LE STYLE DE VIE N'EST PAS LA VIE
de ce que sont réellement les soucis. Nous ne trouverons jamais une réponse si nous essayons de travailler sur les raisons de nos soucis. Ce n'est que si nous travaillons sur l'expérience subjective du souci, que nous nous débarrassons du souci. Quand nous avons un problème et essayons de travailler sur notre style de vie, cela ne nous servira à rien. Il nous faut travailler sur la vie elle-même. Il nous faut travailler à créer toujours plus de conscience. L'homme ne pourra jamais se détendre s'il investit toute son energie à dévelloper seulement son style de vie. Il ne pourra jamais se détendre avant d'être dans le cerceuil! Même dans le cimetière, il sera encore en train de se soucier au sujet de la pierre tombale qui va être choisie pour décorer son cerceuil! J'ai entendu dire qu'ici, aux Etats-Unis, des gens achètent des terrains pour leur propre enterrement alors qu'ils sont encore vivants. Je crois que les terrains surplombant l'océan sont plus honéreux! Lorsque nous ne sommes intéressés que par le style de vie, nous courrons naturellement sans arrêt, jusqu'à la tombe.
Une petite histoire :
Dans une ville, l'empereur sortit du palais pour sa promenade du matin. Alors qu'il marchait, il rencontra un mendiant qui lui demanda, 'Que voulez-vous?'
Le mendiant se mit à rire et dit : 'Vous me demandez si vous pouvez satisfaire mon désir !'
Le roi se sentit offensé par cette parole, il dit, 'Qu'est-ce que c'est que cela? Demande-moi ce que tu veux, et je pourrai satisfaire ton désir.'
Le mendiant dit à l'empereur, 'Pensez-y à deux fois avant de promettre quoique ce soit.'
Le mendiant était le maître du roi dans une vie antérieure ! Il lui avait promis qu'il viendrait le rencontrer afin de l'éveiller dans sa vie prochaine. Le roi n'avait pas reconnu le maître dans sa vie passé et ce dernier était revenu afin d'essayer de l'éveiller encore une fois.
Mais le roi l'avait oublié complètement. Personne ne se rappelle ses vies passées.
Alors il insista qu'il lui donnerait tout ce qu'il lui demande.
Le mendiant dit, 'Mon désir est très simple. Vous voyez ce bol. Pouvez-vous le remplir ?'
LE STYLE DE VIE N'EST PAS LA VIE
L'empereur appella un de ses ministres et lui dit, 'Remplis d'argent le bol de cet homme.'
Le ministre partit et récupéra de l'argent et le mit dans le bol, l'argent disparut immédiatement. Une fois de plus, il y déposa de l'argent et encore, l'argent disparut. Peu importait la somme d'argent mise dans le bol, le bol restait
vide.
La nouvelle se répandit dans toute la ville et une foule de gens se rassemblèrent autour du palais. Le prestige de l'empereur était menacé. Il dit à ses ministres, 'Même si tout mon royaume est perdu, je suis prêt. Je ne peux laisser ce mendiant me ridiculiser.'
Des perles, des diamants et des émeraudes furent apportés.
Finalement, le soir, les gens étaient debouts dans le silence le plus total. Le roi tomba aux pieds du mendiant et admit sa défaite. Il dit, 'Vous avez gagné, mais avant de partir, dites-moi de quoi ce bol est fait.'
Le mendiant se rit du l'empereur et dit, 'Ceci n'est pas un mystère. Ce bol est constitué de mental humain. Il n'est rien d'autre que le désir humain!'
Cette compréhension toute simple transforma la vie du roi.
Le mental est un trou noir. Il absorbe sans arrêts et demandent toujours plus. Nous ne nous détendons jamais pour profiter réellement des choses. Vous repoussez à plus tard votre bonheur. A l'université vous dites 'Je m'amuserai après le mariage.' Après le mariage, vous dites 'Après avoir eu des enfants.' Après les enfants vous dites 'Après son éducation ', ensuite vous direz 'Après la retraite, je jouirai de la sécurité sociale.' Mais à ce moment là, vous serez conditionné à courir continuellement. Nous avons créé en nous une configuration mentale qui ne nous permet jamais de nous détendre ni d'apprécier les choses.
