personne arriva sur les lieux et vit ce qui se passait. Il pensa également, 'Oh! Cela semble être une tradition de faire des petits tas de sable avant d'aller se baigner dans le Gange. ' Il fit donc un petit tas et alla se baigner. Petit à petit, tous les gens qui venaient à la rivière pour leur bain commencèrent à faire des tas avant d'entrer dans le Gange.
Quand le pandit sortit de l'eau, il vit une centaine de tas de sable tout autour du lit du Gange! Il avait un problème maintenant. Où était son kamandalu*? Sous quel tas était-il? Il commença à le chercher en vérifiant tous les tas.*
Soudain le fermier apparut et cria, ' Pourquoi détruisez-vous nos Shivalinga (des symboles du Dieu Shiva)? Pourquoi détruisez-vous nos tas de sable? Vous êtes un pundit*, vous devriez avoir un peu de jugeaute! Ne savez-vous pas que vous êtes sensé créer des* Sivalinga avant de vous baigner? Avez-vous perdu la tête ?'
Un tas de sable ressemble naturellement à un Shivalinga*. Le* pundit pensa 'De quoi cet homme parle-t-il ? Quand ce rituel a-t-il commencé? J'ai moimême lancé ce rituel. J'ai fais cela pour protéger mon kamandalu*.' Il n'était pas autorisé à détruire les tas. Il quitta les lieux sans son* kamandalu!
Si vous contemplez votre vie, vous constaterez combien de tas se sont formés de la sorte.Avec le temps, des régles devinrent des lois qui ont complètement perdu leur sens aujourd'hui!
En Bharat, dans le passé, ils ne faisaient pas de couture après le coucher du soleil. Comme ils utilisaient des petites aiguilles pour coudre à la lumière d'une lampe à huile, ils leur étaient difficile de voir quoique ce soit, donc on arrêta définitivement de coudre après le coucher du soleil. Même encore aujourd'hui, on peut voir qu'après le coucher du soleil, les gens ne font aucune couture ! Même pas dans les magasins de tailleurs où les lampes sont puissantes ! Il existe tant de magasins de tailleurs qui disposent de lampes électriques, mais aucun ne coudra à la main après le coucher du soleil. On utilisera des machines à coudre, mais ne coudront jamais à la main.
J'ai vu des gens qui pratiquent la méditation. Avant leur méditation, ils créent tout un drame à la maison ! 'Tais-toi, ne crie pas, éteint la musique, fais ceci, fais cela!' Ils retournent la maison sans dessus dessous juste pour méditer 10 minutes! Dès qu'ils commencent, soit ils sont distraits, soit ils se plaignent des moustiques, soit ils commencent à se gratter partout. Puis, ils finissent par penser qu'ils ont assez médité pour la journée. Ils feront tout un foin pour un tout petit effort. Ils retournent toute la maison sans dessus dessous sans comprendre que la méditation est pratiquée dans le but d'acquérir la paix et le silence! Leur méditation devient une torture pour les autres !
Certaines personnes font tout un tapage pour essayer de faire taire les autres. Ils ordonnent bruyamment aux autres de se taire! On peut le voir dans les écoles, les professeurs font plus de bruit que les enfants en essayant de les faire taire !
La plupart du temps, nous vivons de façon morne car nous ne comprenons pas la racine des principes moraux. Selon moi, n'importe quelle règle, si elle est intériorisée, créée de la culpabilité en vous. Comprenez bien! N'importe quelle règle! Je pèse mes mots. Toute règle suivie sans que l'on ait expérimenté son essence, va créer une profonde culpabilité en nous car, de nature, nous aspirons à la liberté. Svabhava swatantrata signifie que notre nature même est la liberté. Notre nature même est libre. Nous sommes nithya muktaséternellement libre. Nous n'avons jamais voulu être enfermés en cage ! Nous n'avons jamais voulu être esclaves des règles !
En fait, si vous regardez de près, la société toute entière travaille seulement pour la liberté. Même notre course à l'argent est une recherche de la liberté. Si nous avons plus d'argent, nous pouvons faire de plus grands choix, nous pouvons acquérir de plus grandes maisons, de plus grandes voitures et plus de liberté. En fait, nous cherchons à avoir plus de liberté, elle est notre vraie recherche. Notre poursuite de l'argent n'est rien d'autre que la recherche de la liberté. Nous n'avons jamais voulu être piégés par les règles et les principes moraux. Lorsqu'un principe moral nous est donné sous forme de règle, soit nous essayons de l'enfreindre, ou si nous ne le pouvons pas, nous essayons de nous venger des gens qui nous l'ont imposé. Nous nous vengeons toujours d'une manière ou d'une autre. Nous attendons juste le moment propice pour cela.
