KAILASA Library/Discours sur la Bhagavad Gita Gita - Chapitre 1/द्रपदो द्रौपदेयाश्च सर्वशः पुथिवीपते। सोभद्रश्च महाबाहुः शङ्खान्दध्मुः पुथक्पृथक् । ।१.१८ । ।Sign in
Discours sur la Bhagavad Gita Gita - Chapitre 1

द्रपदो द्रौपदेयाश्च सर्वशः पुथिवीपते। सोभद्रश्च महाबाहुः शङ्खान्दध्मुः पुथक्पृथक् । ।१.१८ । ।

drupado draupadeyas ca sarvasah prthivi-pate saubhadras ca maha-bahuh sankhan dadhmuh prthak prthak(1.18)

Le Roi Yudhishthira, fils de Kunti, fit résonner sa conque : Anantavijaya ; Nakula et Sahadeva firent résonner Sughosha et Manipushpaka. Le grand archer, le Roi Kashi, le grand lutteur Sikhandi, Dhrishtadyumna, Virâta et l'invincible Satyaki, Drupada et les fils de Draupadi, et les autres, ô Seigneur de la terre, et Subhadra au bras puissant, firent de toutes parts résonner leurs conques.

Les conques, en sanskrit shank, sont les coquilles de mollusques qui vivent dans la mer. Depuis les temps immémoriaux, les écritures Hindoues, ont toujours fait référence à l'utilisation de ces conques lors des rituels et des festivités spirituelles. En général, on soufflait dans ces conques pour exprimer l'obéissance au Divin ou à la famille royale ou lors d'une célébration favorable ou à l'occasion d'évènements victorieux. Souffler dans une conque était synonyme de joie.

On dit du valampuri shank (conque en spirale qui à la forme d'une main droite), qu'elle a des propriétés surnaturelles. Quand on souffle dans cette conque, le son produit est le son aum, le mantra pranava, le son de la création. Des expériences ont réellement montré que, quand le son aum est digitalement enregistré, la vague émise par ce son à la forme d'un valampuri shank.

Chacun des guerriers dans la guerre Mahabharata avait sa propre conque, et le son émis par chacune de ces conques était leur signature, ce qui permettait d'identifier chacun d'eux. Ces grands guerriers, pour la plupart, avaient leurs propres drapeaux qui flottaient par-dessus leurs chars et par-dessus leurs armes. Leurs arcs, en particulier, avaient une grande signification spirituelle, car ils les avaient obtenus après avoir accompli de longues pénitences pour atteindre le Divin. On raconte que, quel que soit l'endroit où se trouvait Arjuna sur le champ de bataille, sa présence était connue par le son de sa conque et le son vibrant de son arc, malgré la distance, et bien que son drapeau eût été recouvert de poussière.

Quand Bhishma fit résonner sa conque pour soutenir Duryodhana, la réponse des deux côtés fut tumultueuse. Chaque guerrier sur le champ de bataille sortit sa conque et la fit résonner de sa signature. De tous les sons émis, certains firent vraiment la différence.

Vyasa, par l'intermédiaire de Sanjaya, déclara que Krishna et Arjuna avaient fait résonner leur conque. Ce qui était très significatif puisque Vyasa n'attribuait aucune part de divinité à ces conques. Il se référait à Krishna en tant que Madhava, et plus tard en tant que Hrishikesa. Madhava signifie que Krishna est une incarnation de Vishnu, qui est le mari de Lakshmi, la Déesse de la Richesse et de la Fortune, et dans ce contexte cela signifie que peu importe la personne que Krishna soutiendra, cette personne sera invincible. On fait alors référence à Krishna en tant que Hrishikesa, le contrôleur des sens, la super conscience, qui en fait a créé maya, l'illusion qu'est la grande guerre de Mahabharata.

Vyasa laisse entendre que tout ce qui se passe est une création de Krishna. Dans quel but ? Lui seul le sait. Le Divin n'a vraiment aucun but, le Divin Est, c'est tout.