Dans bien des cas, j'ai vu des parents bien que leurs enfants et petits enfants soient mariés, ils continuaient à consulter les colonnes matrimoniales. Ils lisent leur journal entièrement du matin au soir. Il se peut que l'éditeur même n'ait pas fait ce travail. Pourquoi? Car ils ne peuvent s'asseoir seuls, ils ne peuvent tolérer leur propre compagnie. Nous pouvons nous asseoir devant le téléviseur, au téléphone, avec un journal, mais jamais seul avec nous-même. La capacité de s'asseoir avec soi-même, l'aptitude d'être avec soi-même en silence et jouir d'un certain confort, est ce que j'appelle la vie. Seule cette aptitude nous donne un aperçu de ce qu'est la vie. Si nous n'avons rien d'autre à faire, nous commençons à penser, à planifier ou à nous faire du souci. Ici aussi ; nous nous faisons du souci quant à notre style de vie. Ici, aussi nous nous faisons du souci concernant notre style de vie. Soit nous collectons des données, soit nous les traitons, ou soit nous les communiquons ! Nous sommes sans cesse en train de courir, sans jamais faire l'expérience de la vie.
Si nous expérimentons la vie pleinement, nous n'aurons jamais peur de la mort car la vie et la mort sont les deux faces de la même pièce. Si nous avons experimenté la vie, nous réaliserons que la mort n'est pas la fin de la vie, mais son apogée- une expérience intense. C'est une énergie de transformation intense. La Bhagavad Gita – le discours que le Seigneur Krishna délivra à Arjuna- annonce que la mort n'est rien d'autre qu'un changement de vêtement, c'est comme changer notre corps pour un autre. Et ce changement de corps conduit à une transformation intérieure.
Le deuxième plan est celui de la peur. Si vous observez votre 'style de vie', vous comprendrez qu'il est en fait fondé sur les peurs.Nous avons toujours peur d'une chose ou d'une autre. Même lorsque vous nous apprécions quelque chose, nous avons peur de perdre cette chose! Si nous avons experimenté la vie du plus profond de notre être, alors, nous saurons que nous n'avons pas besoin d'avoir peur de quoi que ce soit, car nous n'avons rien à perdre. S'il y a quelque chose à perdre mieux vaut le perdre le plus vite possible. Tout ce qui peut être perdu n'a guère de valeur!
Nous avons plusieurs types de peurs : peur de perdre nos possessions matérielles ; peur de perdre notre santé mentale et physique, peur de perdre un être cher, peur de perdre l'amour, et peur de plein de choses inconnues, y compris la peur de ne rien savoir. Toutes ces choses produisent beaucoup d'anxiété et de peur chez nous.
Notre peur ultime est celle de perdre notre identité, notre ego. Dans plusieurs études, il a été établi que ce que les gens craignent le plus est la mort, la deuxième peur la plus commune est la peur de parler en public! Bien que ces deux peurs semblent être différentes, elles sont issues de la même source- l'ego a peur de perdre son identité. Au moment de la mort, nous n'avons pas la moindre idée où nous allons, notre ego est menacé. Au cours des discours publics, l'ego redoute l'échec, il redoute d'être soumis à la honte si la performance n'est pas bonne.
La société et la religion insufflent de plus en plus de peurs dans notre système. La peur du péché, la peur de violer la morale, la peur de l'enfer- est infusée en nous depuis l'enfance par ceux qui souhaitent nous contrôler, et contrôler nos actions. Aucunes de ces peurs n'a de fondement spirituel. La morale devrait être inspirée par la conscience et non pas par les contraintes et les peurs.
On ne peut dépasser ces peurs qu'en leur faisant face courageusement. La peur est comme une ombre, elle nous suit, elle nous traque. Mais une chose est vrai : dès que nous nous retournons pour lui faire face, elle disparaît ! Il nous faut faire face à la peur avec compréhension et conscience. Elle se dissout d'elle-même. Alors, nous déduisons que nous avions peur de quelque chose qui n'est pas réel en soi.
Le troisième niveau, est celui des soucis, ce que j'appelle le bavardage intérieur corrompu. Lorsque notre bavardage intérieur est corrompu et qu'il dérange notre être intérieur, alors les soucis commencent. Tous nos soucis sont liés à notre style de vie. Quand nous sommes centrés sur notre mode de vie, nous nous faisons constamment du souci. La personne qui possède une voiture va s'inquiéter de ne pas avoir les pièces de rechange. La personne qui n'a pas de voiture va s'inquiéter de ne pas en avoir! Ces soucis deviennent des béquilles, des compagnons sans lesquels on ne peut fonctionner.