Les gens viennent me voir, ils me disent, 'Maître, mon fils ne prend pas soin de moi.' Que ce soit bien clair, votre fils est peut-être votre pire ennemi et vous êtes peut être son premier ennemi, car vous lui imposez plein de règles, plein de réglements. Vous étiez comme un maître pour lui lorsqu'il était enfant. De ce fait, une part de lui aura du respect pour vous, tandis que l'autre part aura du ressentiment envers vous. Cette part de lui-même manifestera son agressivité au moment opportun. Ce ne sera peut être pas toujours apparent, mais cela sera vrai au niveau inconscient.
Certaines personnes essaient de vous imposer des règles de manière subtile, maline. Ils exploitent vos peurs et vos désirs en pointant l'enfer et le paradis. Ils vous font aspirer au paradis et vous font craindre l'enfer. Ils créent une multitude de concepts sur l'enfer et le paradis. Ils disent, 'Si vous adoptez ce style de vie, vous serez récompensé et irez au paradis. Sinon, vous irez tout droit en enfer.' Ce concept de paradis et d'enfer est une manière subtile d'exploiter notre être.
Lorsqu'on nous impose des règles basées sur l'envie et la peur, une culpabilité se produit en nous. C'est une loi systématique qui est très difficile à comprendre. Le fait est que personne ne peut vivre une vie basée sur des lois! Quand je dis personne, je veux dire personne! Quand je dis n'importe quelle loi, je sous-entends n'importe quelle loi!
La vie est bien supérieure aux lois. Chaque loi, chaque règle est basée sur une compréhension relative de la vie. Mais la vie est audelà de tout entendement et de toute logique. Les gens me demandent, 'Pourquoi la vie a-t-elle été créée?' Je leur réponds que ce pourquoi ne peut pas être élucidé. Parce que ce pourquoi est issu de votre logique!
La vie est basée sur la logique Divine. Votre logique et la logique Divine ne peuvent jamais se rencontrer. La logique Divine est si vaste et si infinie! Vous ne pourrez jamais la cerner. Dieu a créé la vie. Les lois sont créées par vous.
Naturellement, vos lois ne pourront jamais s'harmoniser ou s'intégrer dans la logique Divine, dans la vie créée par le Divin. La vie est naturelle. Les lois sont relatives à la société. La vie est physique, les lois sont le produit du mental. Ainsi, toutes vos idées, toutes les choses que vous devez faire et ne pas faire, toute moralité, tout ce que vous pensez être bien ou mal est imposé par la société.
C'est la société qui vous qualifie de saint ou de pécheur! Aussi longtemps qu'elle nous considère comme un saint, nous sommes saint. Mais à partir du moment qu'elle nous place dans la catégorie pécheur, nous devenons pécheur! Si nous tuons quelqu'un dans nous sommes appelés meurtriers. Nous allons naturellement être punis. Si nous tuons quelqu'un sur le champ de bataille, nous sommes un héros et on nous donne une médaille!
Alors comprenez bien que ces choses sont purement sociales. Lorsque nous commençons à intérioriser les lois de la société dans notre esprit, nous créons une blessure profonde en notre être, nous détruisons notre intelligence. Selon moi, les règles sont superficielles!
Dans certaines religions, on fait croire aux gens qu'ils sont nés pécheurs et de ce fait ils vivent toute leur vie dans la culpabilité. Le seul idéal qu'ils servent est celui de leur leader religieux qui les maintiennent dans cette peur.
Le seul péché, 'le péché originel', c'est d'ignorer et de ne pas réaliser que nous sommes Divin, que cette divinité est présente éternellement en nous et que notre nature est la félicité. Lorsque nous croyons que nous sommes pécheurs, nous commettons le plus grand péché. Une fois que nous nous débarrassons de cette culpabilité, la culpabilité qui provient de notre croyance d'être pécheur jusqu'à ce que quelqu'un nous sauve, nous devenons libres et réalisons que nous faisons déjà un avec le Divin.
Notre véritable nature lutte sans cesse pour s'exprimer, au delà des lois, des régles et de tous les principes moraux. Notre conscience essaie sans cesse de pénétrer notre morale. Notre conscience finit par lutter contre notre morale. La morale est sociale. La conscience est naturelle. La morale est un pauvre substitut de la conscience.
Les gens me demandent, 'Que se passe-t-il maître? Vous détruisez toutes les règles! Vous mettez à bas toute la structure des règles. Comment peut-on vivre de façon morale alors? Pourquoi faites-vous cela ?'
