KAILASA Library/Discours sur la Bhagavad Gita Gita - Chapitre 1/स घोषो धार्तराष्ट्राणां हृदयानि व्यदारयत्। नभश्च पुथिवीं चैव तुमुलो व्यनुनादयन् । ११.१९ । ।Sign in
Discours sur la Bhagavad Gita Gita - Chapitre 1

स घोषो धार्तराष्ट्राणां हृदयानि व्यदारयत्। नभश्च पुथिवीं चैव तुमुलो व्यनुनादयन् । ११.१९ । ।

sa ghoso dhartarastranam hrdayani vyadarayat nabhas ca prthivim caiva tumulo 'bhyanunadayan (1.19)

Le son tumultueux des conques crée une scission dans le ciel et sur la terre, ce qui brise le cœur des fils de Dhritharashtra.

Quand Bhishma fit résonner sa conque, ce qu'il reçut en réponse fut le son des conques des guerriers Pandava. Il n'est noté nulle part par Sanjaya que le son de la conque de Bhishma ou l'accompagnement du son des tambours et des trompettes en provenance de l'armée Kaurava causa quelque inquiétude dans l'armée Pandava.

Ce qu'il dit maintenant est différent. Quand les guerriers de l'armée Pandava dirigés par Krishna et Arjuna firent résonner leurs conques, Sanjaya déclare que le cœur des fils de Dhritharashtra fut brisé.

Les mots utilisés ici sont significatifs. Il dit que le fait d'avoir soufflé dans les conques créa des vibrations dans le ciel et sur la terre. Les conques des princes Pandava et des grands guerriers n'étaient pas de simples instruments de musique. Ils étaient imprégnés de présence divine. Le son produit par ces conques, offertes par les créatures célestes, était empreint de grands pouvoirs spirituels, quand leurs propriétaires les activaient. En fait, ces sons étaient des mantras, ou des sons sacrés, qui produisaient de puissantes vibrations qui affectaient l'environnement. C'est de ce vacarme dont parlait Sanjaya.

Dans les épopées Hindoues, on fait allusion à des armes, 'les astra'. Un astra n'est pas une arme physique. C'est une pensée ou un mot auxquels leur créateur a donné d'énormes pouvoirs pour détruire. Il existait des mantras qui créaient des vibrations ou des forces d'énergie de destruction, de la même manière que le ferait une arme nucléaire.

Un peu plus tard, lors de la guerre Mahabharata, quand l'armée Kaurava fut mise en déroute, l'un des survivants, Aswattama, fils de Drona, pour se venger, par désespoir, libéra le Brahmastra, le plus mortel des astras connus à l'époque. On raconte que le Brahmastra était comme une arme nucléaire, capable de libérer une chaleur intense et destructrice, qui pouvait causer au moins douze années de famine à la terre. Brahmastra était une arme qui avait été obtenue par Aswattama après d'intenses pénitences à Brahma, le Créateur.

Arjuna riposta au Brahmastra avec Pasupatastra, qu'il avait obtenu de Siva. Afin d'empêcher des dommages importants au monde, on conseilla à ces deux guerriers de retirer leurs armes de la guerre. Alors qu'Arjuna pu supprimer son arme, Aswattama en fut incapable.

Il est dit que Krishna reçut le Brahmastra comme son bien personnel avant que cette arme ne puisse faire des dégâts.

Les conques qu'utilisaient les guerriers Pandava n'étaient pas créées pour détruire physiquement, mais elles étaient très efficaces pour détruire les fantasmes que les princes Kaurava cultivaient dans leur esprit. On faisait résonner les conques pour déterminer le lieu du combat et en définir les limites. Elles étaient très efficaces pour établir ces limites; les princes ainsi que les guerriers Pandava avaient le plaisir et l'avantage de savoir exactement ce qu'ils faisaient, ce qui selon leur degré de conscience leur paraissaient justes. De plus, ils avaient pour leur cause le soutien de Krishna en personne. Les princes Kaurava avaient peur. Tout ce qui les avait motivé était l'avidité et la jalousie.

Il nous faut comprendre que Sanjaya était capable de voir bien au-delà des réponses superficielles de tout un chacun sur le champ de bataille. Imprégné de son puissant ajna, la vision du troisième œil, Sanjaya pouvait sonder le subconscient, les émotions profondes et les réponses des guerriers. Peu importe ce qu'avait été la réaction de l'armée Kaurava en réponse aux guerriers Pandava, Sanjaya conclut que les princes Karauva étaient démoralisés.