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sreyo hi jnaanam abhyaasaajjnaanaad dhyaanam visishyate dhyaanaat karma-phala-tyaagas tyaagaahaantir anantaram (12.12)
« La connaissance est mieux que la pratique simple. La méditation est supérieure à la connaissance. Le renoncement du fruit de nos actions est mieux que la méditation. Une fois que nous renonçons aux fruits de nos actions, nous atteignons immédiatement la paix. »
Krishna donne tellement d'instructions ; pas à pas, il propose des options. En réalité, il ne s'adresse pas seulement à Arjuna, il s'adresse à toutes les sortes d'esprits.
Laissez-moi vous raconter une petite histoire de la vie de Bhagavan Ramana Maharishi :
Quelqu'un va voir Bhagavan et lui demande : « Bhagavan, quelle technique spirituelle devrais-je pratiquer ? »
Bhagavan dit : 'Fais atma-vichara, la recherche du Soi. Commences à te poser la question ; Qui suis-je ? »
Après quelques jours il revint et dit : « Il est très difficile de faire une recherche sur Soi-même, puis-je simplement méditer ? » Bhagavan dit : « D'accord, médites ! »
Après une semaine, il revient et dit : « La méditation est vraiment difficile. Est-ce que je peux faire du japa, la répétition des mantras (chants) et de stotra (vers) ? » Bhagavan dit : « Entendu, fais cela ! »
Après quelques jours il revient en disant : « Le japa aussi est très difficile. Puis-je faire de la puja, le rituel de l'adoration ? » Bhagavan dit : 'D'accord, fais la puja. »
Après quelques jours il revint : « La puja est aussi très difficile ; puis-je simplement aller au temple ? » Bhagavan dit : « Bien ! Fais ce que tu veux ! »
Les Maîtres ne ferment la porte à personne. Comprenez qu'ils donnent des options pour tout le monde. Ici, dans ces quatre sloka, Krishna propose des options pour tout le monde.
Vous devez avoir une spontanéité fantastique pour comprendre cela. Vous pourrez pratiquer ces quatre instructions seulement si vous avez cette spontanéité. Par exemple, si vous ne voulez pas méditer et que vous êtes de mauvaise humeur, alors n'essayez pas de rester assis dans une pièce avec la porte fermée en vous forçant à méditer !
Sortez simplement, allez au temple ; passez du temps à marcher, à vous déplacer ; cela vous relaxera, ensuite vous pourrez entrer en méditation. Et si vous ne pouvez pas faire ça non plus, faites autre chose. Faites quelque chose qui vous aide à vous relaxer ; ensuite vous pourrez entrer en méditation.
Ici, Krishna essaie de vous donner des instructions les unes après les autres, jusqu'au pas ultime, la dernière marche, Etre, simplement Etre dans la Conscience, dans la Félicité. Mais ne laissez pas tout tomber parce que vous ne pouvez faire cela; faites quelque chose pour commencer !
J'ai vu des gens qui parleront de la méditation, d'atmasadhana et de toutes sortes de choses compliquées. Mais lorsqu'il s'agit de pratiquer cette méditation, juste penser à méditer leur fait stopper tous leurs puja, tous leurs rituels, tout. Et à la fin, ils ne méditent même pas !
Et lorsque vous leurs demandez pourquoi ils ne peuvent pas méditer : « Parce que je n'ai pas assez de temps Maître ; mon esprit ne se concentre pas ; je ne peux pas m'asseoir silencieusement » ! Répondent ils. D'abord ils arrêtent tout pour la méditation, puis ils abandonnent aussi la méditation pour telle et telle raison. Ensuite ils n'ont ni ceci, ni cela. Krishna ne veut pas que cela nous arrive. Vous avez besoin de spontanéité pour décider de ce que vous devez faire à ce moment là.
A chaque fois que je prononce le mot 'spontanéité', je me souviens de cette histoire vraie.
Ce n'est pas qu'une simple histoire, c'est vraiment arrivé dans ma ville natale. C'était un petit village à l'époque, maintenant, c'est devenu une commune importante dans l'état du Tamil Nadou, une ville. Ils avaient l'habitude de réciter la Mahabharata tous les ans. En Bharat, dans tous les villages traditionnels, on récite la Mahabharata une fois par an. On croit que les pluies seront abondantes si on récite la Mahabharata. Donc, ils ont l'habitude de réciter la Mahabharata. Dans le Nord de l'Bharat, ils récitent le Bhagavatam (L'histoire de la vie de Krishna). Dans le Sud, ils récitent soit la Mahabharata soit la Ramayana.
Dans mon village, ils avaient l'habitude de réciter la Mahabharata une fois par an, pendant soixante jours. La journée, ils récitaient l'histoire, et le soir, une petite pièce de théâtre de village était mise en scène. Quatre personnes du village présentaient la pièce. Leurs erreurs étaient encore plus divertissantes que la représentation elle même.
Donc, les gens se réunissaient pour regarder la pièce, pas vraiment pour l'histoire, mais plus pour les erreurs qui se produisaient ! Le matériel était limité et ce qui servait de veena (instrument de musique) pour Saraswati, la déesse de la connaissance, était réutilisé en tant que gadha (massue) pour Arjuna, ou Hanuman, le Dieu singe. Hanuman utilisait le même pour le gadhayudham (la massue), et puis Saraswati revenait avec le même instrument en l'utilisant comme veena. C'était très marrant et quatre ou cinq personnes jouaient tous les rôles.
Le casting aussi était hilarant, Krishna était joué par un homme de quatre-vingt-cinq ans, une cane à la main et pratiquement incapable de marcher ! On l'aidait à monter sur la scène et il disait : « Oh Arjuna, lèves-toi ! » Avec le temps qu'il prenait pour dire : « Arjuna lèves-toi ! », luimême tombait à la renverse ! C'était vraiment divertissant de regarder toutes ces pièces truffées d'erreurs !
J'allais regarder ce théâtre tous les soirs. Seuls les hommes avaient le droit de jouer; cela fait aussi partie de la tradition. Les gens qui y participaient devaient porter un fil sacré autour du poignet, c'était un rituel. Ils devaient réciter tous les poèmes en entier, et seuls les hommes avaient le droit d'être acteurs.
Un jour en particulier, la scène était la vastrabharana; Draupadi vastrabharana, le déshabillement de Draupadi, une scène de la Mahabharata. Donc la personne qui jouait ce rôle devait porter du maquillage et portait sept saris. Dans cette scène, Dushassana, le Prince Kaurava, qui déshonore Draupadi –La Princesse Pandava- en essayant de la déshabiller en public, était sensé tirer six saris, et au moment où il tirerait les six saris, il devait paraître fatigué, et prétendre qu'il tombait. A ce moment précis, Krishna devait apparaître, car au moment où Dushassana tomberait, Draupadi crierait : « Krishna ! Krishna ! Sauves moi ! »
A cours de cette scène, Dushassana oublia complètement le compte. Il était supposé dérouler six saris et au bout du sixième sari, il était sensé tomber. Une fois qu'il tombait, Draupadi était sensée appeler Krishna et Krishna devait apparaître sur scène. L'acteur qui jouait Dushassana oublia malheureusement de compter et tira le septième sari aussi ! Draupadi essaya de lui dire du regard : « Ho ! Septième sari ! Septième sari ! » Dushassana ne releva pas ; il pensait que Draupadi jouait bien son rôle et il continua de tirer les saris.
Puis tout d'un coup, Draupadi commença à frapper Dushassana en disant : « Laisses mon sari, laisses mon sari ! C'est mon sari, mon sari ! » Tout de suite, Draupadi attaqua Dushassana. Et tout le monde était surpris. Le matin, l'histoire racontait une chose, et le soir, la pièce racontait quelque chose de complètement différent! Nous étions surpris. En fait, au bout du sixième sari, Dushassana devait tomber et Draupadi devait crier 'Krishna, Krishna !' et Krishna devait sauter sur scène.
Mais Krishna, ce jour là, attendait derrière la scène en fumant un beedi (une cigarette locale). Il fumait un beedi en attendant l'appel de Draupadi ! Et Draupadi disait : « Ho ! Dushassana ! Lâches mon sari ! » Alors l'acteur qui jouait Krishna pensait que la scène continuait ; que le sixième sari n'avait pas encore été retiré… !
Dushassana ne compris rien même après que Draupadi lui ait donné un coup de pied. Au contraire, cela l'énerva tellement qu'il retira le sari complètement. Soudainement sur la scène, Draupadi se retrouva habiller en fille au dessus et en short en bas ! En bas, un homme, et en haut, une femme ! Un maquillage au complet, de longs cheveux et des vêtements de femme. Heureusement cet acteur était spontané ; il se mit face au public et dit : «Oh Krishna ! Comme tu ne pouvais pas venir, tu m'as transformée en homme et as sauvé ma dignité !! »
Grâce à sa spontanéité, il contrôla la situation et rattrapa à la fois l'erreur de Dushassana mais aussi l'erreur de Krishna. Krishna n'apparu jamais sur scène ; il attendait toujours dans les coulisses l'appel de Draupadi en fumant son beedi !