Nous ne sommes plus des enfants ! Il est temps de prendre nos responsabilités et de dévelloper une morale basée sur notre compréhension des choses, et non sur les peurs et l'avidité. Tant que la morale est basée sur les peurs et l'avidité, vous pouvez être sûr que cela est très superficiel. Tant que vous suivrez les lois par peur et avidité, vous ne pourrez être moraux. Si les peurs et l'avidité sont à la base de nos valeurs morales, nous essayerons par n'importe quel moyen de les fuire. Par exemple, nous dépasserons les limitations de vitesse d'au moins 30 km/heure et penserons, 'Dès que je verrai la police, je ralentirai.'
Vous avez besoin d'imposer parfois une morale aux enfants! Vous avez parfois besoin de leur dire, 'Si tu te tiens tranquille, et que tu es sage, tu auras un bonbon.' Bien sûr, les enfants d'aujourd'hui diront, 'Ca me plaît. Je ne veux pas de ton bonbon. Je suis heureux de sauter partout! ' Parfois, vous devez imposer une règle basée sur les peurs et l'avidité.
Comprenez bien cela, aussi longtemps que votre morale est soutenue par vos peurs et votre avidité, vous êtes encore un enfant. Vous n'êtes pas mature. Si vous étiez adulte, votre morale serait basée sur votre entendement. Selon moi, une personne mûre est une personne qui vit heureuse, dans la félicité, une vie calme, ne connaissant ni la peur ni l'avidité. Dès que vous abandonnez tout cela, une toute nouvelle morale émerge de votre être, une morale qui n'est pas superficielle. Elle émerge de notre être. Notre être tout entier expérimente un bien-être tout nouveau .
Voici une magnifique histoire :
Il y avait un maître Zen. Sans raisons apparentes, le roi déclara un beau jour qu'il devrait être exécuté le lendemain matin même. Il envoya quelqu'un l'en informer. Le Roi lui donna carte blanche jusqu'au lendemain matin.
Mais le maître continua sa routine quotidienne jusqu'au dernier jour. Il fit le même jardinage, alla chercher de l'eau au puit, cuisina et servit ses disciples, comme d'habitude.
Des disciples lui demandèrent: 'Vous allez mourir demain matin. Ne désirez-vous pas faire autre chose?' Le Maître répondit, 'Ma vie est basée sur mon entendement. C'est la meilleure façon de vivre pour moi. Je suis complètement satisfait. Je n'ai rien d'autre à faire, que je vive 24 heures ou 2 heures. C'est ce que je veux faire. Je n'ai pas d'autre plaisir.'
Admettons que quelqu'un vous annonce 'Vous allez mourir demain matin, d'ici là, faites tout ce que vous voulez.' Regardez en vous, regardez toutes les choses que vous voudriez faire ! Vous voudriez peut-être vivre une vie comme vous ne l'avez jamais vécue auparavant, car vous avez réprimé tant de choses au nom de la moralité. Voilà pourquoi je dis : notre morale est superficielle. Nous nous empêchons de faire les choses pour des raisons dont nous ne sommes pas complètement convaincus. Nous ne vivons pas notre vie. Tant que nous ne vivons pas notre vie, nous sentons que nous ratons quelque chose. Ce sentiment est la première raison pour laquelle nous craignons la mort. Nous n'avons pas peur de la mort elle-même. Nous avons peur de ne pas vivre notre vie pleinement. Alors, nous avons peur de mourir ! En fait, cette peur n'est pas la peur de la mort. C'est la peur de ne pas avoir vécu la vie pleinement.
La culpabilité est à l'origine de la peur de la mort. Nous devrions bien le comprendre ! La culpabilité est à la source de l'avidité également ! Tant que nous souffrons de la culpabilité, nous ne pouvons malheureusement jamais apprécier quoi que ce soit.