Ils naissent de l'espace entre nos attentes et la réalité. La réalité se produit comme elle se doit- en accord avecle flot de l'existence. Tout ce qu'il nous faut faire, c'est l'accepter avec révérence. Mais nous commençons à avoir nos atentes quant à comment elle devrait se produire. Voilà où commencent les problèmes. La différence entre la réalité et nos attentes donne naissance à une tension intérieure constante, aux soucis.
Avec la compétition qui s'accroît pour tout- pour l'éducation, pour le travail, pour trouver un partenaire etc- notre niveau de stress et nos soucis s'accroîssent. L'inquiétude est le cachet d'une personne travaillant en entreprise. Si elle se fait du souci au bureau, on considère cela comme le travail, si elle se fait du souci à la maison, on parle de problèmes de famille, si elle se fait du souci à la plage, on parle de vacances. Le corps peut être dans différents endroits, mais le mental est toujours centré sur une chose- l'inquiétude!
Nous croyons tous que nous sommes les seuls à être spéciaux, nous seuls avons des soucis. Ce n'est pas vrai. Nous avons tous les mêmes soucis dans l'ensemble, ils s'expriment juste différemment, c'est tout. Nos soucis sont basés soit sur des incidents du passé qui génèrent des regrets et de la culpabilité, soit sur des spéculations concernant l'avenir qui génèrent des incertitudes. Le passé est entérré, il est histoire ancienne. L'avenir n'est pas du tout sous notre contrôle. Si nous comprenons cela entièrement, nous cessons de nous inquiéter pour tout.
Le plan suivant concerne l'attention que les autres nous portent. Maintenant, nos problèmes deviennent un peu plus subtils, ils ont attraits aux émotions. Tant que vous fondez votre existence sur votre style de vie, vous êtes constamment en train de réclamer l'attention des gens. Avec cette attention des autres, nous nous sentons heureux et notre humeur s'accroit aussi longtemps que les gens nous donnent de l'attention. C'est pour cela que les gens donneraient tout ce qu'ils possèdent pour devenir célèbre. Cette énergie les motive. Ils se sentent plus grand que nature. L'attention est l'énergie. C'est la raison pour laquelle les politiciens se sentent si énergétiques lorsqu'ils sont parmi leurs électeurs.
Vous avez certainement entendu parler de psychologie de groupe. Lorsque vous êtes dans une foule, vous sentez que vous pouvez faire n'importe quoi et vous en tirer sans encombres! Une personne criera ' A bas, à bas!' au principal de son collège car il est fait partie d'un groupe. Mais prise à part, elle tremblera tout simplement de peur. Si vous vous sentez plus énergétique en groupe alors votre style de vie est basé sur l'attention des autres.
Nous pensons généralement que les masses sont dirigées par les dirigeant politiques. Mais en réalité, c'est le contraire! Les leaders font ce que les masses veulent! Ils sont les pires esclaves car leur énergie n'est pas centrée sur eux-même, mais sur l'attention des masses. Quand l'attention des autres est retirée, ils se sentent privés et déprimés. Notre opinion sur nous-même résulte de l'opinion des autres.
Si on nous répète constamment que nous ne sommes 'rien', alors nous commençons à ressentir que nous sommes rien! Nous ne savons pas qui nous sommes et dépendons des autres pour nous créer une identité.
Si vous avez eu une expérience solide de vous-même, alors vous savez qui vous êtes. Mais si vous existez en fonction de votre 'style de vie' seul, alors vous dépendez de l'opinion de autres. Plus vous recevez de certificats, mieux vous vous sentez. D'un autre côté, quand vous êtes centré sur votre vie, vous sentez une satisfaction profonde provenant de ce que vous faites, et non de ce que les autres disent. Lorque vous aurez appris à vous connaître et à accorder de la valeur à l'opinion que vous avez de vous-même, vous vivrez dès lors pour la vie elle-même, non pour 'le style de vie.'