Lorsque vous êtes spontané, vous pouvez contrôler n'importe quelle situation. A chaque fois que je me souviens du mot 'spontanéité', je me rappelle toujours de cette histoire !
En réalité, la spontanéité est une qualité spirituelle. Seul un homme qui n'est pas prisonnier de son passé, qui peut s'échapper de son passé, peut être spontané. Si vous n'avez pas d'intérêts dans les décisions passées, ce qui veut dire que vous êtes réellement ouverts à la compréhension des erreurs que vous avez faites dans le passé, et êtes prêts à mettre à jour et à vous améliorer, à ce moment là seulement pourrez vous être spontané.
Si vous n'êtes pas prisonnier de votre passé, par exemple, beaucoup de gens pensent : « Non, non, non, pendant toutes ces années, j'ai vécu en croyant cette idée, en comprenant les choses de cette manière. Aujourd'hui, je ne changerai pas, juste parce que l'on me dit quelque chose ; je ne peux pas ! Je ne changerai pas. Pendant les cinquante dernières années, j'ai vécu ma vie sur ce concept, je ne peux pas le changer maintenant. » Alors, vous ne pouvez pas être spontanné, vous raterez la vie, et vous la manquerez terriblement.
Soyez bien clair : la véritable qualité de la vie se remet à jour. Elle peut être appelée intelligence seulement si elle se remet constamment à jour. Si elle n'évolue plus, alors cela veut dire qu'on est dans l'intellect. Ca ne plus être appelé de l'intelligence. L'intelligence est une énergie vivante !
En sanskrit, nous avons un mot pour cela : 'dhee', ce qui signifie, 'ce qui est vivant'. En sanskrit, le mot utilisé pour dire intelligence est dhee. Dhee, c'est l'énergie, qui est vivante ; qui se remet à jour sans cesse. Dans le Mantra de la Gayatri, qui est au cœur des prières hindoues, c'est l'énergie que l'on cherche à atteindre lorsque l'on prie le Divin.
C'est seulement si vous n'êtes pas accroché à votre passé, aux décisions de votre passé, ou à la manière dont vous viviez le passé qu'alors seulement vous pourrez être spontané. La spontanéité est une incroyable qualité spirituelle.
Un autre incident, également sur la spontanéité :
Une fois, je parlais de l'Upanishad Isavasya ; je donnais un discours. Une personne âgée, qui ressemblait à un élève, un élève âgé, marchait dans le hall. Lorsque je terminai mon discours, il n'eut même pas la courtoisie de poser ses questions avec politesse. Il se leva simplement et dit : « Tous ces idiots n'ont rien lus, c'est pour cela que tu parviens à les faire écouter ! Mais tu n'arriveras pas à faire écouter des personnes éduquées comme moi. »
J'ai juste dit : 'Monsieur, venez plus près s'il vous plaît, je n'arrive pas à comprendre ce que vous dites ? »
Il se rapprocha. Je dis: « Venez de ce côté s'il vous plaît, que vouliez-vous dire ? »
Il se déplaça de ce côté.
Et je dis ; « Je pense qu'il y a une table dans le chemin, déplacez vous encore un peu de ce côté s'il vous plaît »
Bien sur ; il se rapprocha. Puis je dis : « Vous m'avez déjà écouté trois fois. Maintenant asseyez-vous, et écoutez ce que j'ai à dire. Vous avez l'air d'être une bonne personne. Asseyez vous simplement et écoutez ! »
Vous ne pouvez jamais échapper à la spontanéité ! Plus tard, j'étais surpris lorsque je lu une histoire Zen très semblable. Peu après cet incident, je lisais un livre, et je lu quelque chose de similaire qui était arrivé à un Maître Zen. J'étais surpris de voir que l'histoire se répétait. Cette personne était choquée, choquée de ce qui était arrivé. En fait, lorsque vous êtes spontané, rien ne peut vous arrêter. La spontanéité est une grande qualité spirituelle.
Krishna vous donne ici quatre instructions différentes. Soit vous vous installez dans le bhakti Yoga, soit vous vivez une vie normale de routines spirituelles, soit vous sacrifiez tous les fruits de vos actions à Dieu, soit vous vivez dans la Conscience et puis agissez. Vous pouvez faire ce que vous voulez faire. Il dit : « Au moins si vous ne faites pas ceci, faites cela, et ainsi de suite. »
Maintenant, tout ce que nous devons comprendre ; c'est que nous ne devrions pas nous arrêter à un niveau inférieur ; mais nous devrions toujours essayer d'atteindre un niveau élevé. Lorsque vous ne pouvez plus vous élever, au moins, restez sur le niveau moins élevé ; ne renoncez pas à tous vos efforts. Quelqu'un m'a demandé : « Maître, pourquoi avons-nous tant de Dieux ici en Bharat et dans les autres religions orientales ? »
Toutes les religions orientales ont de nombreux Dieux, que ce soit l'Hindouisme, le Bouddhisme, ou le Jainisme. Ils ont tous tellement de Dieux, tellement de Saints, et tellement de Maîtres, alors que les religions occidentales n'ont qu'un seul Dieu. Pourquoi ?
Vivekananda explique magnifiquement cela dans un de ses discours : « La liberté est une condition indispensable à la croissance, dans tous les domaines ; s'il doit se produire une croissance, alors il doit y avoir de la liberté à la base. »
En Orient, les gens ont toujours eu une liberté intérieure.
Personne ne trouble leur religion ; la pratique spirituelle est une option. C'est pour cela que nous avons le concept d'Ishtadevata, de Dieu' favori'. Ishtadevata signifie que vous pouvez adorer n'importe quelle forme qui vous plaît. Dans les écritures anciennes sacrées, il est mentionné qu'il existe trois cent trente millions de Dieux ; en réalité, je pense qu'en ce temps là, c'était la population totale ; donc les écritures stipulaient que chacun avait son propre Dieu personnel. C'est pour cela qu'il y avait trois cent trente millions de Dieux. Si les écritures étaient écrites aujourd'hui, elles diraient qu'il y a six milliards de Dieux ! Chacun a la liberté de choisir son chemin propre; chacun a le droit de choisir son Dieu propre. Chacun a la liberté de se considérer comme Dieu, puisque chacun sait qu'il peut réaliser la divinité qui est en lui.
Les gens sont libres intérieurement ; c'est d'ailleurs pour cela que l'orient a tant évolué au niveau de la spiritualité. En Occident, vous ne pouvez pas avoir votre propre Dieu. Les gens sont nourris à la cuillère avec des idées toutes prêtes à être consommées. En Orient, n'importe qui peut se proclamer Saint en une nuit ! Tout ce dont vous avez besoin est de dix roupies pour imprimer un poster, ou quelqu'un pour vous financer les dix rupees. Vous n'avez besoin de rien d'autre. Vous pouvez vous faire appeler Saint sans problème.
Mais en Occident, vous ne pouvez pas. C'est seulement après votre mort que cela peut être déclaré, et cela doit être déclaré par une institution. C'est l'institution qui déclare qui est un Saint.
Les attitudes sont totalement différentes. Bien sûr, les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients ; avec cette liberté il y a tant de choses qui peuvent se produire. Des recherches incroyables ont été faites dans le monde intérieur grâce à cette liberté. Tellement de recherches ont été faites dans le monde intérieur ; et tant de vérités liées au monde intérieur ont été ramenées à la surface, ramenées à l'humanité, parce que tant de personnes s'y sont plongé. Bien sur, il y aura toujours quelques usurpateurs. Soyez bien clair : lorsque tant de personnes prennent le chemin, et que des millions de choses sont exprimées, il y aura toujours un ou deux moutons noirs qui apparaîtront.
Vous pensez peut-être que les superstitions n'existent qu'en relation avec la spiritualité. Mais beaucoup plus de superstitions existent dans la science. Au moins, dans la spiritualité, il 'n'y a pas d'intérêts cachés' derrière les déclarations faites ; quelque soit ce que les Maîtres disent, rien d'important ne s'ajoutera à leurs vies personnelles au bout du compte. Ils mangeront toujours la même quantité de nourriture et porteront toujours les mêmes vêtements. Rien ne changera dans leurs vies !
Mais en ce qui concerne les scientifiques, ce qu'ils diront leur apportera un nom et une popularité, de l'argent, un confort en plus dans leur vie. Donc naturellement, ils ont un intérêt derrière leur recherche. Plus les personnes spirituelles renoncent, moins elles apprécient le confort du monde extérieur, plus elles sont respectées. Donc naturellement, les vérités qu'ils déclarent et les recherches qu'ils font n'ajouteront rien de nouveau à leurs vies personnelles. Le respect qui leur est accordé n'est basé que sur leurs vies, et non sur leurs mots.