Une de nos dévotes vint me voir, elle me dit 'Maître, à chaque fois que je vois une glace, je commence à développer un rhume. Je n'ai même pas besoin de la manger pour cela!' Mais cela est devenu un problème très sérieux. Elle en souffre depuis 12 années! Je commençai à lui parler pour retourner à la source du problème, comme le ferait un psychanalyste, mais d'une manière encore plus profonde. Quand elle était toute petite, sa mère ne voulait pas qu'elle mange trop de glaces, alors elle créa en elle une culpabilité profonde. Cette attitude négative qu'elle dévellopa face aux glaces lui donnait des allergies à la simple vue de celles-ci. Alors que je lui parlais, elle dit, 'Quelques fois, lorsque je vois des glaces, j'entends la voix de ma mère qui me dit : N'en mange pas! Je peux entendre sa voix encore aujourd'hui! '
Chacun d'entre nous entend des voix en lui. En fait, nous ignorons combien de fois nous entendons des voix ! Nous ne sommes pas si sensibles, c'est pourquoi nous ne réalisons pas que nous pouvons entendre des voix. Notre être est un assemblage de voix. Comprenez bien : votre être n'est pas seulement votre être. Il est une totalité d'une foule de voix. Toutes les voix sont là : la voix de votre mère, la voix de votre père, de votre professeur, la voix de votre voisin, la voix de votre héros etc…Nous sommes la somme d'une foule de voix. Voilà pourquoi nous vivons dans les dilemmes. S'il n'y avait qu'une voix, nous n'aurions aucun problème. Notre esprit serait clair comme de l'eau de source. S'il n'y avait qu'une seule voix, nous ne rencontrerions pas tant de problèmes! Notre esprit serait beaucoup plus fluide!
Voici un exemple que vous devriez bien comprendre.Votre esprit est comme une rivière. Il bloque le flot de la vie, créée des tourbillons, créé des blocages énergétiques. La culpabilité est comme le rocher dans la rivière. Elle bloque le flot, elle crée un tourbillon. Toute culpabilité que nous transportons dans notre être bloque le flot de notre énergie. Elle crée un blocage énergétique, tout comme le sang forme un caillot dans nos veines. Toutes les voix qui résonnent dans notre esprit sont à la source de notre culpabilité. Et cette culpabilité annihile notre intelligence.
Tant que nous sommes fluides comme une rivière, nous manifestons une intelligence vive. Nous exprimons un nouveau style d'intelligence, une toute nouvelle énergie, nous rayonnons la félicité. Dès que nous créons de la culpabilité en nous-même, dès que nous sommes stoppés dans notre fluidité, nous créons un blocage énergétique en notre esprit. Plus la culture est ancienne, plus la culpabilité est grande. Un grand nombre de règles ont été créées au fil du temps et donc nous sommes prédisposés à souffrir de la culpabilité.
Plus la culture est ancienne, moins nous en saisissons ses principes moraux car au cours des générations, la compréhension se retrouve diluée. Si nous vivons en fonction des règles issues du passé, sans comprendre pourquoi elles ont été créées, nous créons une blessure profonde en notre esprit.
Après avoir parlé à cette femme, je conclus que la voix de sa mère était le problème. Je lui donnai une technique toute simple. Je lui demandai d'acheter cinq glaces, sans penser à sa mère le moins du monde. Je lui dis : 'Si vous entendez la voix de votre mère, mettez-vous en colère et mangez la glace!'
La colère est la technique la plus efficace pour se décharger de la culpabilité. Elle s'évapore du moment que nous exprimons notre colère. En fait, la colère et la culpabilité sont deux faces de la même médaille.
Lorsque nous créons de la culpabilité à cause de l'opinion de quelqu'un d'autre, que se passe-t-il ? Nous la créons car nous respectons cette personne. Du moment que nous nous mettons en colère contre cette personne, naturellement, ce respect est perdu. Nous comprenons que nous avons été dérangés. Bien souvent, la personne ne réalise même pas qu'elle nous exploitait !
Un petit incident qui s'est produit il y a quelques mois:
Un petit garçon Américain fut amené à moi. Sa mère dit : 'Maître, il ne m'obéit pas. S'il vous plaît, dites lui quelque chose!'
Je me sentis un peu gêné. Moi-même, je n'ai jamais obéit à ma mère! Comment pouvais-je alors lui demander d'obéir à sa mère?
Ce garçon avait l'air très intelligent. Sa mère me harcelait. Je n'avais plus le choix. Alors je commençai à lui parler. Je lui demandai, 'Pourquoi n'obéis-tu pas à ta maman? Elle m'a même fait obéir à sa requête. Pourquoi ne lui obéis-tu donc pas?'
Il me regarda et dit, 'Maître, elle n'est pas du tout heureuse! Si je suis ses mots, où vais-je terminer? Je vais devenir comme elle! Pourquoi me demandez-vous de lui obéir? Pourquoi devrais-je l'écouter?' de les gérer et d'éveiller leur intelligence. Il est très difficile de dévelloper leur l'intelligence. Il nous faut créer de la culpabilité et leur imposer des règles.'