La façon dont nous construisons notre estime de soi décide comment nous allons mener notre vie. Nous faisons beaucoup de choses par pur besoin d'attention des autres, et ne faisons pas certaines choses de peur de perdre leur respect. Tant que nous n'aurons pas développé une bonne estime de soi, nous serons toujours dépendants des autres pour notre bonheur, et nous danserons au rythme de leur musique. Nombreuses sont les choses que nous faisons parce que nous avons besoin de l'approbation des autres et nombreuses sont les choses que nous nous abstenons de faire également car les autres pourraient les désapprouver. Nous devons être politiquement correct pour être approuvés par la société. Au bout du compte, nous ne faisons pas ce que nous espérons faire. Nous faisons ce que les autres attendent de nous et non les choses qui nous passionnent. Nous vivons notre vie dans l'intérêt des autres.
Si nous nous libérons de ce schéma en sortant des sentiers battus et si nous faisons les choses qui nous passionnent, sans se soucier de ce que les autres disent, nous mettrons alors toutes les chances de notre côté pour trouver le bonheur.
Le cinquième plan est celui de la comparaison aux autres. Nous nous comparons jalousement à nos amis, voisins et collègues. Dès que notre voisin achète un nouveau climatiseur, la température dans notre maison monte subitement! Si notre collègue achète le dernier modèle de voiture, notre propre voiture commence à rouler beaucoup plus lentement. Nous avons besoin de changer notre voiture tous les ans, notre maison tous les trois ans, et notre épouse tous les cinq ans. Nos désirs basés sur la jalousie et nourris d'avidité n'ont pas de limite. Ils sont en expansion constante, et nous enfoncent de plus en plus dans le malheur. La jalousie est une perte d'énergie énorme. Elle nous sape. C'est une émotion futile qui n'a aucune fonction productive.
Dans la plupart des cas, aucun de nous, n'est le meilleur ou le pire dans ce qu'il fait. Si nous mettions en file Hindu tous les gens de la planète sur la base de leur qualité, la plupart d'entre nous serait quelque part au milieu! Pourtant, nous luttons tous pour être le numéro un ou le numéro deux dans un domaine ou un autre. Mais au final, nous sommes les premiers à rejoindre le cimetière! Cette course aléatoire commence très tôt au sein de notre système éducatif, quand nous commençons à classer nos enfants sur la base de leurs aptitudes telles que nous les percevons. Une fois que les trois premiers sont désignés, cela signifie-t-il que le reste de la classe est inutile? Non ! A moins que nous arrêtions de classer les gens à partir d'évaluations subjectives dans les domaines qui nous semblent importants, nous ne pourrons jamais prétendre au bonheur communautaire.
Nous devons réaliser que chacun est unique. Se comparer aux autres est inutile. Chaque moment passé à se comparer aux autres est une perte de temps.
Le sixième plan est l'ego, la haute estime- ou la mauvaise estime de soi. S'imaginer être plus important ou moins important que ce que vous êtes en réalité. Encore une fois, cela est basé sur l'opinion que les autres ont de vous.
Hier, des journalistes m'ont demandé comment je pouvais avoir tant de sagesse à un si jeune âge. Je leur dis que la sagesse est indépendante des incidents qui arrivent dans votre vie. Elle est basée sur ce que vous avez appris de ces expériences. Elle ne dépend pas du nombre d'incidents, mais du nombre de choses que nous avons apprises grâce à ces incidents. Si nous sommes conscients et si nos yeux sont bien ouverts, il nous sera alors même pas nécessaire de passer par cette phase d'apprentissage. La vie est trop courte pour commettre plein d'erreurs et en tirer les leçons adéquates. Nous pouvons tout aussi bien apprendre des erreurs et des expériences des autres. Supposez que vous touchiez une cigarette allumée, vous réalisez alors que cela brûle. Puis vous touchez un fourneau et constatez que cela brûle également. Puis vous touchez des charbons ardents et réalisez que cela brûle. Ensuite, vous touchez une allumette et trouvez que cela brûle. A partir du moment où vous aurez touché tous les types de feux et réalisé que tous les feux brûlent, votre corps sera lui même prêt à être brûlé! C'est cela apprendre par l'expérience.