Avec les scientifiques, ce respect est basé sur leurs mots. Ainsi, dans le domaine scientifique, il y a plus de chance de trouver un mouton noir que dans la spiritualité. Et lorsque de plus en plus de personnes choisissent cette vie, il en résultera toujours un ou deux escrocs. On ne peut pas dire pour autant que la liberté religieuse en elle-même est mauvaise, que la liberté spirituelle en elle-même est incorrecte. Il y en resulte de nombreux bénéfices aussi.
Il y a une liberté sociale en occident. Vous pouvez vous mariez autant de fois que vous voulez. Vous pouvez changer de maison à votre guise. Vous avez la possibilité de changer de métier autant de fois que vous le désirez. Vous portez les vêtements que vous voulez. Cela ne gênera personne. Personne n'y accordera d'importance. Même maintenant, je connais des gens en Bharat qui suivent les traditions familiales, qui n'ont pas quitté le domicile familial ; ils ne déménagent même pas ! Alors en Orient, ils n'ont pas de liberté sociale, mais ils possèdent la liberté spirituelle. En Occident, ils n'ont pas de liberté spirituelle, mais ils possèdent la liberté sociale. Pour qu'une évolution se produise, quelle qu'elle soit, la liberté est un outil indispensable.
Dans ces quatre slokas, Krishna exprime la liberté spirituelle ; il accorde une liberté spirituelle à chacun d'entre nous. Il dit : « Il y a tant de chemins ; choisissez quelque chose qui correspond à votre mentalité, et pratiquez le, faites quelque chose. » Pourquoi pensez vous que les gens visitent rarement des endroits spirituels en Occident? L'autre jour je lisais un sondage statistique : Seulement 2% de la population Américaine va à l'Eglise. En Bharat, au moins 70% de la population visite régulièrement un lieu spirituel d'adoration. Cela peut être un temple dans le voisinage, dans la rue où ils habitent, ou quelque chose dans leur quartier. Dans tous les cas, 70% de la population a pour habitude d'aller dans un lieu saint, fréquemment.
Pourquoi ? Pourquoi cela ne se produit il pas en Occident ? Parce que l'Occident a oublié une chose très importante ; il n'a pas donné de choix à son peuple. Il n'y a qu'un système. Si une personne peut accepter le système, cette personne l'accepte, sinon, elle reste sans religion, c'est tout !
De nombreux choix sont proposés dans les traditions orientales. Si une personne a un esprit intellectuel, alors il choisira le Seigneur Siva. Cet individu va constamment s'asseoir et méditer. Si un individu est attiré par bhakti ou la dévotion, Lord Vishnu sera le meilleur choix. Ce chemin inclue le chant et la danse, comme Chaitanya et Meera- les Maîtres de jadis. Un individu chante la gloire du Seigneur comme l'ont fait les azhwars, qui étaient les Saints du Tamil Nadou qui adoraient Vishnu. Si une personne s'intéresse au yoga, si un individu est un yogi, alors Devi est la déité qu'il doit prier. Cet individu méditera sur elle, lui offrira la puja et lui accordera des pratiques tantriques.
Il y a tant de techniques différentes, tant d'options ! Alors il vous est sans arrêt proposé des options différentes. Vous pouvez choisir votre chemin personnalisé pour votre évolution personnelle. Alors naturellement, quelque soit l'endroit où une personne se trouve, elle pourra grandir spirituellement, et atteindre le niveau qu'elle est sensée atteindre. Il y a des échelles de toutes les tailles, avec toutes sortes de marches. Vous avez sans cesse le choix. Alors naturellement, on choisira ce qui nous convient le mieux.
L'Orient a exploré beaucoup d'espaces et réalisé beaucoup de recherches dans le monde intérieur grâce à cette liberté spirituelle. L'Occident a accomplit tant de choses au niveau social grâce à la liberté social ! Bien sûr, Bharat a souffert à cause du manque de liberté social, mais elle a développée énormément de choses grâce à sa liberté spirituelle.
Ici, Krishna explique en exposant de nombreux choix et en accordant une liberté spirituelle : faites ceci ou alors ceci, ou encore cela. On ne peut attendre d'un Maître autre qu'un Maître oriental d'avoir tant de compassion, de se sentir si concerné, d'être si aimant et d'offrir autant d'options. En Occident, c'est la loi qui offre beaucoup de compassion ; elle propose de nombreuses options. En Orient, c'est le système spirituel qui est plein de compassion et qui propose de nombreuses options.
En Occident, il y a certains domaines dans lesquels vous êtes respectés et dans lesquels chaque individu est respecté : par exemple dans les domaines comme l'aide sociale et d'autres domaines du même type. Donc beaucoup d'options sont également proposées dans le scénario social. Si un individu ne peut plus vivre avec son mari ou sa femme, ils peuvent simplement choisir de s'en aller. Socialement, une personne n'a pas de limites, elle est relativement libre.
Mais en Bharat, on accorde plus d'importance à la liberté spirituelle. Ces quatre slokas sont représentatifs de la liberté spirituelle qui est accordée à la société. Ici, Krishna donne la liberté de choisir à Arjuna; bien sûr, pas seulement à Arjuna, mais à nous tous à travers Arjuna.
Abhyaasepyasamarthosi mat-karma-paramo bhava Mad-artham api karmaani kurvan siddhim avaapsyasi
« Si vous ne pouvez pas pratiquer les règles du bhakti Yoga, essayez simplement de travailler pour Moi ; car en travaillant pour Moi, vous atteindrez l'état parfait, le siddhim avapyasi. » Ensuite, il enumere toutes les options possibles et dit :
Sreyo hi jnaanam abhyaasaaj jnaanaad dhyaanan visisshyate Dhyaanaat karma-phala-tyaagas tyaagaac chaantir anataram
Si vous ne pouvez pas suivre ces pratiques, alors engagez-vous dans la recherche de la connaissance. Il dit : récoltez au moins toutes ces solutions pour votre vie. La recherche de la connaissance vise à trouver des solutions pour pallier aux fluctuations de la vie : comment éviter la dépression, comment être courageux, comment être fort, comment éviter que vos désirs et vos émotions vous contrôlent ? C'est ce type de connaissance que vous pouvez gagner pour apporter des solutions qui peuvent vous aider et vous protéger dans la vie. Par exemple, à Los Angeles, en Californie, on parle de kits anti- tremblements de terre et de kits anti-cycloniques ; ils disent que des bouteilles d'eau et beaucoup d'autres outils vitaux devraient être inclus dans le kit et se trouver dans toutes les voitures. Sur le site Internet de la caserne des pompiers, il y a une grande liste de tout ce qu'une personne doit faire pour se préparer à un tremblement de terre ; ils l'appellent le kit anti-tremblement de terre.
Ici, en Occident, ils préparent les gens pour toutes ces éventualités, mais ils ne les préparent pas à faire face aux tremblements de terre qui se produisent à l'intérieur d'eux, les déséquilibres émotionnels qui se manifestent à l'intérieur de leur Etre. De la même manière qu'un individu se prépare pour un tremblement de terre externe, il a également besoin de posséder un kit pour les tremblements de terre internes. Ce tremblement de terre interne est ce que j'appelle les « Solutions de la vie », ou ce que j'appelle la connaissance.
Récoltez tous ces éléments maintenant, comme cela, si la dépression pointe le bout de son nez, vous aurez les clefs nécessaires en mains. Soyez bien clair : nous allons tous faire face à une sorte de tremblement de terre interne dans notre vie à un moment ou à un autre. Quand quelqu'un meurt, il n'y a plus aucun problème, parce que cette personne est morte ; alors il ne peut plus y avoir de tremblement de terre ! Mais aussi longtemps qu'une personne sera en vie, naturellement, à un moment ou à un autre, cette personne perdra des amis, des membres de sa familles décèderont, ses proches et ceux qu'elle aime tomberont malades ou mourront peut-être ; toutes ces choses sont inévitables…
L'inévitabilité de chaque moment doit être intégré. Comprendre l'inévitabilité de la vie et aspirer à la connaissance, récolter les outils pour apporter son support à celui qui traverse ces moments, récolter les idées pour équilibrer ceux qui traversent ces moments est ce que j'appelle gnana, la connaissance. Nous avons le devoir de préparer ces kits anti tremblements de terre pour nos vies ; autrement, nous serons incapable de nous remettre de ces événements.