Si vous ne pouvez prendre cette responsabilité, réfléchissez-y à deux fois avant de donner naissance à un enfant. Comprenez-moi bien! Avez-vous réglé vos problèmes? Avez-vous trouvé toutes les solutions à vos problèmes? Si c'est le cas, alors allez-y, faites descendre la prochaine génération sur cette planète! Sinon, attendez ! Il y a toutes les chances que la prochaine génération vous demande des comptes, 'Qu'-est-ce que tu fais ? Pourquoi m'as-tu mis au monde ?' Les enfants demandent déjà, 'Elle n'est pas heureuse elle-même. Pourquoi devrais-je l'écouter ?'
Il est très probable que les enfants de demain n'écoutent plus nos concepts moraux.
Pas seulement pour le bien de nos enfants, mais pour notre propre bien aussi, nous devrions regarder nos vies de plus près. Je crois que Vivekananda était le maître le plus courageux du monde. Il n'avait rien à voir avec les soit disantes conventions sociales. Il brisa toutes les règles et jetta une nouvelle lumière sur l'humanité. Je crois qu'il était le Manu- le sage qui créa un livre sur les lois sociales- des temps modernes. Il était le smriti kara -le créateur des lois sociales- des temps modernes.
Il dit dans l'un de ses discours sur la raison et la religion : 'Faites en sorte que la logique infuse la religion. Puisse votre religion être saturée de logique. Débarrassez-vous de tout ce qui peut être remis en question par la raison. Le plus tôt elle en sera débarrassée, le meilleur cela sera pour l'humanité!'
Il conseille de passer les concepts religieux au crible de la raison. Laissez la conscience être une torche. Plus tôt serons-nous débarassés de nos superstitions, plus saine sera l'humanité. Si elles ne peuvent tenir le test de la logique et de la raison, débarassons-nous en. Cela vaut mieux pour l'humanité.
Une petite histoire :
Galilée découvrit que la terre n'était pas plate, mais un globe. Suite à ses recherches, il écrivit dans son journal que la Terre était ronde, un globe et
non pas plate. Mais la Bible mentionne que la terre est plate et que le soleil tourne autour de la Terre, et non le contraire! A cette époque, cela était la seule information disponible.
Un homme illuminé expérimente le fait que toute l'existence tourne autour de lui. Lorsque Jésus dit que toute l'existence tourne autour de lui, il en est devenu le centre! Lorsque quelqu'un atteint la réalisation, il en devient le centre, il experimente tout l'univers qui bouge autour de lui! Lorsque Jésus atteint l'illumination, il partagea son expérience à travers ces affirmations. C'est la raison pour laquelle il déclara que le soleil tourne autour de la terre. C'est une déclaration métaphysique. Mais postérieurement, ses disciples retranscrirent ses déclarations sous forme de fait physique. Ce que Jésus déclara est la vérité. Les disciples le concevèrent comme un fait.
Alors la cour condamna le scientifique. Ils le convoquèrent et lui dire, 'Non, vous ne pouvez pas dire que notre planète Terre tourne autour du soleil. La Bible dit que le soleil seul tourne autour de la Terre. Vous devez changer vos déclarations, sinon vous serez éxécuté!' L'homme répondit, 'Très bien, je vais changer mes déclarations!' Il changea ainsi ses affirmations : 'Mes déclarations précédentes étaient fausses. Le soleil tourne autour de la Terre.' Puis il ajouta en bas de la page : 'Parce que je suis Chrétien, j'ai changé ma déclaration. Mais le soleil et la Terre ne sont pas Chrétiens. Alors ils tournent de la manière qu'ils veulent. Ils ne vont pas changer le sens de leur mouvement à cause de ma déclaration.'
Lorsque quelqu'un montre la lune du doigt, si vous regardez le doigt, vous manquez naturellement la lune! Et la génération suivante finit par regarder ailleurs. Rendre physique le métaphysique, c'est ce que j'appelle créer une morale fondée sur la compréhension. Aussi longtemps que ces morales sont comprises, elles sont comme un nectar pour votre vie. Elles créent une intelligence profonde en vous. Mais à partir du moment qu'elles sont réduites à l'état de croyances superstitieuses, dès qu'elles sont réduites à l'état de morale, elles créent de la culpabilité en nous. Et la culpabilité tue l'intelligence. La culpabilité ne nous permet pas d'avancer dans la vie.
J'aimerais vous raconter un petit incident. Une dévote avait une tumeur à la base de la colonne vertébrale, à côté du chakra racine. Elle en souffrait depuis vingt ans! Elle vint à moi en se plaignant, ' Maître, s'il vous plaît, guérissez-moi. Je souffre de cette tumeur depuis tant d'années!' Elle s'était fait opérer. Mais la tumeur était revenue après l'opération. Je commençai à lui parler afin de définir l'origine du problème.