Krishna fit résonner sa Panchajanya, la conque de Vishnu. Le son du Panchajanya de Krishna étouffa tous les autres sons sur le champ de bataille. C'était l'annonce pour tous que le Divin était présent avec l'armée Pandava.

Le char d'Arjuna, qui était conduit par Krishna, était un don d'Agni, le Dieu du Feu. On raconte que ce char ainsi que son arc Gandiva, également un don d'Agni, étaient capables de traverser les trois mondes. On fait référence à Arjuna en tant que Dhananjaya, vainqueur de la richesse, par rapport à son aptitude à générer la richesse dont son frère Yudhishthira avait besoin.

Pour ne pas être surpassé, Bhima fit résonner sa Paundra, qui émit un son redoutable qui suscita de l'effroi dans l'armée Kaurava. Ici Bhima est considéré comme Vrikodara, celui qui a le ventre d'un loup. Bhima avait continuellement faim et mangeait plus que tous ses frères réunis, pourtant son ventre restait aussi plat que le ventre d'un loup. Et comme le loup, le prédateur, ses ennemis le craignaient à cause de sa force et sa colère.

Le son de Bhima fut suivi par le son des trois autres princes Pandava,Yudhishthira, Nakula et Sahadeva puis par les grands guerriers, Drupada, Virâta, Sâtyaki, Dhrishtadyumna, Abhimannyu et les autres, tous soufflant dans leurs conques en célébrant leur victoire imminente.

Chacun de ces grands guerriers avait une grande histoire. Yudhishthira, le plus âgé des princes Pandava était né de Kunti sa mère, par la grâce de Yama, le Dieu de la Justice et de la Mort, il était universellement connu sous le nom de Dharmaraja, le roi de la vérité, car on ne l'avait jamais entendu prononcer un mensonge. Nakula et Sahadeva étaient les enfants de Madri, la seconde femme de Pandu, par la grâce de Ashwini Kumaras, les êtres célestes.

Drupada, le Roi de Panchala, était le père de Draupadi, femme de Pandavas, et père de Dhrishtadyumna.

Dhrishtadyumna était né de Drupada, il demanda à Siva de lui donner un fils qui serait capable d'égaler Drona en mérite, qui pourrait le combattre et le vaincre.

Virata était Roi, il permit aux cinq princes Pandava ainsi qu'à Draupadi de passer une année incognito dans son royaume. Sa sœur épousa Abhimanyu, le fils d'Arjuna dont la mère était Subhadra, la sœur de Krishna.

Shikhandin était né comme l'instrument de vengeance de Bhishma, quand Bhishma captura la princesse Amba pour l'offrir en mariage à son demi frère Vichitravirya. Celle-ci préféra s'immoler afin de renaître pour venger son déshonneur.

C'est comme si Sanjaya, le narrateur des incidents de la guerre, essayait à plusieurs reprises de graver dans la mémoire de Dhritharashtra, le Roi aveugle, le calibre des guerriers Pandava et de leurs glorieux antécédents, de manière à ce que le choc du désastre imminent du clan Kuru de Dhritharashtra ne fût pas une surprise pour le Roi. Sanjaya faisait spécifiquement référence à ces guerriers en tant qu'aparajita, les invincibles, toujours victorieux dans tout ce qu'ils entreprenaient, ce qui impliquait clairement qu'ils seraient victorieux, peu importait l'entreprise dans laquelle ils s'embarqueraient.

Il est important de remarquer que, quand Bhishma fit résonner sa conque en tant que Commandant de l'armée Kaurava pour signifier le début de la guerre, c'est Krishna qui donna une réponse et non Dhrishtadyumna le Commandant Pandava, ou n'importe quel prince Pandava. Krishna donna simplement une réponse, ce n'était pas une réaction pour relever le défi créé par Bhishma. Cela voulait simplement dire, que tout ce qui était lancé en direction de l'armée Pandava était en train d'être accepté.

Krishna, en tant que guide super conscient des princes Pandava les absout de toute culpabilité ou d'actions négatives en prenant sur lui la responsabilité de tout ce qui pourrait se passer. Le reste de l'armée Pandava, Arjuna compris, suivit l'exemple de Krishna en soufflant dans les conques.