Les contre coups seront terribles. Maintenant, les répercussions de nos comportements sont terribles, les autorités n'ont jamais réfléchi et ne s'attendaient pas du tout à ce que des cyclones de catégorie 5 apparaissent ! Les gens se débattent, c'est difficile pour eux. De la même manière, si vous ne vous attendez pas aux éventualités de la vie, et vous n'y réfléchissez pas maintenant, lorsque les tremblements de terre internes se produisent dans notre vie, quand les cyclones viennent perturber votre vie, ou si une tempête se produit dans votre vies, le contrecoup sera extrêmement difficile à supporter. Alors s'il vous plaît, préparez-vous des maintenant à cela...
Dans le système oriental, les gens se préparent sans arrêt pour les cyclones intérieurs, les tornades intérieures, les tremblements de terres intérieurs ; gnana est le kit anti tremblement de terre, la connaissance est le kit anti tremblement de terre pour le monde intérieur ! Maintenant, les êtres humains se sont développés et ont avancés à tous les niveaux ; nous n'avons plus à choisir entre l'espace extérieur et l'espace intérieur. Vous pouvez simplement avoir un kit anti tremblement de terre externe dans votre voiture et un kit anti tremblement de terre intérieur dans votre cœur ! Vous n'avez plus à choisir ; vous pouvez avoir les deux !
Quelqu'un m'a demandé : « Maître, il est dit que Buddha a conduit dix milles personnes à l'illumination. Quel est votre but ? »
Je lui est répondu « sans journaux, sans télégrammes, sans Internet, sans avions, si Buddha a réussit à guider dix milles personnes à l'illumination, alors avec toutes ces infrastructures, nous devrions pouvoir conduire au moins un million de personnes à l'illumination ! Alors ces infrastructures auront réellement servies à quelque chose ! »
Maintenant vous pouvez tout avoir, dans le monde intérieur et dans le monde extérieur. Soyez sur d'avoir un kit anti-tremblement de terre dans votre voiture et de la même manière, ayez un kit anti-tremblement de terre intérieur dans votre cœur ou dans votre espace intérieur et ne prenez jamais les tremblements de terre qui se produisent à l'intérieur de vous à la légère.
Prendre le tremblement de terre intérieur à la légère signifie que vous agissez dans l'ignorance ; vous vous attirez de gros ennuis, et vous ne vous préparez pas contre l'onde de choc qui va suivre. Soyez bien clair, lorsqu'une secousse se produit dans le monde extérieur, vous pouvez toujours accuser les responsables gouvernementaux, les directeurs, les politiciens ; vous pouvez rejeter la faute sur quelqu'un et vous débarrasser de toutes responsabilités. Vous pouvez remettre la responsabilité sur les épaules de quelqu'un d'autre. Mais lorsque cela concerne le monde intérieur, vous ne pouvez accuser personne. C'est vous qui devez en prendre l'entière responsabilité.
Comme Krishna le dit dans un des chapitres précédents.
Uttare atma natmanam atmanam ava sadhaye Admam yeva bhanduhu aram tribuh pratmai vaha
« Vous êtes celui qui doit vous aider à vous améliorer ; si vous favorisez votre ascension, vous êtes votre meilleur ami. Sinon, vous êtes votre pire ennemi. »
Il propose des options pour des chemins différents : l'entraînement, la recherche de la connaissance, la méditation et le renoncement des fruits de nos actions – karma phala yaga.
Parmi ces chemins, l'un est meilleur que l'autre. Il cite en premier lieu le chemin de la connaissance ; mieux que la connaissance, il y a dhyana, la méditation. Mieux encore, tout offrir aux pieds de Dieu. Et il dit, en renonçant à tout karma phala, en renonçant aux fruits de nos actions, immédiatement, on réalise la paix. Du moment que vous pensez que 'tout vous appartient', vous souffrez ! C'est dès que vous vous abandonnez et reposez tout entre les mains du divin que la guérison intérieure se produit Les gens pensent souvent que l'abandon est une perte de contrôle ; ils pensent que le lâcher prise est une forme de faiblesse et d'irresponsabilité. Comprenez bien cela, le contrôle est une expression de l'ego. Tout le contrôle naît du besoin du 'je' et du 'mien'. Le contrôle recherche le pouvoir. Et le pouvoir corrompt !
L'abandon est La libération. L'abandon est l'expression du non choix, donnez le meilleur de vous-même puis laissez le Divin décider de l'issue de vos actes ! Si nous nous agrippons à nos attentes, à nos attachements et aux résultats de nos actions, nous créons simplement de plus en plus de stress en nous, qui réduisent nos performances au lieu de les améliorer !
Lorsque nous apprenons à nous concentrer totalement sur ce que nous devons faire, lorsque nous travaillons sur le processus, lorsque nous suivons notre chemin, sans nous inquiéter de la destination, à la fin– incroyablement– nous découvrirons que tout ce que nous faisons est de meilleure qualité, nous travaillons plus vite et plus efficacement.
L'enseignement de Krishna n'est pas seulement spirituel, il est également très pratique. Ce n'est pas seulement un enseignement qui prépare à la vie après la mort, mais c'est aussi un enseignement qui aide à supporter la vie actuelle également.
Santi anantaram – Il dit qu'une personne qui renonce aux fruits de ses actions récoltera la paix éternelle. Lorsque l'on renonce à posséder ce que l'on fait, et que l'on remet l'issue de cela entre les mains du Divin, la paix et la félicité se manifestent. C'est une réelle libération de lâcher prise sur les attachements des résultats de ce que l'on fait. Cette libération survient de l'absence d'attentes sur les résultats de nos actions, ce qui nous permet de nous concentrer complètement sur ce que nous possédons déjà, sur l'instant présent. Vivre le moment présent, c'est vivre en paix, vivre dans la félicité, dans la libération, ou moksha.
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« Quelqu'un qui n'a aucun dégoût ni aucune envie envers qui que ce soit, qui agit de manière amicale et pleine de compassion avec tout le monde, qui est libérée de l'idée du 'je' et du 'mien', de l'ego, qui reste équanime à la fois dans la joie et dans la tristesse, qui sait pardonner, qui est toujours satisfait, unit dans le Yoga, qui est entièrement engagé en Moi et qui a fixé son esprit et son intellect sur Moi, un tel dévot M'est très cher. »
Dans tous les slokas qui ont précédés, Krishna a dit à Ajurna de faire ceci ou cela. Maintenant il ne dit plus 'Fais ceci' ou 'Fais cela'. Il dit que 'ceux qui font toutes ces choses me sont très chers'. Si vous ne faites pas ces choses ce n'est pas un problème, mais si vous les faites, vous me serez très chers'. En d'autres termes, il emploie le chantage emotionnel, pas directement, mais indirectement ! Tout cela pour la bonne cause.
« Quelqu'un qui n'est pas envieux, mais qui est un ami sympathique, un ami tendre envers tous les êtres vivants, qui ne se considère pas propriétaire, et qui est libéré du faux ego, qui est le même dans la joie et la détresse, qui est tolérant, toujours satisfait, qui sais se contrôler, et qui est engagé dans le service dévotionnel avec détermination, son esprit et son intelligence fixés sur Moi, un tel dévot M'est cher ! »
Comprenez ici : il dit, « Celui qui n'est pas envieux et qui est ami avec tous les êtres vivants. » Ce sont des qualités très importantes. Analysons nos esprits. Lorsque nous analysons sincèrement nos esprits, nous réalisons que, si à un moment quelconque quelqu'un venait vous dire qu'il vous aime, vous ne le croiriez pas. La première chose que vous feriez serait d'essayer de savoir ce qu'il attend de vous. Vous ne croyez même pas que vous méritez d'être aimé. Ensuite, vous ne croyez pas que quelqu'un puisse réellement vous aimer, parce que vous-même n'aimez personne réellement. Parce que vous êtes toujours calculateur, vous vous attendez à ce que l'autre soit calculateur également ! Tout notre amour est superficiel!
Ici, il dit, « une personne qui est un ami envers tous, un bon ami avec tous, qui rend service honnêtement, ressent de l'amitié de la part de tous et qui est libéré de son faux ego. » Maintenant, nous devrions comprendre le terme « faux ego ». L'ego ne signifie pas seulement montrer ce que vous n'avez pas, mais également cacher ce que vous avez.
Il y a deux types d'ego : L'ego actif et l'ego passif. L'ego actif montre ce qu'il possède, et l'ego passif est caractérisé par ce genre de pensées : « Oh, que puis-je faire, je ne suis qu'une personne toute simple, je ne peux rien accomplir, et je ne peux rien faire. » Se cacher est un résultat de l'ego passif. Ceci est un complexe d'infériorité et aussi une manifestation de l'ego.
Soyez bien clair : il y a au moins un point positif concernant le complexe de supériorité. Quelque soit l'endroit où l'on ira, on recevra un grand coup ! La société nous battra ; nous réaliserons que nous souffrons d'un complexe de supériorité. Mais, si nous souffrons d'un complexe d'infériorité, la société ne pourra pas nous battre ! C'est un moyen très rusé de se protéger de la vie. Vous ne saurez même pas que vous avez un problème. Donc, une personne qui se cache derrière l'ego qui se sent inférieur souffrira également, beaucoup plus que la personne qui souffre de l'ego qui se sent supérieur.