Finalement, elle ouvrit son cœur et commença à pleurer. Je lui demandai si elle avait bien intégré son energie sexuelle. Elle confessa que l'un de ses parents l'abusa sexuellement lorsqu'elle était très jeune pendant plusieurs années! Cette culpabilité resta en elle et elle dit ' Je commençai à détester cette partie de mon corps. Je commençai à sentir que cette partie de mon corps ne méritait pas d'être ce corps. J'ai même souhaité que cette partie de mon corps n'existe pas. Elle ne fait pas partie de mon être. Ma haine envers cette personne se redirigea contre mon propre corps.'
Sa haine était devenue très profonde. Elle se confia à moi petit à petit. Je continuai à lui parler peu à peu, elle s'extirpa peu à peu de cette culpabilité. Psychologiquement, elle était guérie. Je lui expliquai à quel point l'abus d'enfant était fréquent. Les études révèlent qu'un enfant sur quatre est abusé sexuellement aux Etats-Unis. Bien sûr, les enfants n'en parlent pas, ils ne s'ouvrent pas. Ils ne nous disent rien.
Cette dame fut guérie psychologiquement une fois que je lui expliquai toutes ces choses. Vous allez être surpris d'entendre ça, mais cette dame fut guérie en 10 jours seulement. La tumeur disparut ! En dix jours après lui avoir expliqué la nature de toutes ces choses! Je lui donnai une petite technique de méditation. Je lui dis de méditer sur cette partie tout en exprimant sa colère envers la personne qui l'abusa. Je lui dis de pleurer, de crier et même de frapper la personne mentalement, de fermer les portes de sa chambre, de prendre un coussin, d'imaginez qu'il s'agit de cette personne, et de gémir, de crier, d'hurler, de frapper le coussin ! Après cela, je lui dis de s'asseoir et de sentir que cette partie de son corps fait partie intégrante de son corps. Vous allez être surpris : en dix jours, la tumeur disparut! Elle ne réapparut jamais. C'est peut être difficile à comprendre, mais c'est la vérité!
La même chose nous arrive psychologiquement dans la vie. Nos maladies ne sont pas toujours causées par la mauvaise santé. Souvent, nous sommes dérangés psychologiquement. La plupart du temps, notre énergie se bloque en raison de cette culpabilité. Nous souffrons de maladies psychologiques à cause de notre culpabilité. Si nous regardons en profondeur, à chaque fois que nous avons peur, à chaque fois que nous ne pouvons aller de l'avant, à chaque fois que nous ne pouvons prendre une décision, la culpabilité est là. Et nous tombons malade à cause de cela.
Il y a trois types de culpabilité , la première, la culpabilité créée par la famille proche, la seconde, la culpabilité créée par les lois sociales et la troisième, la culpabilité que vous créez pour vous-même. Ce sont les trois types majeurs de culpabilité qui entravent votre intelligence. La culpabilité concernant la sexualité est provoquée par la famille immédiate. C'est la première culpabilité. La culpabilité associée à l'avidité est crée par la famille immédiate. La culpabilité basée sur la peur est crée pas les lois sociales. La troisième est la pire, il s'agit de celle que nous créons nous-même. Lorsque nous intériorisons la culpabilité basée sur l'avidité et la peur, nous créons un nouveau genre de culpabilité en nous. Si nous analysons de quelle manière nous nous retrouvons bloqués, ou dans quel domaine nous sommes bloqués, nous trouverons ces trois types de culpabilité présentes à la racine de ces problèmes.
Nous devons nous libérer du passé. Le passé est mort. Non seulement il est mort, mais il est un poids obsolète sur notre être. Tant que nous souffrons de la culpabilité, nous ne sommes pas capables d'avancer joyeusement dans nos vies, nous ne pouvons jamais avoir une vie profondément extatique. Que ce soit bien clair, nous ne pouvons jamais être moraux si nous construisons notre vie sur la peur. Si notre attitude est basée sur la culpabilité, toute notre morale devient immature et superficielle. Il est temps d'être mature. Nous ne nous comporterons pas de manière immmorale si nous comprenons que les lois sont créées dans notre propre intérêt. Par exemple, imaginez que vous appreniez qu'il n'y a pas de punition pour les criminels dans ce pays. Allez-vous tuer votre prochain pour autant ? Si vous le pensez, que ce soit bien clair, vous êtes immature! Vous n'êtes pas adulte. Une telle vie ne vaut la peine d´être vécue. C'est comme une mort vivante. Au moins, les gens morts ne dérangent pas les autres.