L'autre moyen d'apprendre, c'est de toucher un feu et de réaliser que tous les feux brûlent. C'est cela la sagesse. L'expérience est basée sur le style de vie, tandis que la sagesse est basée sur la vie. Lorsque vous aurez développé une conscience raffinée, une intelligence totale, et la conscience de votre être, chaque incident vous révèlera sa vérité. Vous deviendrez plus conscient de ce qui se passe à l'intérieur et à l'extérieur de votre être. Vous deviendrez plus conscient de ce dont vous avez besoin pour satisfaire à la fois votre vie et votre niveau de vie.
Il y a des gens qui courent et courent pour satisfaire leur ego. Ils s'affairent constamment dans l'objectif de réussir quelque chose, mais une fois qu'ils l'ont obtenue, ils se sentent ridicules parce cela ne leur a offert aucune satisfaction. L'autre jour, un homme me dit qu'il avait déjà tout plannifié lorsqu'il arriva aux Etats-Unis la première fois. Il avait une liste de choses qu'il voulait réussir, et il s'était donné 20 années pour les réaliser. Par la grâce de Dieu, il réussit tout ce qu'il voulait faire en 8 ans seulement. Mais maintenant, en dépit de toutes ses réalisations, il sentait un vide profond en lui. Il avait realisé ce qu'il voulait, mais pas le pourquoi de la chose. Il désirait tout cela pour ressentir la joie et la félicité. Mais il ne les avait pas encore atteintes.
Toutes les joies que ces gens expérimentent sont temporaires. Il s'agit en partie de la joie de l'acquisition. Une fois la chose acquise, on doit entreprendre un autre projet pour garder le flot d'adrénaline, sinon, on tombe en déprime.
Lorsque vous entreprenez et entreprenez et ne trouvez malgré tout aucune joie en cela, vous tombez en dépression, la dépression du succès- un sentiment de vide qui s'élève après avoir atteint la réussite sociale. Elle est comme un sentiment de vide qui s'élève même après avoir réussi tout ce que la société qualifie de 'succès'. A peu près toutes les personnes qui 'réussissent' dans le monde 'civilisé' souffrent de cette dépression du succès. Les gens vivant dans les pays dit 'sous-développés' sont encore en train de lutter pour acquérir le succès matériel et leur malheur se transforme en dépression de l'échec !
D'une certaine façon, la dépression de l'échec est bien meilleure que la dépression du succès. Dans cette dépression de l'échec, il vous reste l'espoir que vous pouvez encore réussir, mais la dépression du succès vous conduit tout droit à la vérité. L'espoir nous protège de la vérité. Mais devoir faire face à la vérité directement peut heurter énormément! Vous n'avez alors plus rien d'autre à réaliser, nulle part ou aller, et un profond désespoir vous envahit. A ce stade là s'ouvrent trois voies pour vous. La première est la voie de la dépendance, des drogues, de l'alcool, ou même de la nourriture. Même l'obésité est le résultat de la dépression du succès. Au moins, avec les drogues et l'alcool, vous réalisez que vous êtes accros. Mais vous ne le réalisez pas quand vous êtes accros à la nourriture! C'est pour cette raison qu'il y a un pourcentage d'obésité élevé dans les pays développés.
Dans ses pays tel que les Etats-Unis, les gens ont accompli tout ce qui est possible d'accomplir par rapport à votre style de vie, mais vous n'avez rien réalisé au niveau de votre vie elle-même! La vie est bradée au profit du niveau de vie. Tout comme Faust qui a vendu son âme pour atteindre la richesse et le confort, vous vendez vos yeux pour acheter une peinture, votre langue pour acheter de la bonne nouriture, vos jambes pour payer le cours de danse! Vous avez atteint un bon style de vie, mais pas la réalité de la vie elle-même. La vie devient une course à l'argent!
Vous courrez continuellement dans le but de soutenir votre ego, mais au final, vous vous sentez ridicule! Vous poursuivez un but, et une fois que vous l'avez atteint, vous réalisez que votre désir pour cet objet a disparu. Si vous désirez ardemment une voiture et restez focalisé sur ce désir, une fois que vous aurez acquis cette voiture, vous réaliserez que cela ne valait pas la peine d'en faire tout un plat! Très fréquemment, vous sentez que vous avez payé bien trop cher le prix d'un désir, trop de temps et trop d'énergie ont été investis. Aussi longtemps que vous courrez derrière un bon niveau de vie, vous serez mis sous pression, sous stress.Vous n'aurez aucune opportunité de vous reposer ; de profiter de la vie, et cela produira un mécontentement profond.