Une personne qui recherche la gloire et la popularité, de même qu'une personne qui ne veut ni gloire ni popularité, sont toutes deux égoïstes. Si vous recherchez la popularité, vous êtes égoïste. Et si vous ne la recherchez pas, c'est encore l'ego passif. Alors qu'une personne qui laisse les choses se faire simplement, qui laisse le courant l'amener là où il doit aller, cette personne seule vie dans la réalité.
Krishna fait un commentaire : « Après tout, qui va découvrir qui vous êtes ? Pourquoi pensez vous que vous êtes une si grande personne et que votre nom est si merveilleux et que tout le monde sait comment vous vous appelez? Pourquoi vous cachez vous timidement des gens qui connaissent votre nom. C'est seulement parce que vous sentez que de nombreuses personnes savent qui vous êtes que vous vous en cachez par timidité. C'est pour cela que vous ne voulez pas être connu. Je vous assure, personne ne vous connaît. » Bhagavan dit clairement, « Personne ne sait qui vous êtes, relax ! »
Personne ne sait comment vous vous appelez. Soyez bien clair : rechercher la gloire et la popularité et dire « je ne veux ni gloire ni popularité » sont deux types d'ego différents. L'ego de l'infériorité est aussi un type d'ego, c'est pour cela que nous l'appelons « faux ego ». Vous n'êtes pas seulement sensé être libéré de votre « ego actif », vous êtes sensé être libéré de votre « faux ego » également. Vous ne devriez pas vous cachez derrière un complexe d'infériorité.
Un Maître dit à son disciple, « S'il te plaît, masses donc un peu mes pieds. Fais un peu de Pada Puja ! (services rendus aux pieds du Maître) »
Le disciple répondit, « Oh, Je suis pécheur, comment pourrais je toucher vos pieds si sacrés ?' Il ne veut simplement pas le faire parce qu'il est paresseux ! »
Un peu plus tard, un dévot apporta des fruits et du prasad (des offrandes de nourritures) à l'ashram du Maître. Le Maître en mangea juste un petit peu, et laissa le reste de côté. Le jour suivant, il ne vit plus rien sur l'assiette de nourriture. Il demanda à ce même disciple, « Où sont passés les fruits et le prasad ? »
Le dévot répondit, « Le prasad du Maître ! Comment pourrais je le laisser traîner sur cette assiette ? J'ai tout mangé, car c'est une offrande. »
Voyez comment l'esprit fonctionne ! Il manipule joliment les situations en fonction de ses concepts du moment ! Nous utilisons les concepts qui nous sont avantageux. Lorsqu'il ne voulait pas travailler, il disait, « Non ! Comment pourrais je toucher vos pieds ? Je ne suis pas qualifié pour cela ! Mon âme n'est pas assez pure ! » Par contre, lorsqu'il désirait la nourriture, elle devenait le prasad très sacré du Maître, et il le mangea complètement !
Nous collectons tous des concepts pour supporter notre idéologie. C'est pour cela que l'on dit couramment que « le démon cite la Bible » ! Lorsque vous citez des passages de la Bible, il y a un intérêt caché derrière. Par contre, dès que vous comprenez l'essence de la Bible dans son entier, alors vous devenez comme ceux qui l'on écrite. Vous n'aurez alors plus besoin de citer la Bible du tout ! Ce seront les gens eux même qui citeront vos dires !
Dés que vous comprenez la futilité de vos soit disant buts et richesses, lorsque vous comprenez que rien ne vous appartient, lorsque cela est bien compris, alors toutes ces qualités commencent alors à rayonner à travers votre Etre. Vous serez transformé, et deviendrez une personne établie dans le pardon, qui maintient l'équanimité d'esprit, qui est satisfaite et unie dans le Yoga. En fait, vous rayonnez toutes ces qualités dès que vous êtes dans la félicité intérieure. L'homme qui est complètement heureux à l'intérieur rayonnera quelque chose de plaisant, sans raisons apparentes !
Je parlais d'ailleurs récemment de cela dans une de mes lectures. Nous transportons une pointe d'irritation dans notre Etre, et nous sommes toujours prêts à sauter sur quelqu'un. Dès que nous en avons l'opportunité, nous bondissons et hurlons sur quelqu'un à la moindre provocation à cause de cette irritation latente en nous. Nous vomissons continuellement nos misères et nos souffrances sur les autres. Nous sommes irrités car nous nous faisons du souci constamment, et intérieurement, nous ruminons nos peurs de ne pas avoir ce que nous voulons. Nous nous faisons du souci par rapport à l'avenir, sur la base de ce qui nous est arrivé dans le passé ! Ces soucis se rapportent aux attentes que nous avons. Nos soucis sont le résultat de l'écart entre ce que nous attendons, et ce que nous pensons être capable de faire et d'avoir. Alors nous devenons anxieux à propos de savoir si les choses vont bien se passer comme nous le désirons.
Les soucis sont si futiles ! Nous ne pouvons rien maîtriser dans la vie ! Tant de différents facteurs autres que nos propres capacités déterminent l'issue de ce que nous faisons ! Ces attentes même sont futiles, car l'avenir est spéculatif. Nous ne pouvons même pas contrôler notre souffle, nous ne pouvons pas dire avec certitudes que nous serons encore vivant dans cinq minutes. Quelle arrogance de penser que nous pouvons déterminer notre avenir, et l'issue de nos activités !
Les soucis, l'anxiété et l'irritation se dissolvent dès que nous nous installons fermement dans le moment présent. C'est seulement dans cet état là que nous sommes en position d'influencer nos actions et la conséquence de nos actions. Lorsque nous sommes bien ancrés dans le moment présent, les pensées s'arrêtent, les soucis et l'irritation disparaissent ; et nous réalisons combien nous faire du souci est non productif. Pendant nos retraites de méditation, je demande aux gens de noter sur papier tout ce qu'ils pensent leur donner du souci à ce moment là. Il y en a qui écrivent des volumes ! Je leur demande alors de garder le papier avec eux, et de revenir me voir dans six mois pour voir combien de ces soucis se sont en fait matérialisés. Vous serez surpris, mais en général, moins de 20% de leurs soucis se sont réellement matérialisés !
Les soucis et l'irritation sont inutiles ! Une fois que vous comprendrez la futilité de la chose, les tensions crées par cette irritation ne resteront pas avec vous. Lorsque vous comprendrez l'importance de l'état d'Etre, vous commencerez alors automatiquement à rayonner quelque chose de très plaisant, vous commencez à rayonner la joie.
Pour vraiment faire l'expérience de bhakti yoga, je préconise une méditation simple à tout le monde. Pratiquez cette technique simple : rayonner le contentement. Comment se pratique donc cette méditation? Du matin au soir, toutes les fois que vous y penserez, inspirez, inspirez seulement les qualités supérieures de la félicité. Visualisez que vous inhalez et expirez la félicité, votre corps dans sa totalité sera rempli de joie. Au début, vous commencerez à visualiser et imaginer que vous inspirez la félicité. Mais au bout de quelques jours, vous réaliserez que cette qualité est votre propriété.
Il vous faut savoir aussi qu'imaginer et visualiser sont deux choses bien distinctes. L'imagination, en sanskrit, est traduite par kalpana, alors que la visualisation est traduite par bhavana. Bhavana est différent de kalpana. Kalpana signifie imaginer les choses qui ne peuvent pas se réaliser dans la réalité. Par exemple, si vous imaginez un éléphant à dix trompes : c'est de l'imagination, donc kalpana ne peut être la réalité. Mais bhavana signifie' la visualisation de ce qui est la réalité', le moment présent.
Dans la journée, quand vous visualisez les étoiles dans le ciel, ce n'est pas de l'imagination, c'est de la visualisation. Car les étoiles sont présentes, mais vous ne pouvez simplement pas les voir, c'est tout. Alors, la visualisation des étoiles n'est pas l'imagination. Visualiser ce qui existe, bien qu'on ne puisse le voir dans le moment présent, est la visualisation. Imaginer ce qui ne peut jamais exister, c'est l'imagination.
Soyons clair : Méditez sur les Dieux et les Déesses n'est pas de l'imagination, c'est de la visualisation. Car ils existent, ce qu'il vous faut faire, c'est vous mettre sur leur longueur d'onde, c'est comme régler votre téléviseur sur la chaîne de votre choix. Si votre téléviseur est réglé comme il faut, vous pourrez commencer à regarder les différents programmes. De la même façon, visualiser c'est se régler, se connecter avec ce qui existe comme la réalité.