Dans le passé, je vécu dans des cimetières. Pendant neuf années, j'ai traversé Bharat en long et en large, de Tapovan au Nord, jusqu'à Kanya Kumari au Sud; d'Ahmedabad à l'Ouest à Ganga Sagar à l'Est. J'ai traversé Bharat en long, en large et en travers! Je me reposais toujours dans les cimetières. Je n'avais pas besoin de faire de réservations! Les gens me demandent toujours, ' Vous n'avez pas eu peur? Avez-vous rencontré des fantômes? ' Je leur réponds, 'Les gens morts ne dérangent pas les autres. Seuls les vivants dérangent les autres!' Si nos principes moraux sont basés sur l'avidité et la peur, alors soyons clair, une telle vie est bien pire que la mort. Elle ne vaut pas la peine d'être vécue.
Faisons en sorte que notre moralité soit basée sur notre compréhension des choses, sur notre conscience et non sur notre morale. Tant que nos principes sont basés sur les 'il faut et il faut pas', nous ne sommes que des enfants. Ces règles basées sur notre manque de compréhension forment un obstacle entre l'illumination et nous. Nous ne pourrons atteindre la libération tant que ces obstacles existent. Dès qu'ils sont enlevés, nous expérimentons une liberté totale, une félicité totale, une extase totale… Une fois que ces obstacles sont enlevés, l'illumination s'ensuit naturellement. Nous n'aurons même pas besoin d'atteindre l'illumination, l'illumination nous atteindra d'elle-même. Comprenez bien, la culpabilité est la mort certaine de l'intelligence. Puissions-nous tuer la culpabilité et expérimenter l'intelligence ultime!
Nos Upanishads déclarent : 'prajnanam brahma' (l'intelligence est Existence). Puissiez-vous atteindre cette Existence et expérimenter la béatitude éternelle!
Nous disposons encore de quelques minutes. Je vais maintenant essayer de répondre à vos questions, et de questionner vos réponses.
QUESTIONS - REPONSES
Q : Vous avez expliqué qu'il n'est pas nécessaire de pratiquer de longues périodes de tapas (pénitence) pour atteindre l'illumination. Que doit-on faire lorsque l'on est un homme 'ordinaire'?
R : Ce que je dis s'adresse à l'homme ordinaire. Comprenez-moi bien! Lorsque je dis que l'on devrait pratiquer le tapasya (des austérités), les gens me demandent d'expliquer de manière pratique pourquoi cela n'est pas nécessaire. La compréhension même vous conduit à l'expression de l'illumination. L'écoute et la compréhension peuvent nous mener à l'expression de notre nature intérieure- qui est l'illumination.
Selon moi, l'illumination signifie 'être éternellement dans la félicité'. Lorsque vous êtes installé dans la félicité, rien ne peut vous déranger dans le monde extérieur. Votre monde extérieur ne peut jamais entrer votre monde intérieur. C'est ce que j'appelle l'illumination. Comprenez que votre monde extérieur est votre monde extérieur. Votre monde intérieur est votre monde intérieur. Tout ce que vous entreprenez dans le monde extérieur, faites le un peu comme vous faites le ménage dans vos rêves. Que restera-t-il du ménage que vous avez fait dans vos rêves lorsque vous vous réveillerez? Cela aura tout simplement disparu ! C'est tout ! Mais lorsque vous êtes en plein rêve, c'est intense. Si vous pouvez maintenir cette compréhension, non seulement ferez-vous les choses plus intensément, mais vous n'y serez pas attaché.
Maintenant, vous poserez encore plus de questions. Par exemple, 'Comment puis-je mener ma vie de manière pratique?'
Lorsque je parle de faire le ménage dans les rêves, je ne sous-entends pas de ne pas faire le ménage du tout! Faites-le.
Mais comprenez bien ce que vous faites. Faites le sans en être perturbé. Si vous continuez à faire le même ménage avec une compréhension claire des choses, vous serez alors capable d'exprimer l'illumination. Vous n'avez pas besoin de travailler à refouler votre avidité ou vos peurs, ni de réprimer quoi que ce soit d'autre. Vous devez juste travailler dans ce schéma de pensée là. Vous serez alors automatiquement libéré de la peur, de l'avidité et des autres émotions.
Dites-vous simplement: 'Je fais mon ménage parce que j'aime ça. 'Point. Enfant, nous jouions avec des jouets. A l'âge de dix ans, nous nous sommes débarassés de tous nos jouets. Ne donnons-nous pas pour autant des jouets à nos enfants aujourd'hui? Leur disons-nous, 'J'ai joué avec des jouets quand j'étais jeune, puis je les ai tous jetés. Alors ne joue pas' ? Non, nous ne disons pas cela! Nous les laissons jouer.