Le septième plan se réfère au mécontentement. Ce mécontentement se produit quand nous ne sommes axés que sur le style de vie. Le Mahabharata- un long poême épique Hindu, relate une très belle histoire concernant un Roi appelé Yayati.
LE STYLE DE VIE N'EST PAS LA VIE
Le roi jouit de tous les plaisirs de la vie pendant cent années. Mais lorsque la mort frappa à sa porte, il ne voulut pas partir. Il fit un pacte avec la mort pour vivre cent années supplémentaire. La mort accepta, sous condition qu'un de ces fils meurt à sa place. L'un des fils accepta, et cent années de plus furent accordées à Yayati.
A la fin de ces cent années, la mort vint encore le chercher. Yayati plaida pour cent années de plus. Son voeu fut encore exaucé car l'un de ses fils accepta de partir à sa place. Cela se reproduit dix fois, il réussit à avoir encore quelques sursis, mais il n'était toujours pas satisfait.
A la fin, Yama- le Dieu de la mort- dit : 'Tu jettes de l'huile sur le feu!' A ce moment, Yayati reçut une expérience de l'illumination ou satori.
Votre train de vie ne peut vous satisfaire pleinement car il requiert de posséder toujours plus. La quantité ou le nombre des années ne pourra jamais vous convenir, seule la qualité de la vie peut vous satisfaire.
Je dis toujours aux gens : n'ajoutez pas plus d'années à votre vie, ajoutez de la vie à vos années!
Nous pouvons ajouter de la vie à vos années de trois façons : vivez dans le moment présent, soyez plus conscient de ce qui se passe dans le monde extérieur et soyez plus profondément conscient des changements qui s'opèrent dans le monde intérieur. Ces trois choses vous donneront un aperçu de la vie, de l'énergie de la vie et une expérience de samadhi.
Lorsque vous êtes centré dans votre conscience, vous êtes centré dans une satisfaction profonde. Au niveau de la sexualité, sur le premier plan, plutôt que de développer des fantasmes, vous aurez une intimité plus profonde avec votre partenaire. Vous acceuillerez la mort de façon à ce qu'elle apporte une transformation profonde en vous. En ce qui concerne les soucis, vous développerez une bonne clareté d'esprit plutôt qu'un bavardage intérieur corrompu. Au lieu de vous faire du souci quant à l'avenir, vous plannifierez votre vie au fur et à mesure et intelligement. Vous serez plus efficace. Au niveau de l'attention, plutôt que d'attirer l'attention et l'énergie des autres à vous, vous commencerez à rayonner la paix et l'énergie vous-même. Plutôt que d'avoir une trop haute ou trop mauvaise estime de Soi, vous saurez qui vous êtes et vous commencerez à vous ouvrir et à vous épanouir à votre façon. Au niveau de l'ego, vous travaillerez en étant complètement conscients de vous-même et des autres, sans tomber dans le piège de l'ego. A un niveau plus élevé, le mécontentement profond fera place à une plénitude profonde.
Nombreux sont les maîtres qui ont quitté leur corps à un très jeune âge- comme Shankara à 32 ans, Vivekananda à 39, Ramakrishna à 50 ans ou Yogananda. Ils étaient intensément satisfaits, parce qu'ils expérimentaient la vie pleinement. Si vous êtes centré sur votre train de vie, vous ajouterez plus de choses et plus d'années à votre vie, mais si vous êtes orienté sur la vie, vous rayonnerez continuellement l'énergie.
La science n'a pas encore prouvé ce fait. Il doit encore être expérimenté, c'est tout. Tout cela est au delà de la logique! Nous ne pouvons pas prouver la présence de Dieu à l'aide de la logique. Si nous essayons de le faire, la logique devient alors plus grande que Dieu! Dieu est grand car il ne peut être prouvé par la logique. De la même manière, la vie est au delà de la logique. Tout cela est très paradoxal. Lorsque nous essayons de voir les choses logiquement, nous ratons la vie! Laissez ces idées pénétrer votre être, laissez cette conscience s'épanouir en vous, puissiez-vous expérimenter la vie dans la félicité éternelle-nithyananda!