Continuez à visualisez que vous inhalez la félicité, que vous expirez le prana qu'on inspire et que l'on expire. Le Prana est l'énergie vitale, la félicité. Comprenez bien ceci, le prana n'est pas de l'air mais de l'énergie qui se meut en utilisant l'air comme support. Par exemple, un camion s'arrête devant votre maison, dépose des bagages et s'en va. Le camion représente l'air, les bagages sont le prana, le prana n'est pas l'air. En utilisant l'air comme support, nous inspirons le prana, le prana-shakti est la partie subtile de l'air. Prana-shakti est l'énergie de la félicité, ananda shakti.
Donc, toutes les fois, que vous inspirez, visualisez que vous inspirez la félicité, quand vous expirez, visualisez que vous expirez la félicité. Inhalez la lumière, expirez la lumière. Imaginez que tout votre corps est un sac d'haricots remplit de lumière. Et naturellement, à la place de l'irritation, la félicité commencera à prendre place et à rayonner. Au lieu de cracher le poison de la colère et de la jalousie sur les autres, vous émanerez l'amour et la béatitude !
« Un disciple ayant ces qualités à une place particulière dans Mon cœur », déclare Krishna. Krishna dit que si quelqu'un vit de cette manière, alors ce disciple est proche de Lui. Il ne dit pas faites ceci ou ne faites pas cela. Il ne veut pas créer d'avantage de règles. Il en a assez de créer des règles ! Il a atteint le stade où il permet au disciple d'agir, de choisir la voie qui l'intéresse, autrement, que faire d'autre ? Il est d'humeur compatissante.
Je pense que cela se passe avec tous les Maîtres. Tous les Maîtres, atteignent ce niveau, et après quelque temps, ils déclarent : « Très bien, vous êtes libre de faire comme bon vous semble, que peut on bien faire d'autre ? Nous pouvons vous guider ou vous montrez la voie jusqu'à un certain point. » Et puis, les gens commencent à penser que les Maîtres ont des intérêts cachés à vouloir donner l'illumination. Comme si en apportant l'illumination à dix personnes de plus, cela me permettrait d'avoir une place particulière au paradis, ou que mon salaire serait augmenté ! Comprenez : Nous ne faisons que partager ce que nous avons avec joie et félicité.
Une petite histoire :
Un aveugle marche dans les Himalayas. Tout à coup, ses mains atterrissent sur un serpent congelé par le froid. Le serpent allongé dans la neige ressemblait à un bout de bois. L'homme pensa « Oh, parfait, ce bout de bois me servira de canne. » Il ramasse donc le serpent pensant que c'est un morceau de bois, et commence à marcher.
Un sanyasi (ascète), voit l'homme avec la canne et lui crie de loin,' « Débarrasses toi de ce que tu as à la main, ce n'est pas un bout de bois comme tu le penses, c'est un serpent ! Dans deux heures, le soleil va se lever et le serpent reviendra à la vie, et tu te feras mordre ! «
L'aveugle lui répond, « Non, je comprends bien ou tu veux en venir ! Tais toi. Occupes Toi de tes affaires. »
L'ascète, de nouveau, essaie de mettre en garde l'aveugle « Ecoutes moi, la canne que tu tiens est un serpent, tu vas te faire mordre et tu mourras! » L'homme lui rétorque, « Je pense que vous n'avez pas de canne. Vous me demandez de me débarrasser de la mienne afin de la récupérer. Je ne vais pas m'en débarrasser, j'ai déjà eu à faire à des gens de votre espèce. »
Alors l'ascète dit, « Idiot, cela ne te servira à rien, tu vas perdre la vie. Il essaie alors d'arracher la canne des mains de l'aveugle qui à son tour essaie de le frapper avec cette dernière ! » C'est exactement ce qui se passe dans la vie courante.
Quand le Maître demande d'abandonner le « Je » et le « mien », les gens ont peur que le Maître les récupère et les garde pour lui ! Il se peut qu'il prenne ce « Je », pour en faire Dieu sait quoi? Ils pensent qu'il en a besoin personnellement, ce qui le pousse à demander aux gens de tout lâcher ! Les gens sont toujours très suspicieux ! C'est la raison pour laquelle le Maître dit parfois, « Ceci est l'unique façon d'y parvenir, toutefois, faites comme il vous plaît.' »
« Celui qui a l'esprit et l'intellect centré sur Moi », dit Krishna. Il est si difficile pour un disciple d'avoir cette attitude, de s'abandonner au Maître et à l'univers ! Aussi longtemps que les choses fonctionnent de la façon qu'il le désir, dès que le Maître permet au disciple de faire ce qu'il veut, le Maître est grand et digne de louanges. Mais dès que le Maître devient sérieux, et prend la responsabilité d'opérer le disciple, celui ci veut partir en courant !
Je demande toujours aux gens de décider à l'avance si je suis le Maître qu'il leur faut. Le Maître prend ses responsabilités au sérieux. Sa responsabilité la plus importante est de pratiquer l'opération sur le cancer de l'ego. Dès que le disciple prend son engagement, le Maître prend aussi son engagement. Il est dangereux de quitter la table d'opération en courant ! Nombreux sont ceux qui devront attendre plusieurs vies avant d'avoir la chance de trouver un Maître.
Ici, Krishna est dans une humeur compatissante Il déclare, « Un tel disciple à une place particulière dans Mon cœur », c'est tout. Il fait référence à l'engagement que le disciple prend avec Lui. Il déclare, « Celui qui prend cet engagement envers Moi et garde son esprit et son intellect sur Moi, est très précieux à Mes yeux, il connaîtra la libération, » déclare le grand Maître.
Ainsi, Krishna conclut magnifiquement ce chapitre. Ce chapitre est très court, c'est la raison pour laquelle nous pouvons presque l'étudier dans son intégralité.
ªÉº¨ÉÉzÉÉäÊuùVÉiÉä ±ÉÉäEòÉä ±ÉÉäEòÉzÉÉäÊuùVÉiÉä SÉ ªÉ&* ½þ¹ÉÉǨɹÉǦɪÉÉäuäùMÉè¨ÉÖÇCiÉÉä ªÉ& ºÉ SÉ ¨Éä Ê|ɪÉ&
Yasmaanno dwijate loko lokaanno dwijate cha ya Harshaamarshabhayodhvegairmukto yah sa cha me priyah
« Celui qui ne montre aucune hostilité envers les autres, qui n'est pas affecté par l'adversité du monde, celui qui est libéré de la joie, de la colère, et de l'anxiété, celui-ci est précieux pour Moi. »
« Celui qui n'est pas affecté par l'hostilité ou l'agitation du monde et qui en retour n'affecte pas ou ne cause aucune agitation dans ce monde… »
Tous ceux qui sont nés dans ce monde et y vivent ne vivent jamais seuls. John Donne, un célèbre philosophe, déclare, « Aucun homme n'est une île. »
Personne n'est indépendant. Nous sommes tous interconnectés. Tout ce que nous faisons, pensons, désirons, affecte les autres dans ce monde. Nos pensées, désirs et actions produisent des effets sur l'énergie de la Terre et de l'Univers, qui en retour génèrent d'avantage d'effets car elles sont en interaction avec les désirs, intentions et actions des autres.
Carl Jung, psychanalyste de renommé, développe le concept du Super ego, qu'il attribue au « ça » et à l'ego que Freud avait développé antérieurement.
Selon Freud et Jung, le « ça » représente l'intelligence première de l'Etre humain qui stocke toutes les mémoires véhiculées pendant son évolution de l'animal à l'Homme. Cette partie du cerveau est aussi considérée comme le cerveau reptilien car elle a la capacité de stocker des mémoires qui datent d'avant l'apparition des premiers mammifères sur la planète Terre.
Le « ça » est la partie instinctive de l'activité de notre esprit. Il en est la partie subconsciente et inconsciente. Bien plus de 90 % du fonctionnement de notre cerveau et de notre esprit se passe dans ces régions. Il a été conçu par la nature de cette façon dans le but précis de nous protéger des dangers grâce à une réponse spontanée et instinctive face à un danger extrême. Le fonctionnement de cette partie du cerveau est aveuglément rapide, peut-être 100 millions de fois plus rapide que le cerveau conscient.
L'ego représente notre identité, la partie de notre esprit qui nous donne notre personnalité. C'est l'ego qui décide tout le temps pour nous sans que nous en soyons conscient. Ses décisions sont basées sur des mémoires qui sont profondément ancrées en nous, qui sont stockées dans le « ça » et l'ego, et décident comment nous devrions agir dans une situation particulière. Le problème ici, c'est que nous ne sommes pas du tout conscient du pourquoi de nos décisions, bien que nous aimerions tous croire que nous le sommes.
Le Super ego, comme Jung l'a pensé, est l'inconscient collectif de la race humaine. Dans sa théorie Jung déclare que nous avons tous tendance à agir d'une manière collective qui ne peut être expliqué rationnellement.