Nous sentons qu'un enfant devrait jouer avec les jouets aussi longtemps qu'il le désire. Jusqu'à ce qu'il atteigne la maturité. Une fois qu'il est mûr, il abandonne les jouets automatiquement. De la même façon, nous devons comprendre et accepter ce fait: ' Laissez-moi faire le ménage dans mes rêves jusqu'à ce que je comprenne'. Cette acceptation même vous conduira à l'illumination. Si vous n'êtes pas capable d'accepter, le fait d'accepter que vous ne puissiez accepter vous aidera à sortir de l'ornière du passé et du futur. Vous êtes écartelé entre le passé et l'avenir parce que vous ne comprenez pas ce qui est!
L'autre jour, un dévot proche me demanda, 'Maître, comment estce possible? Vous êtes si insouciant, si innocent, si joueur. Mais chaque mot que vous exprimez devient réalité. Comment autant d'intelligence et d'intuition peuvent-elles se produirent continuellement?'
Mais vous ne vous détendez jamais. Il y a un désir profond en vous de parvenir à quelque chose dans le monde extérieur ou le monde intérieur. Le désir de réussir quelque chose dans le monde intérieur vous projette dans l'avenir. Votre désir pour l'illumination est aussi un souci par rapport à l'avenir. A cause de ces désirs en tous genres, nous ne 'tombons' jamais dans le moment présent. L'éternité ne pénètre que le moment présent.
La première chose à faire est d'accepter l'existence du monde extérieur, acceptez l'existence du monde intérieur. Quels que soit les problèmes que vous rencontrez dans le monde extérieur ou intérieur; acceptez les! Tant que vous n'acceptez pas ce qui est, il y a un problème.
Faite l'expérience suivante : détendez-vous complètement pendant trois jours, juste trois jours. Détendez-vous à l'extérieur et à l'intérieur. Si vous vivez une vie pleine de satisfaction pendant trois jours, perdrez-vous toute votre fortune en si peu de temps? Sûrement pas! En trois jours, vous n'allez rien perdre! Pourquoi ne pas essayer? Juste trois jours, sincèrement, complètement, laissez tout tomber à cent pourcent, acceptez tout. Et si vous n'êtes pas capable d'accepter à cent pourcent acceptez que vous ne soyiez pas capable d'accepter à cent pourcent!
Même l'acceptation que nous ne soyons pas capables de nous accepter dans le monde intérieur et le monde extérieur nous libérera de ce va et vient constant entre le passé et l'avenir. A partir du moment où nous réalisons que nous ne sommes pas capables d'accepter notre réalité et que nous ne pouvons rien y faire, ce va et vient constant devient notre réalité. A chaque fois que nous acceptons, nous tombons dans le moment présent. Quand nous tombons dans le moment présent, le temps est sous notre contôle. Aussi longtemps que nous sommes tributaires de la chaîne du temps, elle nous gouverne. Dès que notre conscience s'aligne sur le moment présent, nous pénétrons la chaîne du temps. Lorsque nous pénétrons la chaîne du temps, nous pouvons voir clairement le futur et le passé. Nous arrivons à la réalisation fantastique que cette chaîne n'existe qu'en raison de la projection de notre esprit !
Essayez donc cette expérience juste trois jours et si vous pouvez tomber dans le moment présent, relachant toutes vos tensions liées au monde intérieur et extérieur, vous aurez alors une révélation.
Qu'est-ce que la vie? Que signifie 'Vivre dans le moment présent'? Vous expérimenterez tant d'extase, un espace si différent, une vie si différente lorsque vous vivez dans le moment présent. Trois jours! N'essayez pas de changer quiconque dans le monde extérieur. Après tout, vous avez vécu votre vie basée sur la philosophie que vous avez développée ces 30 dernières années. Donnez-vous trois jours de test. Dès que vous expérimenterez ces techniques, vous réaliserez combien elles opèrent des miracles dans votre être, combien elles opèrent une alchimie en lui.
Soyez sincère pendant trois jours, et si vous n'êtes pas capable d'être sincère, acceptez que vous ne soyiez pas capable d'être sincère. Cette sincerité même est suffisante. Vous commencerez à voir un nouvel espace s'ouvrir en vous. Ce nouvel espace est ce que j'appelle nithyal'éternité.
Puissiez-vous expérimenter nithya- l'éternité et la félicité éternelle!