Les scientifiques sont arrivés à la théorie suivante : le centième principe du singe. Concrètement, voilà comment fonctionne cette théorie : Disons qu'il existe 100 singes, ils vivent isolément sur une île retirée et coupée du continent. Imaginons que ces singes apprennent ou qu'on leur apprend de nouvelles techniques ou de nouveaux stratagèmes, ou que certains changements se passent dans leur groupe. Il a été prouvé que ces aptitudes sont transmises sans qu'il y ait eu contact physique ou mental avec les singes du continent.
C'est vrai, il n'est pas nécessaire de former tous les singes de la planète terre pour que la connaissance soit transmise dans l'espèce. Tout ce qui reste à faire, c'est de former un groupe de singes quelque part, et très rapidement tous les singes de la planète acquérons ces qualités, cette connaissance. Ils n'ont pas besoin d'étudier, ni de se concerter, ni de regarder la télévision ou d'avoir accès à internet. La connaissance et les techniques sont transmises à travers un mécanisme qui est encore inconnu à ce jour pour les scientifiques. Ils savent que ce phénomène existe mais ne savent pas l'expliquer !
Ce type de transfert s'est répété à plusieurs reprises lors de grandes découvertes scientifiques. A l'époque de Madame Curie, la découverte de la radioactivité dans le Radium, d'autres scientifiques indépendamment à travers le monde annoncèrent la même découverte.
Le Super ego, cette inconscient collectif, n'est pas vraiment inconscient ; il est super conscient. La conscience collective est l'aspect le plus important de l'existence humaine. Nous sommes tous interconnectés. Nous sommes tous la même énergie. Nous nous affectons mutuellement. Nos pensées et actions nous influencent mutuellement. En pénétrant cette espace de la conscience collective, nous entrons dans le monde de l'énergie universelle. Notre Moi individuel, devient partie intégrante du Moi universel. Nous devenons Divin.
Quelque chose d'étrange se passe quand nous accédons à la conscience collective. Tant que nous n'y avons pas accès ; nous faisons des vagues, nous affectons les autres et les autres nous affectent, le plus souvent avec hostilité, car nous n'avons aucune notion de ce que c'est d'être altruiste, notre conception, notre perception des choses est égoïste. Cependant, à partir du moment que nous entrons dans la zone de la conscience collective, nous sommes intégrés l'un à l'autre, nous devenons Un. Dans cet état nous ne pouvons faire aucune vague car nous sommes un seul et même océan, la même rivière qui suit le même courant sans faire de distinction avec les autres.
Quand Krishna déclare « n'étant pas affecté et n'affectant pas le monde » Il fait référence à cet état de conscience collective, l'état Divin, dans lequel vous et moi formons Un avec Lui.
Krishna va plus loin « Celui qui ne connaît ni joie ni peine, ni colère ou anxiété. » Que veut-il dire ? Nous pouvons comprendre au moins la colère et l'angoisse, mais pas la joie, jamais ! « Quel est le problème de ce gars ? » Demandons nous, quand nous voyons quelqu'un qui est heureux sans raison.
Pour la plupart d'entre nous, la joie est une période de pause entre les expériences de bonheur et de tristesse. C'est comme une période de répit sur un champ de bataille que nous appelons « paix, » qui est tout à fait fugace et irréel.
La joie et le plaisir temporel prennent leur source dans les expériences sensorielles du monde extérieur et elles conduisent invariablement à la douleur. La joie est le sousproduit de la satisfaction d'une attente comblée. Quand cette dernière est réalisée, nous éprouvons du bonheur. Il y a de forte chance que cela ne se reproduise pas la prochaine fois. Quand cela se produit, au lieu de la joie, l'amertume s'installe.
La joie ne peut être expérimentée qu'intérieurement, ce n'est que de cette façon qu'elle peut durer. Une telle joie se nomme Félicité. La félicité est éternelle, contrairement à la joie qui est éphémère. La félicité est éternelle puisqu'elle survient quand nous n'avons plus d'attente, quand nous restons déconnecté, quand nous sommes dans l'humeur et le mode du non attachement.
« Satssangatve nissangatvam Nissangatve nirmohatvam Nirmohatve nischalitatvam Nischalitatve jeevan muktihi »
Déclare Sankara dans son hymne, Bhaja Govindam. Le non attachement conduit à l'élimination des désirs, à l'état du non désir qui nous permet de faire l'expérience d'un esprit calme et apaisé, un esprit remplit de félicité. L'état de félicité conduit à la libération.
Quand Krishna parle de l'état dans lequel on n'est pas dans la joie, il fait référence à cette joie temporaire, qui est le sous produit de nos samskaras, la joie qui se manifeste et ne dure pas, la joie issue du jeu de nos samskaras, alimentée par nos illusions et nos fantasmes. C'est seulement quand on peut aller au-delà des limites des hauts et des bas de nos joie éphémères que l'on peut vraiment atteindre l'état de félicité.
Pour faire l'expérience de la félicité, il nous faut transcender la joie et l'amertume.
L'anxiété est le cancer de notre esprit. Dès que nous avons la capacité de penser, nous sommes inquiets. Nous nous faisons du souci tout le temps. L'inquiétude, l'anxiété, et le stress qui en résulte sont nos béquilles dans la vie.
Nos angoisses surviennent de la peur de ne peut être pas pouvoir réaliser nos objectifs. Nous avons nos propres désirs et espoirs. Nous avons un potentiel dont nous sommes généralement conscients. Très souvent, nos désirs n'ont aucune base réelle, ils n'ont rien à voir avec nos aptitudes. Il existe un fossé entre nos désirs et nos capacités propres à réaliser les choses. Ce fossé ce traduit alors en inquiétude.
Si nous essayons de fermer les yeux pour nous concentrer sur un objet ou un évènement quelconque, nous remarquerons que nos efforts dans ce sens seront immédiatement contrecarrés par des pensées autres que ce que nous voulons traiter. C'est le bavardage intérieur de notre esprit. C'est ce que Buddha a nommé « le mental de singe ».
Ce bavardage intérieur est le va et vient incessant de notre esprit entre le passé et le futur. C'est le périple qu'entreprend notre esprit entre ce qu'il a expérimenté et stocké comme mémoire ; et l'inconnu, qui déborde d'attentes et de spéculations. Ce va et vient, ce mouvement est ce que nous appelons les pensées.
L'anxiété survient quand notre esprit réalise que ce que nous désirons a très peu de chance de se réaliser. La perte d'une chose qui ne s'est même pas réalisée, qui est le fruit d'une parfaite spéculation, crée des émotions si intenses à l'intérieur de nous ! Nous anticipons le pire avec inquiétude, bien avant que la chose se produise, puis nous attendons que l'évènement se passe en retenant notre souffle.
Bien souvent, vous éprouverez une sorte de soulagement quand le pire que vous aviez imaginé s'est effectivement manifesté. Vous trouverez qu'il n'y a plus d'anxiété à avoir quand le futur se manifeste dans le présent.
L'anxiété trouve sa place dans le futur, sa source est l'ego. C'est l'ego qui crée l'attente, l'attente du « Je » et du « Mien », et simultanément la crainte de ce que vous attendiez peut ne pas se manifester. Pour vous débarrasser de l'anxiété, revenez au présent. Ce n'est que dans le présent que votre bavardage intérieur s'arrêtera, et vos peurs disparaîtront.
Quand Krishna déclare «Celui qui ne connaît pas l'angoisse Me connaîtra » Cela veut dire, «Celui qui est dans le moment présent arrivera à Moi ». Dans le moment présent, nos pensées s'arrêtent, et ainsi, nous pouvons voir clairement la vérité concernant notre existence, nous sommes alors dans la Conscience de Krishna, et nous sommes alors unis à Lui.
« Lâchez la colère », dit Krishna, «Celui qui ne connaît point la colère arrivera jusqu'à Moi ».
Par la compréhension littérale de ce verset, nul ne peut atteindre Krishna. Chaque individu, à un moment ou à un autre, a exprimé la colère. La colère est une énergie positive. Exprimer la colère peut être quelque chose de très positif, pour celui qui exprime la colère et celui qui la reçoit. Ce que je dis peut évidemment vous paraître bizarre !
La colère est souvent le fruit de la culpabilité. Nous sommes sur la défensive quand notre mari ou notre femme nous montre un point sur lequel nous n'avons pas été à la hauteur. Nous prenons une attitude défensive, nous ressentons de la culpabilité quand nous réalisons que nous avons tort. Mais, au lieu d'accepter notre tort, nous nous mettons en colère. Nous souhaiterions que ce tort ne soit jamais dévoilé, et nous détestons la personne qui essaie de l'étaler au grand jour. C'est comme le lépreux qui ne souhaite pas voir ses plaies.
Dans ce sens, ce type de colère est aussi dirigé contre nous même. La culpabilité que nous ressentons est la manifestation de la rage intérieure contre notre propre faiblesse. La culpabilité est le plus grand des péchés que nous puissions commettre. Quoique nous fassions, nous le faisons avec connaissance et la conscience que nous possédons à ce moment précis. Et une fois que nous avons fait ce que nous avons fait, il n'y rien que nous puissions faire pour changer les choses.
« La main qui bouge écrit, et une fois cela terminé, elle continue à se déplacer » déclare Omar Khayyam dans Rubaiyat. Après avoir écrit, elle se déplace, et ni les larmes ni votre piété ne peuvent la faire revenir. Le passé ne peut être défait. Mais la culpabilité peut l'être, nous pouvons simplement nous en débarrasser. Vous pouvez accepter ce que vous avez fait et passer à autre chose. Vous pouvez même accepter que vous ne puissiez pas accepter ce que vous avez fait et passer à autre chose. Vous pouvez lâcher la culpabilité, vous pouvez vous en débarrasser.
Quand nous lâchons la culpabilité, nous nous débarrassons en même temps de la colère. Nous nous débarrassons des émotions refoulées telles que la colère, le regret, se tenir sur la défensive, et de toute colère interne. La colère réprimée peut causer le cancer. Les gens qui paraissent calme en surface et contrôlent la colère qu'ils ressentent sans l'exprimer, sont assis sur une bombe à retardement ! Elle peut soit exploser de manière imprévue causant des dégâts graves pour eux-mêmes ainsi que pour les autres, ou elle peut se transformer par une auto destruction se manifestant par un cancer.
Dans la culture Malayan, dès leur plus jeune âge, on apprend aux enfants à ne pas exprimer les émotions négatives telles que la colère, l'irritation, le chagrin, etc… Chaque membre de cette société est sensé être calme, Maître de soi. Tout à coup cependant, ils explosent. On dit qu'ils sont « pris d'une crise de folie meurtrière ». On peut même trouver cette expression dans le dictionnaire. Cela signifie qu'une personne peut devenir parfaitement incontrôlable, déchaînée, faire des ravages. Essayez de contrôler les émotions aboutit à la perte totale de contrôle.
Si on apprend à lâcher la colère quand elle arrive, il n'y aura plus de crise de rage folle, plus d'explosion domestique. Nous empilons les émotions puis elles explosent. La colère intérieure ne cesse d'être accumulée depuis l'enfance pour des raisons multiples. Nous renforçons toute notre négativité concernant la société. Nous sommes incapables d'exprimer ce que nous ressentons pour des raisons sociales car ce n'est pas convenable, pas digne de la culture que nous avons reçu, pas civilisé de notre part. Alors la colère doit exploser à un moment ou à un autre.
Nous devrions apprendre à diriger notre colère sur les problèmes plutôt que de la diriger vers les gens. Quand la colère monte envers quelqu'un, dirigez la de préférence vers le problème de la colère, non vers les gens. La personne sur laquelle vous déverserez votre colère n'est que la cause perçue comme vous la voyez. Le problème véritable reste sous jacent tant que vous dirigez la colère contre quelqu'un. Plus grave encore, cette colère refera en surface. La colère engendre la colère. C'est un cercle vicieux.
Si, toutefois, vous éprouvez le besoin d'exprimer la colère, exprimez la complètement, contre un incident, un évènement, un problème, sans la personnaliser. Nous pouvons nous débarrasser de la colère sans se faire du tort à soi même ni aux gens autour de nous. C'est tout à fait possible, il vous faut simplement vous entraîner, c'est tout !
Quand la mémoire de la colère est exprimée complètement, elle s'efface de la mémoire. Aucune trace de colère ne reste. Après un certain temps, la colère disparaît même avant qu'elle ne surgisse.
Krishna fait référence à cet état au-delà de la colère comme une possibilité pour arriver à Lui.
Sanskrit Verse
+xÉ{ÉäIÉ& ¶ÉÖÊSÉnÇùIÉ =nùɺÉÒxÉÉä MÉiÉ´ªÉlÉ&* ºÉ´ÉÉÇ®ú¨¦É{ÉÊ®úiªÉÉMÉÒ ªÉÉä ¨ÉnÂù¦ÉCiÉ& ºÉ ¨Éä Ê|ɪÉ&
Translation
Anapekshaha suchirdaksha udaasino gatavyathah Sarvaarambhaparithyaagi yo madbhaktah sa me priyah
« Celui qui est libre de tout désir, qui est pur et habile, insouciant, serein, qui est altruiste dans tout ce qu'il fait, celui qui m'est dévoué, celui-ci M'est cher. »
Krishna passe à la vitesse supérieure. Une fois que vous abandonnez la joie, l'anxiété et la colère, une fois que vous transcendez ces émotions, vous atteignez un état de calme qui vous rapproche de Lui. Maintenant, Il passe de « nissangatvam »à « nirmohatvam » ; du non attachement aux émotions, au non attachement aux désirs.
Il nous fait comprendre la différence entre les désirs et les besoins. Les besoins nous sont nécessaires pour survivre sur cette planète Terre. Il s'agit de notre nourriture de base, d'un habitat, etc. Mahavîra dit, « L'univers a déjà pourvu pour tout ce dont vous avez besoin dès vous êtes nés sur cette planète. »
Il nous faut tout simplement faire confiance à l'univers, et nous recevrons exactement tout ce dont nous avons besoin pour vivre. Nous ne devrions pas désirer plus.
Mais en général, nous cherchons à avoir toujours plus. Nos besoins de base ne nous satisfont plus. Nous voyons les autres autour de nous vivre dans ce que nous jugeons être un confort plus intéressant. Nous ne pouvons pas supporter de voir les autres être plus heureux que nous. Nous nous sentons beaucoup plus à l'aise lorsque nous les voyons souffrir, car cela semble relativiser l'ampleur de nos soucis.
Si nos voisins achètent un nouvel appareil à air conditionné, la température dans notre maison augmente subitement ! Si le voisin achète un nouveau réfrigérateur, nos provisions semblent ne plus se conserver aussi bien qu'avant ! Si le voisin achète une nouvelle voiture, notre voiture semble soudainement ne plus être aussi rapide qu'elle l'était ! Nous comparons constamment ce que nous avons avec ce que possède les autres.
Nous sommes ainsi tout le temps en train de nous demander ce que sera la prochaine chose que nous nous procurerons. Avant même que nous commencions à apprécier ce que nous avons acquis, nous commençons à faire des projets pour acquérir plus. Nous n'éprouvons en fait aucune joie à posséder les choses ! Notre joie réside dans l'acte de poursuivre nos désirs. Il n'y a pas de limites à cette poursuite.
Lorsque vous devenez le plus riche de votre famille, vous aurez aussi besoin de devenir le plus riche de votre quartier, le plus riche de votre pays, le plus riche du monde… Cela n'a pas de fin.
Bhagavan Ramana Maharishi a très joliment noté de façon poignante,' Cet univers peut satisfaire les besoins de tous ses habitants, mais il ne peut pas pourvoir aux désirs d'une seule personne.'
Les désirs n'ont pas de fin. Ils provoquent tant de souffrances ! Les désirs naissent de nos comparaisons. Nos besoins, nos besoins de base, porte en eux l'énergie nécessaire pour être satisfaits. Mais nos désirs portent avec eux la graine de notre propre souffrance.
Durant nos programmes NSP, le programme Nithyananda Spurana, J'emmène les participants à travers les sept couches d'énergie que l'esprit traverse lorsque l'on meurt. Dans ce processus, l'esprit se rappelle tout ce qui s'est passé durant sa vie dans ce corps qu'il a occupé. Il visionne sa vie de manière très rapide, chaque incident est stocké dans le disque dur de notre mémoire.
Dans une de nos sessions, je demande au gens d'écrirent tous leurs désirs, leurs besoins. Ils remplissent des pages et des pages… Je leur demande ensuite de revoir leurs notes plusieurs fois. Puis je leur demande de méditer. A la fin de leur méditation, Je leur demande de se rappeler de mémoire la liste de désirs qu'ils ont écrits. Ils ne se souviennent en général que d'une fraction de ce qu'ils ont écrits.
C'est comme s'ils avaient commencés avec un arbre plein de feuilles, leurs désirs. Durant la méditation, l'arbre a perdu presque toutes ses feuilles, comme si ces feuilles n'étaient en fait que des feuilles mortes. Celles qui restent brillent comme des feuilles d'or au soleil !
Tout ce qui reste dans leur mémoire, ces désirs brillent comme de l'or. Ils portent avec eux l'énergie nécessaire pour leur matérialisation. Ces désirs sont les vrais désirs qu'ils portent avec eux.
Ces désirs, si le processus est fait en conscience, sont toujours des désirs altruistes. Ils portent bénéfice à l'individu,